Lili à Cuba

Publié le par lili en escales

 

Lili à Cuba

 

 

  Du 21 Février au 02 Mars 2009

 

 

 

Quand on évoque Cuba, on pense à Fidel Castro, aux vieilles voitures américaines, à la salsa, aux cigares, au rhum, aux eaux turquoises.... mais Cuba est bien plus que tout ça.

Cuba est la plus grande des îles des Caraïbes avec ses 1200km de long et ses 210km dans sa partie la plus large (32km au plus étroit). Elle est surnommée le "crocodile" en raison de sa forme allongée.

 carte cuba

 

Elle fut découverte en 1492 par Christophe Colomb lors de son 1er voyage et restera une colonie espagnole jusqu'en 1898. Elle passe ensuite aux mains des américains en devenant un territoire des Etats-Unis d'Amérique jusqu'au 20 mai 1902, date à laquelle elle devient République Néocoloniale. En 1956, Fidel Castro prend la tête de l'armée rebelle et renverse le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959. La révolution vient de triompher.

Fidel Castro restera à la tête du pouvoir jusqu'en 2006 avant de céder sa place à son frère Raul Castro Ruz.

Les Etats-Unis sont, en 1959, la 1ère nation à reconnaitre le nouveau gouvernement de Fidel Castro mais leurs relations se détériorent rapidement avec la vague de nationalisation des terres (expropriation des entreprises étrangères) et son rapprochement diplomatique avec l'URSS. Les Etats-Unis décrètent un embargo sur Cuba à partir de 1960. Il est d'ailleurs toujours en vigueur. 

C'est dans ce contexte tendu que s'organise le débarquement de la Baie des Cochons du 17 avril 1961. Deux jours plus tôt, le 15 avril 1961, les américains bombardent les aéroports et aérodromes de Cuba, détruisant la quasi totalité des avions au sol. Le 17 avril 1961, 1400 exilés cubains, recrutés et entrainés par la CIA, sont débarqués sur les plages de Playa Giron et Playa Larga afin de renverser le gouvernement de Castro. Cette opération sera un échec. Le 19 avril 1961, les combattants anticastristes se rendent à l'armée cubaine.

Un an plus tard suivra la Crise des missiles de Cuba, un des évènements majeurs de la Guerre Froide, qui mènera au retrait de l'URSS du territoire Cubain en échange du retrait des Etats-Unis de Turquie et d'Italie (entre autres concessions).

Cuba est une république socialiste dont le pouvoir appartient au prolétariat. Le parti communiste cubain (PCC) est le seul parti politique légal. C'est grâce au principe idéologique socialiste que de nombreux services sont gratuits comme l'école ou les soins médicaux, et d'autres à tarifs réduits comme l'eau, l'électricité, les loyers, les transports... Néanmoins, la population cubaine reste très pauvre car le système est devenu obsolète et l'embargo asphyxie l'économie locale.

Dès l'arrivée à La Havane, on prend conscience de cet anachronisme.

Petit tour d'horizon du "crocodile"

 

 

1ère étape : La Havane

 

Parce que se rendre à Cuba n'est pas forcément simple , nous sommes passés par une agence de voyage spécialiste de Cuba, pour une grande partie de notre séjour : Havanatour link . Nous avons été enchantés du service fourni par cette agence.

En effet, pour rentrer sur le territoire cubain il faut, en plus de son passeport, posséder une carte de tourisme (25€ par personne, valable 1 mois) et d'une réservation d'hôtel pour les 2 premières nuits. La carte de tourisme ne peut s'obtenir qu'auprès de l'ambassade cubaine à Paris (en personne) ou dans certaines agences agrées. Super simple comme procédure !

Il n'existe pas réellement de navettes ou de taxis faisant la liaison entre l'aéroport et le centre-ville. Attention aussi aux taxis que vous prendrez, certains sont illégaux. Ils sont facilement reconnaissables car ils ne possèdent pas de compteur et sont souvent plus chers que les taxis officiels... Il est donc conseillé de réserver un transfert (environ 8€ par personne) avec l'hôtel ou avec l'agence de voyage, ce que nous avons fait pour nous rendre au Mercure Sevilla link (90€ la nuit pour 2 personnes) dans le centre historique de La Havane.

Cet hôtel des années 30 appartenait, avant la révolution, à la mafia. Il a tout du palace d'antan même s'il a perdu de sa superbe depuis. En fait, toute La Havane donne cette impression, comme si le temps s'était arrêté dans les années 50 voire même bien plus tôt.... un drôle de voyage dans le temps ! 

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(séance photos à la chambre photographique comme dans les années 20)

 

Le plus impressionnant c'est peut-être toutes ces vieilles voitures américaines qui circulent dans les rues de la ville.... Magique !!!

Certaines ont cependant quelques petits ennuis techniques du fait de leur grand âge mais rien d'insurmontable pour les cubains !

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On est comme transporté dans les films policiers de l'époque de la prohibition aux Etats-Unis sauf que nous sommes à Cuba et que de la salsa s'échappe des fenêtres entrebâillées des appartements.

Déambuler dans les rues de la Vieille Havane, c'est comme arpenter un musée de l'architecture coloniale à ciel ouvert. Classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1982, la vieille ville mérite à elle seule 1 journée de visite. Ne manquez surtout pas la Plaza de la Catedral avec ses groupes de musique cubaine et ses bars en terrasse où il est plaisant de s'offrir une petite pause.

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(Plaza de la Catedral)

 

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(fumeur de Havane sur la Plaza de la Catedral)

 

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  (Calle de los Mercaderes)

 

Cuba 041bis-1(Seminario San Carlos y San Ambrosio)


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(la Plaza Vieja)

 

La Plaza Vieja date de 1559 et s'appelait alors Plaza Nueva (allez comprendre! ). C'était un quartier résidentiel occupé principalement par les créoles aisés. 


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  (hôtel Raquel)

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(Ancien Palais Présidentiel ou Musée de la Révolution)

 

Le Musée de la Révolution (4CUC par personne) a pris ses quartiers dans l'ancien Palais Présidentiel depuis 1959. Construit en 1913 et décoré par Tiffany's, il a abrité tous les présidents cubains jusqu'en 1957 dont le dictateur Fulgencio Baptista. Aujourd'hui transformé en musée, il est ouvert tous les jours au public de 10h à 17h (consigne obligatoire mais faites très attention à vos biens car nous avons été délestés de tout notre argent !!! alors  pensez à garder vos espèces et choses de valeur sur vous). A l'intérieur, sont exposés de nombreux objets et documents illustrant l'histoire de la Révolution Cubaine. Vous trouverez aussi le Granma, yacht de 18m de long qui a permis à Fidel Castro, Che Guevara et à 80 soldats de la Révolution de revenir de leur exil au Mexique en 1956 C'est une des pièces les plus emblématiques de la libération de Cuba. Devant l'entrée du musée se trouve le Tank Soviétique SU-100 avec lequel Fidel Castro attaqua le Houston, navire américain transportant les mercenaires pour le débarquement dans la Baie des Cochons en 1961. Il constitue une étape indispensable à la compréhension de ce pays et de son peuple.

 

 

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(le Musée de la Révolution avec le Tank Soviétique SU-100)

 

On ne ressort pas indemne de ce musée (en dehors du vol d'argent )

 

Symbole de la dictature de Gerardo Machado, Le Capitole, inauguré le 20 mai 1929, était à l'origine le siège de la Chambre des Représentants et du Sénat avant de devenir les bureaux du Ministère des Sciences, de la Technologie et de l'Environnement après la Révolution. Il ressemble étrangement à celui de Washington....

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(Le Capitole)

 

La Place de la Révolution Jose Marti se trouve en dehors du centre historique de la ville mais c'est l'occasion d'emprunter un coco taxi pour s'y rendre! Sensations garanties !!! Pour un prix dérisoire, vous pouvez demander au chauffeur de vous faire faire une visite guidée des principaux centres d'intérêts de La Havane, même le Cimetière Cristobal Colon

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(Place de la Révolution Jose Marti : représentation du Che sur la façade du ministère de l'intérieur)

 

La Place de la Révolution est un lieu emblématique pour tous les cubains car ont eu lieu sur son esplanade de nombreux évènements politiques, culturels ou récréatifs. En son centre, trône un gigantesque monument.

A savoir que l'effigie de Camilo Cienfuegos (le 3ème protagoniste de la révolution avec Fidel Castro et Che Guevara) a rejoint celle du Che sur la place Jose Marti à l'occasion des 50 ans de sa disparition le 28 octobre 1959.

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(peinture de propagande représentant Cienfuegos, le Che et Fidel sur un mur de La Havane)

 

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(coco taxi)

 

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(Coco Taxi sous un cocotier du cimetière Cristobal Colon, devant le mausolée des forces révolutionnaires )

 

Le Cimetière Cristobal Colon se situe dans le quartier El Vedado. Il est l'équivalent de notre Père Lachaise à Paris. C'est dans cette nécropole, classée Monument National, que sont enterrés tous les membres de l'aristocratie cubaine. Il est ouvert aux visites gratuitement entre 8h et 17h.

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Le Malecon est un autre lieu emblématique et magique de La Havane. Ce remblais de 7km de long (entre le Castillo San Salvador de La Punta et le Castillo de La Chorrera) qui protège la ville de la mer et  une des plus belles promenades de La Havane. C'est aussi un lieu de rencontres et de fêtes privilégié des Havanais.

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(Le Malecon frappé par les vagues)

 

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(Castillo San Salvador de La Punta)

 

De cette forteresse, construite entre 1589 et 1600, était tendue, chaque soir, une chaîne de 250m de long jusqu'au Castillo del Morro pour fermer l'accès au port la nuit. Futé!

Cuba 813Il y a une halte à ne pas manquer dans la vieille Havane : le musée du rhum Havana Club (ouvert de 9h à 17h tous les jours de la semaine. Comptez 7CUC par personne pour une visite guidée d'une vingtaine de minutes avec dégustations à la clé).

Dans ce palais du XVIIIème siècle, on découvre l'histoire de la célèbre marque cubaine ainsi que le processus de fabrication du rhum. Et que dire du plaisir de s'attabler avec un bon cocktail à base de rhum pour finir la journée?....

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(pose rhum au musée Havana Club)

 

Le dernier soir de notre séjour à La Havane, nous avons découvert un petit restaurant juste en face du Mercure Sevilla (le nom ne veut malheureusement plus me revenir). Il se trouve au premier étage d'un ancien palais de toute beauté. Nous avons dégusté notre langouste sur le balcon aux colonnes de marbre avec vue sur le Prado et notre hôtel. Un excellent moment.

 

2ème étape : Playa Giron

 

Ce matin nous récupérons notre voiture de location (Hyundai Atos pour 50€/jour avec Cubacar) directement au pied de l'hôtel Mercure Sevilla. Un superbe pot de yaourt tout neuf..... 140 000Km au compteur et des pneus pourris.... A Cuba, une voiture neuve est un véritable luxe !

On charge les bagages dans le coffre.... enfin on fait comme on peut pour tout faire rentrer ! Et en route pour les 200km qui nous séparent de notre prochaine étape.

On galère pas mal pour sortir de la ville et trouver la bonne route pour Playa Giron, la A1. Les panneaux de signalisation sont eux aussi une denrée rare.... alors il faut un bon sens de l'orientation et ne pas hésiter à demander son chemin régulièrement. Heureusement que j'ai un super pilote à mes côtés

A Cuba, il y a beaucoup d'auto stoppeurs sur le bas de la route mais même si c'est une coutume locale, nous hésitons encore à les prendre en stop.... On verra plus tard.

La route est sans grand intérêt jusqu'à Playa Larga et ses paysages de bord de mer...  Plus que quelques kilomètres avant d'arriver à l'Hôtel Giron.

Là, c'est le choc ! On a l'impression de rentrer dans une ancienne base militaire soviétique avec des avenues aussi larges que les Champs Elysées à Paris, du béton partout et des bungalows (environ 200) en piteux états !!! Construit dans les années 60, cet hôtel est resté dans son jus.... La tonte de la pelouse est confiée aux chevaux en liberté. Attention donc aux crottins....

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(le parc de bungalows et ses chevaux tondeuses)

 

S'en suit un accueil à la Dirladada, genre les Bronzés, avec bracelet bleu en plastique et tout....

Au secours !!!!! Je suis en train de vivre un cauchemar éveillé, ça doit être ça. Mais le pire je crois nous attend....

La clim fait tellement de bruit dans la chambre qu'il faut choisir entre avoir un peu de frais et dormir, les murs sont fissurés de partout, la porte d'entrée fait mine de s'écrouler, la salle de bain est archaïque....

On se dit qu'un petit tour au bord de l'eau va nous remonter le moral mais là...... SURPRISE !!!! Une gigantesque digue en béton (ils ont dû avoir un prix de gros sur les toupies de béton il y a 50 ans c'est pas possible !) protège la plage et barre le paysage Dans la catégorie j'ai rien compris à l'esthétique, le 1er prix est décerné à Hotel Giron !!!! Clap! Clap! Clap !!!!

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(notre bungalow soviétique et notre pot de yaourt)

 

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(la plage de l'hotel avec la superbe digue en béton)

 

Et le must sera le buffet pour les repas digne de nos bonnes vieilles cantines d'enfants. Si, si, celles qui nous faisaient faire des cauchemars petits !!! Vous vous rappelez?! Cerise sur le gâteau, si je peux me permettre, ce sont les touristes qui viennent se servir au buffet en moule-boules et tatanes! Je crois qu'on vient de toucher le fond là ! Un rhum s'il vous plaît pour oublier !!!! Bon après pour l'équivalent de 20€ par jour et par personne en all inclusive faut pas s'attendre au Ritz Carlton

Allez c'est pas grave, on est là pour la plongée et demain on chausse nos palmes !!! Nous avons réservé avec le club situé dans l'hôtel (plongée pour 35 CUC). Bon contact et matériel en bon état.

Le seul problème c'est que je ne pourrais pas plonger (énorme déception!) car dans l'incapacité de mettre mon pied droit dans quoique ce soit de fermé depuis mon entorse du gros orteil quelques semaines plus tôt.... Pourquoi tant de haine??? Julien plongera donc sans moi.....

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(baie des cochons)

 

Aux dires de mon cher et tendre, la plongée était superbe! Je le crois donc sur parole

Nous profiterons de notre dernière journée à Playa Giron pour nous reposer et nous balader sur la plage. Une fois la digue passée, le paysage redevient sauvage et authentique pour notre plus grand bonheur.

 

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(pêcheur cubain préparant ses poissons)

 

 

3ème étape : Viñales

 

Nous quittons les eaux turquoises de la Baie des Cochons pour rejoindre Viñales et ses reliefs. Au programme presque 400km de route sans compter les détours et autres pérégrinations pour trouver notre chemin... Nous prendrons même un auto stoppeur pour la 1ère fois! Un cubain francophone qui, tout content de pratiquer son français, nous fera la conversation pendant tout le trajet...

Nous aurons aussi le plaisir de doubler un convoi comme on ne peut en voir qu'à Cuba ....

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(missiles cubains sur l'A4)

 

L'arrivée dans la Vallée de Viñales, inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, est superbe ! De la plaine émergent des mogotes de ci de là. Ces buttes montagneuses de calcaire recouvertes de végétation datent de l'époque des dinosaures. Vous trouverez la plus belle des vue sur la vallée depuis l'hôtel Los Jazmines.

Au Mogote Dos Hermanas, vous pourrez admirer une fresque gigantesque représentant la théorie de l'évolution commandée par Fidel Castro en 1961 : le "mur de la préhistoire". Possibilité aussi de visiter la Cueva del Indio, une grotte souterraine à laquelle on accède en bateau.

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(Vallée de Viñales)

 

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(mogotes)

 

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La richesse des terres rouges de la région a permis le développement des cultures de tabac et de canne à sucre. Et c'est d'ailleurs ici que pousse l'un des meilleurs tabacs du monde, celui dont on fait les puros, les havanes. Un tabac cultivé par des guajiros poussant la charrue derrière une paire de boeufs attelés. Ce mode de culture est un choix car les tracteurs sont trop lourds, ils tassent le sol contrairement à ce dont le tabac a besoin. Pour la petite histoire, c'est en décembre 1492 qu'un certain Jerez, membre de l'expédition de Christophe Colomb, remarque un Indien taïno occupé à fumer un bâton de feuilles roulées. Le tabac, plante sacrée, venait de faire son entrée dans le monde occidental. Si 100 millions de havanes sont fumés chaque année dans le monde, les Cubains eux-mêmes en consomment deux fois plus. Le cigare à Cuba c'est presque une religion !

C'est donc le meilleur endroit pour visiter une plantation de tabac et acheter des cigares

Nous en avons choisi une au hasard car ce ne sont pas les rabatteurs qui manquent sur les bords de route. A vous de voir laquelle vous inspire le plus....

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(plants de tabac sous serre)

 

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(tabac en fleur)

 

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(casa de tabac (séchoir) traditionnelle)

 

Le prestigieux Cohiba doit son nom à son lointain ancêtre : la cohiba qui désignait les feuilles de tabac roulées que les Indiens taïnos utilisaient lors de cérémonies et qu'ils fumaient à la fois par le nez et par la bouche.

 

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(séchage des feuilles à l'intérieur d'une casa de tabac)

 

Après la culture, la récolte, le séchage et la fermentation des feuilles de tabac, vient enfin le moment d’assembler le cigare. A Cuba, l’ensemble des feuilles séchées et fermentées sont gérées par l’organisme d’Etat qui gère toute la chaîne de fabrication du cigare. Il s’agit de Cubatabaco qui joue le rôle de régulateur sur toute l’industrie du tabac à Cuba. C’est après la troisième fermentation, qui aura duré une année entière, qu’est effectué le mélange des tabacs, ultime étape avant le roulage du cigare.

Voici les différentes étapes de fabrication d'un cigare :

_ L’écotage : Il s’agit d’enlever la nervure centrale de la feuille de tabac. Le geste est précis puisqu’il consiste à déchirer la feuille de tabac entre le pouce et l’index. Cette étape est réalisée par des femmes principalement : les écoteuses.

_ Le roulage : étape très délicate. En effet, un minimum de 6 années sont nécessaires afin de maîtriser correctement l’art du roulage de cigare et c'est seulement au bout de 10 ans que la dextérité permet de rouler les cigares les plus prestigieux! Chaque matin, le rouleur reçoit son quota de tabac avec les capes et sous-capes correspondantes. Il n’existe pas de gaspillage chez un bon rouleur car il sait utiliser la quasi totalité du tabac mis à sa disposition. Un rouleur confirmé produit environ 63 cigares par jour de formes identiques. Les cigares roulés à la main bénéficient de l’appellation Hecho à mano.


L’art du roulage s’effectue dans une succession de 9 opérations bien précises :

1/ le rouleur s’occupe de préparer la tripe, c’est-à-dire de réaliser un tube de tabac parfaitement cylindrique et d’une densité constante.

2/ la tripe est roulée dans la sous-cape (capote). C'est la demi-feuille qui va enserrer le coeur du cigare. Les grands cigares requièrent deux demi-feuilles.

3/ la cape est étendue sur l’établi en bois pour en couper les bords avec un couteau spécial en forme de demi-lune qui s’appelle la chavette.

4/ on roule la cape autour du tube de tabac préalablement confectionné.

5/ reste à couper la tête du cigare d’une manière nette et précise.

6/ le rouleur doit confectionner la tête du cigare (étape la plus délicate)

7/ lustrage de la cape en frottant la feuille avec la chavette

8/ étirer la tripe en tenant le cigare dans la main gauche tout en tirant la tripe avec trois doigts de la main droite.

9/ le rouleur doit couper le pied du cigare pour lui donner sa taille finale et sa régularité à l'aide d'une guillotine miniature

Après le roulage, les cigares sont mis au repos pendant une période de quatre à huit semaines avant d'être commercialisés.

 

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(différentes sortes de cigares cubains)


Les autorités cubaines ont émis une classification des 34 marques les plus prestigieuses de La Havane :

* Haut de gamme : Cohiba, Trinidad, Vegas Robaina, Montecristo, Cuaba

* Gamme moyenne : Romeo y Julieta (mes préférés ), Partagas, San Cristobal de La Habana, Punch, Hoyo de Monterrey, Bolivar, La Gloria Cubana, H. Upmann

* Qualité courante : Fonseca, La Flor de Cano, Troya, Quintero, Los Statos de Luxe, Caney, Belinda, Cabanas, La Corona, José L. Piedra

Pour qu’un cigare figure dans le catalogue Habanos il faut qu’il soit confectionné à Cuba à partir de feuilles cultivées sur l’île. Gage d'authenticité et de qualité.

Si avec tout ça, vous ne succombez pas aux volutes d'un bon cigare cubain......

 

Niurka y Juan Carlos B&BCe soir, nous dormons chez Niurka et Juan Carlos dans Viñales (35CUC la nuit avec les repas pour 2 personnes). Une petite maison bleue tenue par une famille charmante grâce à laquelle nous aurons pu mieux comprendre Cuba et sa population.

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(Villa Niurka y Juan Carlos à Viñales)

 

Viñales est une petite bourgade tranquille de la région de Piñar del Rio. Fondée en 1607, Viñales, qui veut dire vignes, a su conserver une atmosphère coloniale. Il est très agréable de se promener en fin de journée et d'observer la vie locale.

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(Iglesia del Sagrado Corazon de Jesus, Viñales)

 

Ici aussi les vieilles américaines sont légion et perso j'adore !!!

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Petite anecdote: nous avons dû, en cours de route, trouver un garagiste, agréé par l'agence de location, pour faire changer les pneus de notre pot de yaourt car on voyait la trame.... et le tout en espagnol évidemment....

Un grand moment !!!!

 

 

4ème étape : Maria la Gorda

 

Nous poursuivons notre périple en direction de la pointe sud-ouest de l'île. Un peu moins de 200km à parcourir entrecoupés de panneaux de propagande comme seul Cuba sait faire.

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Aujourd'hui encore, nous prenons un jeune homme en stop, juste à la sortie de Viñales. Ca ne fait pas 5mn qu'on roule que nous sommes arrêtés par des policiers. Contrôle des papiers. On nous pose beaucoup de questions, surtout sur notre autostoppeur que nous ne connaissons pas puisque nous venons de le prendre.... Les policiers sont tendus, ils appellent leur centrale. Après presque 30mn d'attente, le jeune est embarqué et menotté, de ce que j'ai pu comprendre, pour trafic de tongs! On nous questionne encore puis finalement on nous rend nos passeports et on nous laisse partir. Ouf !!! Il ne nous manquait plus que de tomber pour complicité de trafic de tongs..... Les autostoppeurs c'est terminé pour nous !

A l'entrée du parc de Guanahacabibes, nous sommes de nouveau contrôlés par des policiers. Cette fois, ils refusent de nous rendre nos passeports si nous ne payons pas une amende.... Soit disant pour excès de vitesse.... mouais.... avec notre pot de yaourt tout pourri on a du mal à faire des excès.... Si ça c'est pas du back chiche..... surtout qu'on négocie le prix (de 50 à 20CUC)....C'est notre journée on dirait !

Bref, note pour plus tard, ne jamais donner son vrai passeport mais une photocopie en prétextant avoir laissé le vrai dans le coffre de l'hôtel pour éviter ce genre de problème.

 Une fois dans la réserve naturelle, on est immédiatement sous le charme. Le paysage est superbe!!! Des dégradés de bleu, de vert, de turquoise....

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(plage sauvage du parc de Guanahacabibes)

 

Nous longeons le bord de mer jusqu'à Maria La Gorda où se trouve notre hôtel link (100€ en pension complète pour 2 personnes par jour). Ce petit bout du monde est un village de pêcheurs où aurait vécu, selon la légende, une vénézuélienne kidnappée par des pirates, Maria la Gorda. Délaissée par ses ravisseurs, elle se serait mise à manger et à s'empiffrer pour oublier l'écoulement des jours. Elle devint alors énorme, d'où son surnom de "gorda" (la grosse en espagnol).

Si nous sommes venus jusqu'ici c'est parce que cette réserve est mondialement réputée pour ses fonds marins. Et j'espère bien rentrer mon pied dans une palme cette fois !!!!

Mais pour l'heure, nous prenons nos quartiers dans notre bungalow en bois. L'endroit est vraiment magique avec les bungalows disséminés dans la végétation et desservis par un ponton de bois. On se sent une âme de Robinson Crusoé ici !

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  (ponton en bois qui dessert les bungalows de l'hôtel)

 

Que dire des couchers de soleil aussi? Certainement les plus beaux que j'ai jamais vu !!! Surtout avec un verre de mojito et un Romeo y Julieta (pour ceux qui préfèrent la bière, il en existe quelques unes mais ma préférence va à La Bucanero)

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Maria La Gorda est l'endroit idéal pour se reposer et profiter des beautés de la nature. D'ailleurs nous sommes attendus dès le lendemain matin pour notre 1ère plongée avec le club de l'hôtel (3 plongées = 100CUC).

Pour bien commencer la journée, nous allons prendre le petit déjeuner, les pieds dans le sable avec la mer en fond. Superbe! Nous sommes rejoints par quelques chats à l'affut de victuailles. Ils seront nos compagnons pour toute la durée de notre séjour

Les plongées, quant à elles, ont tenu leurs promesses avec de beaux fonds, des coraux, des gorgones et des poissons multicolores. Au programme : "el jardin de las gorgonias" et "Yemaya" .

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(ponton des bateaux de plongée)

 

A Maria La Gorda, comme sur d'autres plages de Cuba, les jejenes (mouches de sable), insectes minuscules mais particulièrement agressifs, surtout en fin de journée, peuvent provoquer des démangeaisons sévères durant plusieurs semaines pour les délicats d'entre nous. Et le problème c'est qu'on ne les sent pas immédiatement... Alors évitez de rester en maillot de bain dès que le soleil décline 

 

 

5ème étape : Las Terrazas

 

Nous repartons en direction de La Havane pour notre 5ème et dernière étape à Las Terrazas, au coeur d'un très beau paysage, en grande partie modelé par l'homme. C'est ici que le Che s'entraîna avant son expédition bolivienne. Déclarées Réserve Mondiale de la Biosphère par l’UNESCO en 1985, Las Terrazas ressemble à un petit village de vacances paisible à quelques détails près..... une magnifique barre d'immeuble en béton façon kolkhoze stalinien et beaucoup de déchets jonchant le sol.... dommage parce que sinon l'endroit est vraiment beau!

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(immeuble de style stalinien revival )

 

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(le lac artificiel)

 

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(bar restaurant sur le lac)

 

Nous avons logé au Moka link (88€ la nuit pour 2 avec petit déjeuner), un joli hôtel sur les hauteurs de Las Terrazas.

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(hôtel Moka)

 

Tout autour de Las Terrazas, vous trouverez de belles randonnées, facilement accessibles. A ne pas rater : les piscines naturelles creusées dans la roche par la rivière San Juan.

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(une des piscines naturelles de la rivière San Juan)

 

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(rivière San Juan et ses reflets)

 

Nous garderons un souvenir mitigé de Las Terrazas (tout comme de Cuba au final) : un endroit magnifique habité de gens adorables mais en décrépitude totale....

 

 

6ème et dernière étape : La Havane

 

Nous revenons sur La Havane au Mercure Sevilla pour notre dernière nuit avant le retour en France. Nous rendons notre magnifique pot de yaourt (sans regret) et nous profitons de nos dernières heures à Cuba en nous baladant dans la ville.

 

 

 

HASTA LA VISTA !

 

 

Informations utiles :

- Passeport en cours de validité

- Carte de tourisme obligatoire

- Une assurance voyage obligatoire (depuis 2010) : il faut donc présenter à son arrivée sur le territoire cubain les documents attestant la souscription à une police d'assurance voyage, couvrant les frais médicaux, "délivrée par un courtier ou un organisme reconnu par les autorités cubaines".

- Prévoir 25CUC par personne en espèces pour pouvoir sortir du territoire.

- Pas de vaccins obligatoire en dehors de ceux en vigueur en France. Pas de traitement contre le palu ou autre.

- Décalage horaire constant de 6h puisque Cuba applique elle aussi heure d'hiver et heure d'été. Quand il est midi à Paris, il est 6h du matin à Cuba.

- L'eau n'est pas potable (en tout cas pour nous pauvres européens au ventre fragile) et, même si elle est courante dans toute l'île, sa distribution reste un problème. Elle peut donc être coupée une partie de la journée pour les particuliers, surtout à La Havane.

- L'électricté est délivrée en 110 volts et les prises sont à fiches plates. Pensez à prendre votre adaptateur de prise!

Prévoyez aussi une lampe torche car l'éclairage public peut être quasi inexistant dans certains endroits....

- La langue est l'espagnol et vous trouverez assez peu de cubains parlant une autre langue que celle-ci.

- La meilleure période pour se rendre à Cuba s'étale de novembre à mai mais les autres mois de l'année ne sont pas pour autant déconseillés.

- Argent : c'est assez compliqué car il existe 2 monnaies : le Peso Cubano (monnaie nationale) et le Peso Cubano Convertible (CUC). Le Peso Cubano ne concerne que les Cubains, qui l'utilisent pour acheter leur nourriture au marché, payer leur logement à l'État... Le reste (restaurant pour touristes, carburant, hôtels...) se paie en Pesos Convertibles, CUC, que l'on soit cubain ou étranger. Le peso convertible ou CUC est indexé sur le dollar US. Pour un touriste, tout est à vendre en CUC (surnom populaire : chavito). C'est donc l'unique monnaie que vous utiliserez. Mais attention au symbole « $ » affiché dans la rue : c'est souvent le même pour les pesos cubanos que pour les pesos convertibles Vous me suivez toujours???

1 € vaut environ 1,23 CUC et 1 CUC se change pour environ 0,80 €

Peso Convertible(1 CUC)


Peso Cubain(1 Peso cubain)


La carte American Express est évidemment à bannir à Cuba! Préférez votre bonne vieille Visa ou Mastercard  

- Le pourboire est de mise, généralement 50cts de CUC ou 1 CUC au maximum mais certains serveurs s'octroie d'office un pourboire en ne rendant pas votre monnaie.... Essayez donc d'avoir l'appoint.

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