Lili en Namibie
Lili en Namibie
Du 27 septembre au 12 Octobre 2014
La Namibie! En voilà une destination exotique.
Beaucoup ne connaissent pas ce pays ou n'en ont même jamais entendu parler. Alors quand j'ai annoncé à nos proches que nous partions en vacances en Namibie, j'ai souvent eu la remarque suivante : "c'est où ça?!".
Et pourtant, inconsciemment, tout le monde connait la Namibie avec ses dunes rouges et ses animaux sauvages car ils sont souvent le sujet des reportages et des magazines.
État d’Afrique australe, situé sur le littoral atlantique, la Namibie a des frontières avec l’Afrique du Sud, le Botswana, le Zimbabwe, la Zambie et l’Angola. D'une superficie d'une fois et demi la France et de seulement 2 millions d'habitants, la Namibie est un des pays les moins peuplé du monde. Autant dire que les amateurs de solitude seront servis!
Colonisée par des régimes autoritaires, de l’impérialisme allemand à l’apartheid sud-africain, la Namibie accède à l’indépendance le 21 mars 1990. Pourtant rien ne semble avoir bien changé depuis ; les héritages coloniaux, l'économie de rente et l'emprise sud-africaine continuent de conditionner l’organisation actuelle du pays. La quasi totalité des terres (90%) et des richesses appartient aux blancs, héritiers des colons allemands et sud-africains. Les populations noires, ou du moins ce qu'il en reste puisque 80% des Hereros et 50% des Namas ont été exterminés par les allemands au début du XXème siècle (le 1er génocide de l'histoire), tentent de s'en sortir entre le Sida, la pauvreté, le chômage et son histoire ségrégationniste.
La Namibie est un pays d'Afrique pas africain (les rues portent des noms allemands ; l'anglais, l'allemand et l'afrikans sont les langues les plus utilisées ; l'architecture des villes est très germanique...).
D'un côté on se sent rassuré par la propreté et l'ordre ambiant, d'un autre, on se sent mal à l'aise face à cette population opprimée, on culpabilise d'être blanc.
C'est là tout le paradoxe et la complexité de ce pays fantastique.
Quoiqu'il en soit la Namibie est un pays fabuleux que nous avons pris énormément de plaisir à parcourir. Chaque kilomètre de piste nous a apporté son lot d'émerveillement. Alors avec plus de 3600km au compteur imaginez un peu nos yeux de gosses pendant ces 2 semaines!
Suivez nous à bord de notre magnifique Dahiatsu 4x4 à travers le plus énigmatique des pays d'Afrique : la Namibie!
Samedi 27 septembre 2014
Après une nuit dans l'avion et un transit par Johannesburg, nous arrivons à Windhoek, capitale de la Namibie, en fin d'après-midi. Les formalités d'entrée sur le territoire sont assez sommaires en dehors des mesures spécifiques prises par rapport au virus Ebola.
Nous récupérons nos valises sans problème et retrouvons le chauffeur de notre agence de location de voiture à la sortie de l'aérogare. Il doit nous conduire au centre-ville, distant de 40km de l'aéroport, pour la prise en compte de notre 4x4.
Sur la route, nous croisons nos 1ers babouins. Je n'ai jamais vraiment aimé ces bestioles mais, depuis mon épisode babouinesque à Bali, j'avoue ne pas du tout les porter dans mon coeur.
Arrivés chez Odyssey Car Hire ( http://www.odysseycarhire.com/ ), nous sommes accueillis par un représentant francophone de l'agence touristique locale (Matiti Safari) qui s'est occupée de l'organisation de notre périple. Une fois tous les bons conseils distillés et les recommandations faites, nous prenons possession de notre Dahiatsu. Direction notre 1ère étape : Londiningi Guest House à Windhoek ( http://www.londiningi.com/ ).
Il est déjà 18h quand nous posons enfin nos valises dans notre chambre pour cette 1ère nuit namibienne. Nous sommes bien fatigués du voyage et savourons le calme de cette pension tenue par une française et un namibien.
Au menu ce soir : une Windhoek Lager (bière locale) et un steak de koudou ! Miam !!!
A titre informatif, le koudou ressemble à du boeuf en peut-être plus tendre.
A 21h, extinction des feux. On a un peu de sommeil en retard.
Dimanche 28 septembre 2014
Après une bonne nuit de 10h et un petit déjeuner copieux, nous sommes prêts à prendre la route et affronter la conduite à gauche. Bon, c'est loin d'être la 1ère fois mais il faut quand même reprendre les réflexes et éviter de mettre les essuie-glaces à chaque fois qu'on veut tourner ;-)
Direction le nord. Nous empruntons la B1, axe principal goudronné de la Namibie. Les paysages sont loin d'être passionnants sur cette portion de route. Et pour rajouter du piment, je me rends compte au bout de 30mn de route que j'ai oublié notre seul adaptateur de prise et mon chargeur de téléphone dans la chambre.... Demi-tour.
Le timing commence à être serré du coup... Nous sommes attendus pour 12h30 à l'Africat Foundation d'Okonjima ( http://www.okonjima.com ) pour notre 1ère rencontre avec les guépards (385$NAD/personne).
Créée en 1993 en collaboration avec les éleveurs de bétail pour accueillir les prédateurs, principalement guépards et léopards, cette fondation a depuis sauvé plus de 1000 félins. Elle leur fournit un environnement de près de 20 000 hectares pour les réhabituer à la chasse et leur donner l'occasion de retourner dans leur milieu naturel à terme. Un peu comme un centre de réinsertion ;-)
Nous arrivons devant le portail monumental de la fondation à 12h30 précises! Bon le problème c'est qu'on a beau sonner rien ne se passe... Nous patientons 15mn jusqu'à ce quelqu'un vienne nous ouvrir. La sonnette était en panne et c'était le réparateur. Nous sommes officiellement en retard mais nous avons une bonne excuse. Il nous reste encore près de 10km à parcourir avant d'arriver à l'accueil du site.
Sur le côté de la piste se succèdent des panneaux de signalisation très inhabituels pour nous, européens.... Génial!
Pas le temps de souffler. A peine garés, déjà dans le 4x4 de la fondation!
Nous passons quelques grilles et nous voilà dans le gigantesque enclos des guépards. Nous guettons chaque touffe d'herbe, chaque zone d'ombre à la recherche de ces gros chats. Et au jeu de "qui voit un guépard en 1er?" c'est Julien qui gagne aujourd'hui!
2 superbes femelles se prélassent à l'ombre d'un acacia, aussitôt rejointes par 1 autre. Nous ne sommes qu'à quelques mètres d'elles. Magique!
Notre présence n'a pas l'air de beaucoup les perturber. A les voir aussi lascives, difficile d'imaginer que c'est l'animal le plus rapide sur terre. Il peut courir à presque 110km/h en pointe!!! Encore mieux qu'Usain Bolt ;-)
Le guépard est facilement identifiable grâce à ses 2 traits noirs sous les yeux, 2 larmes qui auraient pour but de minimiser les reflets du soleil et amélioreraient donc sa vision.
Après quelques minutes d'observation, nous les laissons tranquilles et quittons l'enclos. Les pistes que nous empruntons sont superbes. Ca et là des termitières géantes. Leur couleur varie en fonction de celle du sol. Durant notre périple en Namibie, nous en avons croisé des blanches, des noires, des rouges, des ocres.... Ces termitières poussent généralement sous un arbre et proche d'une source d'eau afin de trouver la nourriture dont les termites ont besoin. Elles ont aussi une incroyable capacité... prendre la forme d'animaux sauvages! Eh oui! On ne compte même plus le nombre de fois que nous avons cru apercevoir un lion, un éléphant, un rhinocéros... alors que ce n'était qu'une termitière! ;-)
Elles peuvent aussi servir de parasol pour les chacals fatigués ;-)
Trêve de plaisanterie. Okonjima n'est pas seulement un havre de paix pour les guépards. On y trouve aussi une foule d'autres espèces comme les oryx. Cet animal, emblème de la Namibie, est pour moi le plus élégant de la savane avec ses lignes noires et blanches sur le corps et ses cornes élancées. Il est aussi incroyable côté adaptation à son environnement. L'oryx est capable de se passer d'eau pendant des mois et, au lieu de gaspiller l’eau de son corps en transpiration et halètements, il laisse sa température corporelle monter de quelques degrés au-dessus de la normale quand il fait très chaud et rejette ensuite la chaleur accumulée pendant la nuit. Autre astuce : plutôt que de s’exposer en pleine chaleur, il s’allonge à l’ombre d’un arbre, ou, lorsqu’il ne trouve pas d’ombre, se place de façon à présenter le moins possible son corps au soleil. En plus de tout ça, c'est de loin le meilleur en steak ;-) Bref, l'oryx je suis fan !
Par contre, j'ai eu toutes les difficultés du monde à distinguer les mâles des femelles car les 2 possèdent des cornes. Celles des mâles sont plus écartées et plus incurvées que celles des femelles. Mouais.... pas simple.
Voilà aussi nos 1ers phacochères que nous préférons appeler "phacomochères" ;-) Soyons honnêtes, c'est moche un phacochère! Donc phacomochère! Mais cet animal m'éclate, il a un capital sympathie énorme. Le plus drôle c'est quand il courre car, en cas de danger, le phacochère à la particularité de courir avec la queue dressée afin de prévenir ses congénères. On dirait alors un gros cochon télécommandé! Assez cocasse. Autre instant de rigolade : le voir brouter à genoux ce qui lui vaut le surnom de ''tondeuse de la savane''...
Après 1h30 de balade sur les terres d'Okonjima, nous revenons à l'accueil du lodge (il est possible de dormir ici et je pense que ce ne doit pas être mal du tout...). Nous sommes ravis de notre mini-safari. Nous avons pu observer de près des guépards mais pas seulement, oryx, chacals, phacomochères, lézards et autres espèces d'oiseaux comme le tisserin ont ponctué notre parcours. Notre 1ère rencontre avec la faune sauvage de Namibie est à la hauteur de nos espérances.
A 15h, nous reprenons la B1 pour quelques kilomètres avant la bifurcation sur la C22, une des multiples "gravel road" qui desservent la Namibie. La quasi totalité du réseau routier est d'ailleurs composé de ces fameuses pistes de gravier. Elles sont en général très bien entretenues et il n'est pas rare de croiser une niveleuse en action.
A l'horizon, le Plateau du Waterberg commence à se détacher. Nous approchons de notre destination.
Ce plateau de grès qui s'élève à 150m au dessus de la savane fait partie du parc national de Waterberg. Créé en 1972 et d'une superficie de plus de 400km², le parc est un véritable havre de paix pour de nombreuses espèces en voie d'extinction comme le rhinocéros blanc, le vautour du Cap, le léopard...
Une fois nos affaires posées dans le chalet, nous partons pour une petite randonnée d'une heure et demie afin de monter sur le plateau et admirer le coucher du soleil.
L'ascension est assez raide mais l'effort en vaut vraiment la peine. Une fois la forêt dépassée, on se retrouve à l'à pic des falaises de grès. C'est très impressionnant et de toute beauté avec ces touches de couleurs.
Nous faisons connaissance avec notre 1er Dik-Dik. En fait notre 1er couple car ils sont monogames et vivent avec le même compagnon toute leur vie. Comme c'est romantique! Cette antilope naine assez craintive est un animal semi nocturne. Il n'est donc pas aisé de les observer mais avec un peu de patience on arrive à tout ;-)
En approchant des falaises et des amas rocheux, nous nous sentons observés comme si des centaines d'yeux étaient rivés sur nous.... Quelques bruissements de feuilles tout autour de nous déchirent le silence lorsque nous faisons un pas. Mais quel est donc cet animal qui nous surveille et que l'on ne voit pas? Des babouins? Et non! Des damans des rochers ou dassies!
Nous avions déjà croisé cette sorte de marmotte (même si ce n'en est pas une) dans la région du Cap en Afrique du Sud. Et j'avoue avoir un petit penchant pour cette grosse peluche ;-)
Nous continuons donc notre randonnée sous étroite surveillance, nous sommes en territoire dassie!
Arrivés au sommet, nous changeons de vigile et passons sous régime babouins. Tous mes sens sont en alerte et je sens bien que nous ne sommes pas les bienvenus malgré l'apparente décontraction de l'un d'entre eux....
Nous immortalisons le panorama éclairé par les dernières lueurs du soleil et nous empressons de redescendre avant que la nuit nous gagne. Nous recroisons une dernière fois nos amis les babouins puis les damans et pour finir les dik-dik.
Quand nous regagnons notre chalet, la lune est levée. Il est temps d'aller manger.
Nous mangeons au restaurant du Waterberg Restcamp, en terrasse. Ce soir, ça sera steak de springbok pour moi et crocodile pour Julien, le tout arrosé de Tafel et Windhoek Draught. Trop bon!
Lundi 29 septembre 2014
Avant de quitter le Plateau du Waterberg, nous décidons de remonter aux pieds des falaises et de profiter de l'éclairage matinal. Contrairement à la veille, la faune se fait beaucoup plus discrète.
A 10h, nous sommes fin prêts à partir. Direction Etosha. Nous avons le choix entre 2 itinéraires : le 1er via la B1, l'autre contourne le plateau via des pistes. Devinez lequel on a choisi.... Le second évidemment! On ne se refait pas ;-)
Et nous n'allons pas regretter notre choix car les paysages sont superbes avec cette route en terre rouge au milieu.
Nous traversons de nombreuses fermes qui m'obligent à descendre de voiture régulièrement pour ouvrir et fermer les grilles jalonnant notre parcours. Nous serons rejoints par une autre voiture de touristes un peu plus tard ce qui nous permettra de nous faire des politesses et de ne faire qu'une grille sur 2.
Après plusieurs heures de pistes, nous arrivons à Hoba près de Grootfontein. C'est ici que se trouve la plus grosse météorite et le plus gros bloc de fer naturel connu sur Terre (60 tonnes). Sa chute est estimée à 80 000 ans. La visite du site (50$NAD par personne) ne dure que quelques minutes car il n'y a rien à voir en dehors de ce gros caillou. On va dire que si vous passez par là comme nous ça serait dommage de ne pas faire un stop mais il n'est pas nécessaire de faire un détour spécialement pour ça.
Nous profitons de notre passage par Tsumeb pour nous ravitailler en essence, en eau, en victuailles pour nos picnics et en cash pour nos prochains jours dans le parc d'Etosha.
Tsumeb est une jolie petite bourgade bien entretenue, mais surtout elle possède des dizaines de jacarandas en fleurs. Et j'adore cet arbre bleu-violet! Je veux le même à ma maison ;-)
A 24km au nord de Tsumeb nous trouvons le lac d'Otjikoto (50$NAD par personne). C'est dans les eaux profondes de ce lac (55m au maximum) que les troupes allemandes en débâcle ont jeté toutes leurs armes et munitions à l'approche des troupes sud-africaines en 1915.
On a trouvé qu'il y avait une forte ressemblance avec les cénotes du Mexique...
Quelques kilomètres plus loin se trouve le 2ème lac, le Lac Guinas. Ce gigantesque trou d'eau d'une profondeur d'environ 130m est encore plus beau et plus grand que le 1er.
Nous n'avons pas tenté la baignade car nous n'avions pas nos maillots pour nous joindre aux propriétaires des lieux qui en profitaient en famille. Attention néanmoins à ne pas vous baigner sans leur bénédiction car le lac sert de puit aux plantations alentours et de puissantes pompes y sont immergées.
A l'approche du parc d'Etosha, l'excitation augmente dans la voiture. Tellement hâte d'y être!
Nous passons les portes du parc à 18h, peu de temps avant le coucher du soleil et donc sa fermeture (entrée 80$NAD par personne + 10$NAD la voiture / jour).
Petite présentation : le parc national d'Etosha est une grande réserve naturelle qui abrite plus de 114 espèces de mammifères et 340 espèces d'oiseaux. Déclaré réserve animalière en 1907, le parc s'étendait alors sur plus de 90.000km². Dramatiquement réduit par le gouvernement sud-africain dans le cadre du plan Odendaal, Etosha reste encore l'une des plus grandes réserves animalières du monde, avec une superficie de plus de 20.000km². En dialecte nama, Etosha signifie "le grand vide". En effet, le pan, une immense étendue blanche de 6.000 km², en recouvre une bonne partie. Il s'agit d'un lac salé asséché il y a plusieurs millions d'années.
Nous arriverons au Namutoni Restcamp ( http://www.nwr.com.na/namutoni_camp.html ) quelques minutes plus tard après avoir croisé girafes, éléphants, springboks et zèbres. Incroyable!
Cette mise en bouche animalière nous a décidé à réserver un morning drive (450$NAD par personne) pour le lendemain. RDV est donc pris avec notre guide pour 6h du mat'.
Nous récupérons les clés de notre somptueux chalet et posons nos valises pour aller visiter le camp de Namutoni avant le coucher du soleil.
À l'origine, Namutoni était un fort allemand qui servait de poste de police à l'armée coloniale du Sud-Ouest africain allemand. Détruit en 1904, il est reconstruit l'année suivante puis reconverti en camp de prisonniers anglais durant la Première Guerre mondiale. Restauré en 1957, le fort est converti en lodge pour les touristes venant visiter le parc d'Etosha pour notre plus grand plaisir.
C'est assez anachronique de voir une forteresse blanche en pleine savane mais ça a le mérite d'être visible de loin ;-)
Nous clôturons cette journée avec un coucher de soleil de toute beauté, digne des couchers de soleil que l'on imagine sur la savane.
Bienvenue à Etosha !
Bon c'est pas tout ça mais les émotions ça creuse ;-) Direction la salle de restaurant pour un buffet bien copieux.
Sur le chemin qui nous mène à notre chalet, nous sommes surpris par la puissance de la lune. Elle est toute fine et pourtant elle éclaire tellement qu'elle fait des ombres comme l'aurait fait le soleil. Même pas besoin de lampe torche.
Ca doit être quelque chose les soirs de pleine lune....
A 21h, nous dormons.
Mardi 30 septembre 2014
Réveil plus que matinal ce matin mais j'ai l'habitude, ça ne me change pas beaucoup du travail ;-)
A 6h, nous sommes au point de RDV, équipés comme en plein hiver (anorak, gants, polaire...) car ça caille drôlement quand le soleil n'est pas encore levé. On passe chaque jour de 38° à midi à 2° à minuit. Mieux vaut donc prévoir les habits en conséquence dans sa valise.
John, sera notre guide pour ce morning drive autour du camp de Namutoni. Nous partageons le 4x4 avec un couple de sud-africains bien sympa. Soyons honnêtes, nous nous sommes tous levés très tôt pour avoir peut-être la chance d'entrevoir des lions ou des guépards ou un léopard. Nous voulons voir du gros, du lourd, du ve ! Pour les non-initiés, le Big Five regroupe les 5 mammifères d'Afrique les plus craints et les plus respectés des chasseurs de fauves d'autrefois, à savoir : le lion, le léopard, l'éléphant, le rhinocéros et le buffle.
En route donc pour 3h à travers la brousse à la recherche de la faune sauvage et pourquoi pas de notre Big Five photographique ;-).
Les premières minutes se font au projecteur de lumière rouge afin de voir les animaux sans les déranger. Puis à 6h30, les premières lueurs du soleil prennent le relais réchauffant petit à petit l'atmosphère. Doucement la savane s'éveille. Encore une petite demi-heure de tranquillité en tête à tête avec la nature avant l'ouverture du parc aux visiteurs et l'arrivée de dizaines de voitures.
Nos voeux vont être exaucés avec un magnifique rhinocéros blanc en train de s'abreuver au point d'eau Groot Okevi. L'eau, tel un miroir nous offre la vision de 2 rhinocéros.
Nous apprécions d'autant plus cette rencontre que toutes les espèces de rhinocéros sont menacées de disparition. Disparition accélérée par le braconnage de leurs cornes pour leurs supposés effets thérapeutiques et aphrodisiaques dans certaines cultures d'Asie. Sans compter que la reproduction chez les rhinocéros n'est pas affaire facile car Mme Rhino a besoin d'être courtisée ardemment et peut ne donner naissance qu'à un petit tous les 4 ans...
Il faut savoir que malgré son poids (près de 3 tonnes), un rhinocéros est capable de courir jusqu'à 50km/h !!! Nous en aurons un aperçu 2 jours plus tard. Assez impressionnant!
Au détour d'une piste nous croisons un couple de chacals. Il existe 3 espèces de chacal mais en Namibie seul le chacal à chabraque est présent. Il est facilement identifiable grâce au manteau noir qu'il porte sur le dos comme la chabraque (d'où le nom) que mettaient les cavaliers à leurs montures. J'aime bien cet animal même si on utilise son nom de manière péjorative dans notre langage imagé. Il est fidèle à sa compagne toute sa vie et très attentif aux soins de ses petits. Fait assez incroyable, il n'est pas rare que des chacals jouent les grands-parents en aidant à l'éducation des enfants de leurs propres enfants. Et puis un animal capable de piquer la pitance des lions grâce à sa ténacité moi je dis que ça mérite le respect ;-)
Par contre, nombreux sont les chacals porteurs de la rage. Il existe néanmoins une petite astuce pour les reconnaitre : un animal sauvage enragé a un comportement familier et un animal familier enragé a un comportement sauvage. Vous m'avez suivi? ;-)
Le clou de ce morning drive sera sans conteste un guépard en pleine chasse. Nous étions en pleine observation d'un immense troupeau de springboks et de quelques girafes quand tout ce beau monde s'est mis à fuir. Nous avons cherché d'où pouvait venir la source de cette agitation. Bon je vous donne l'astuce mais chut ! Il suffit d'observer les girafes, elles sont capables de repérer une potentielle menace de loin et ne la lâchent pas des yeux. Reste plus qu'à suivre le regard de ces dames ;-) C'est exactement ce que nous avons fait et c'est un guépard que nous avons trouvé caché dans les herbes hautes. Malheureusement pour lui ce matin, c'est bredouille qu'il finira. Mais nous on a adoré la scène !!!
Des dires de nos compatriotes sud-africains et de notre guide, nous avons eu énormément de chance de voir un guépard, qui plus est en pleine session de chasse. Ils n'en revenaient pas.
Après toutes ces rencontres incroyables, il est grand temps d'aller prendre notre petit déjeuner. Il est 9h30.
A 10h, nous reprenons la piste au volant de notre Dahiatsu repus et plein d'enthousiasme. Vu comment a commencé la journée, elle ne peut que bien se passer.
Sur notre wishlist du jour : des éléphants, des lions et un léopard. On peut rêver ça ne coûte rien ;-)
Nous mettons cap au Nord en direction du point d'eau Andoni. Au programme de ce début de journée : la Fischer's Pan road et tous les points d'eau sur notre chemin (Klein Okevi, Groot Okevi, Tsumcor, Stinkwater et Andoni)
Notre première rencontre n'aura rien à voir avec notre wishlist mais nous émerveillera tout de même. Un couple d'autruches avec sa quinzaine de petits à l'ombre de maman. Excellent!
Petit rappel pour ceux qui ne seraient pas des pros de l'autruche : c'est un oiseau, le plus grand et le plus gros sur Terre, mais celui-là ne vole pas, il coure, et vite, près de 70km/h. Le mâle et la femelle sont facilement différenciables : le 1er est noir avec le bout des ailes blanches tandis que la seconde est grise ou brune. C'est d'ailleurs pour cela que le mâle couve pendant la nuit (il restitue la chaleur emmagasinée le jour) et la femelle le jour (pour réguler la chaleur du soleil). Futé! Naissent ensuite une quinzaine de petits.
A savoir que le steak d'autruche c'est bon aussi! ;-)
Tiens, pendant qu'on parle de steak, qui c'est qu'on croise régulièrement à l'ombre d'un arbre ou en train de manger? Notre ami le koudou !
Cet animal, nous l'avons d'abord eu dans notre assiette avant de le voir dans son milieu naturel. Mais j'avoue le préférer dans la savane même s'il est délicieux! ;-)
Le mâle, , est superbe.
Le koudou est aussi un des mets préférés des lions, guépards, léopards, hyènes.... Bref pour lui, la vie n'est pas facile.
S'il est un animal facilement repérable en safari c'est la girafe ! Dominant la savane avec ses 5m50 de haut, elle a été élue sentinelle de la brousse ;-)
Son péché mignon c'est les jeunes feuilles d'acacias qui poussent entre 5m et 6m. Ca tombe bien puisqu'elle est la seule à pouvoir les atteindre, la petite veinarde ;-)
Mais avec un cou de plus de 2m de long, il a bien fallu que le corps de la girafe s'adapte. Et oui! Parce qu'être grande n'a pas que des avantages! C'est pourquoi lorsqu'elle baisse la tête au sol, des valves cardiaques empêchent le sang de retomber vers ce dernier. Boire devient alors un exercice de style!
La course est, elle aussi, assez loufoque. Néanmoins la girafe
Comme beaucoup d'herbivores de la savane africaine, la girafe est sociable. Il n'est pas rare de la voir au milieu des zèbres, autruches, antilopes et autres.
La girafe adulte ne connait pas beaucoup de prédateur à part peut-être le lion, et encore... Seuls les girafons sont vulnérables (commencer sa vie en faisant une chute de 2m, a vous met tout de suite dans l'ambiance!). Même les mâles qui se battent à coups de tête pour courtiser une femelle, n'en viennent jamais jusqu'à la mort. C'est donc un animal très pacifique.
Et puis dans notre inconscient collectif, la girafe c'est Sophie ! :-) Et moi je suis fan!
Outre le fait que les mâles possèdent un pénis, il existe un autre détail permettant de les différencier des femelles : les cornes des mâles sont dépourvues de poils à leurs extrémités. Vous entendrez souvent les guides vous dire que la couleur plus ou moins foncée de la girafe est un signe distinctif entre mâles et femelles, or, des recherches ont été faites sur le sujet, et il s'avère que la pigmentation est indépendante du sexe, de l'âge ou de la région. En gros c'est comme chez les humains.
A vous de jouer maintenant! ;-)
A Etosha, certains animaux sont plus visibles que d'autres et le zèbre est l'un d'entre eux, plus précisément le zèbre de Burchell. On en croise à tous les points d'eau, sur les pistes, derrière chaque touffe d'herbes... Bref, ce zèbre n'est pas une espèce en voie de disparition ici, au contraire!
C'est au point d'eau d'Andoni que nous verrons la plus forte concentration de zèbres de Burchell. Des dizaines et des dizaines de zèbres! Impressionnant!!!
Le plus surprenant c'est l'effet stroboscope que produisent les rayures de tous ces zèbres agglutinés. C'est très efficace pour leurrer les prédateurs mais c'est aussi extrêmement photogénique ;-) Petite séance photo de ces chevaux à rayures.
Ah! Et pour la petite anecdote culinaire, ici le zèbre se mange en salami. Nous avons donc pique-niqué au zèbre certains midis ;-)
Il est temps de laisser nos nouveaux amis pour redescendre en direction de Namutoni.
Maintenant que nous avons fait nos premiers kilomètres dans Etosha nous comprenons mieux pourquoi il est vivement conseillé d'être vigilant dans le parc et rouler à faible vitesse : les animaux traversent régulièrement la piste. Et se prendre une girafe ou un koudou sur le capot ça doit pas faire du bien....
En parlant de vigilance, il est d'ailleurs formellement interdit de descendre de voiture car lorsque vous voyez un animal, ils sont une vingtaine, eux, à vous observer cachés dans la végétation. Alors vous me direz mais comment fait-on quand on a envie de faire pipi? C'est la grande question et je ne vous cache pas qu'elle m'a inquiété ayant une fâcheuse tendance à avoir envie toutes les 2h. Il y a alors 2 possibilités : patienter jusqu'aux rares toilettes sèches aménagées dans le parc ou trouver un endroit bien dégagé pour une meilleure visibilité et faire pipi depuis sa portière. La 1ere fois je me suis retenue jusqu'à ces fameuses toilettes protégées par une clôture mais, arrivée sur place, la clôture était par terre et les toilettes pas très ragoutantes... J'ai donc décidé d'opter pour le plan B les fois suivantes ;-)
Et puis si vous crevez un pneu en plein parc, il faut bien sortir le changer.... Alors...
Cette petite parenthèse intendance refermée, revenons à nos animaux sauvages.
Et oui c'est pas tout ça mais nous sommes toujours à la recherche de lions, léopards et éléphants pour notre Big Five.
Nous dépassons Namutoni en direction de Halali avec pour objectif de faire tous les points d'eau sur notre route. Nous n'allons d'ailleurs pas avoir à attendre longtemps avant de croiser nos 2 premiers éléphants.
On est euphorique !
Après plusieurs minutes d'observation, nous laissons à regret notre éléphant et poursuivons notre route jusqu'au point d'eau de Kalkheuwel. Et là, surprise : au loin, une petite colonne d'éléphants!
Wahoooouuuuuuuu !!!
C'est notre journée éléphants on dirait ;-) Nous qui espérions en voir 1, nous voilà servi ! Déjà une dizaine à notre compteur!!!
Nous croiserons encore quelques pachydermes au point d'eau Batia mais notre plus incroyable rencontre aura lieu sur la route en direction d'Okerfontein. C'est là, au détour d'un virage que nous allons tomber nez à trompe avec un mâle qui mange paisiblement sur le bas côté de la piste. Nous hésitons un grand moment avant d'oser le dépasser car nous savons qu'il est recommandé de laisser une centaine de mètres entre un éléphant et nous, et là, seuls quelques petits mètres nous séparent. Quand on sait qu'un éléphant peut peser jusqu'à 7 tonnes et vous envoyer sur la lune d'un coup de défense ça fait réfléchir tout de même....
Il n'a pas l'air de vouloir bouger alors banzaiiiiiii!!!! Quand nous passons, il laisse son feuillage quelques secondes pour mieux nous observer. On a le palpitant à 200! J'arrive quand même à lui tirer le portrait au passage. On ne se refait pas ;-)
Forts de cette expérience et très certainement un peu fous, nous décidons de faire demi-tour plus loin pour revenir le voir. Nous le retrouvons toujours au même endroit. Nouvelle photo au passage puis de nouveau demi-tour pour repartir dans la bonne direction. Mais cette fois, les paramètres ont changé, l'éléphant est en plein milieu de la piste. Il avance tranquillement d'arbre en arbre, chinant sa nourriture. Nous le suivons à distance dans l'espoir qu'il quitte la piste. Mais au bout d'une demi-heure, notre ami Rocco (surnom tout trouvé à la vue de son immense engin! lol) n'avait toujours pas l'air d'avoir envie de gagner la savane. Le soleil commençant à décliner et stressés par l'heure de fermeture des grilles de Namutoni, nous n'avions plus le choix : il fallait passer!
Sauf que cette fois nous devions lui frôler le derrière.... Trouillomètre à zéro !
Nous sommes finalement passés sans encombre et Rocco n'a pas eu l'air bien perturbé par notre petit manège. Tant mieux!
Nous n'avons plus de temps à perdre, il faut rentrer au camp.
Aux dernières lueurs du soleil, nous fêtons notre 16ème éléphant du jour! Nous sommes comblés!
Petite astuce pour distinguer un éléphant mâle d'une femelle : les mâles ont le dos bombé alors que les femelles ont le dos plat ;-)
En approchant de Namutoni, une toute petite antilope nous attire l'oeil. Elle ressemble étrangement au Dik-Dik mais, après quelques recherches dans notre abcdaire animalier, nous découvrons qu'il s'agit d'un steenbok. Cette antilope naine est très farouche et ne se manifeste qu'au lever et coucher de soleil. Ca sera d'ailleurs le seul spécimen que nous verrons de notre séjour. Dommage car il est très beau.
D'ailleurs, je profite du fait que l'on parle des antilopes pour lever une fausse idée. En effet, les antilopes n'appartiennent pas à la famille des cervidés mais à celle des bovidés, ce qui veut dire qu'elles ont des cornes à vie et non des bois qui tombent chaque année. Ca vous en bouche un coin?!
En plaisantant, je dis à Julien que maintenant j'aimerais bien voir un prédateur genre un lion, un léopard ou une hyène pour finir la journée. Comme si on pouvait commander les animaux qui défilent.... L'espoir fait vivre.
A croire que le dieu de la savane m'a entendu car soudain, au loin dans les herbes hautes, je vois bouger quelque chose, une ombre furtive. On s'arrête et je scrute la savane avec mes jumelles à la recherche de cet animal mystère. Une hyène tachetée !!! Je n'en reviens pas!
La hyène ne jouit pas d'une bonne réputation car souvent associée aux méchants dans les dessins animés de notre enfance. Et c'est vrai qu'elle n'est pas très belle ni sympathique mais c'est un animal surprenant et au final fascinant.
Particularité exceptionnelle, les organes génitaux des femelles sont très développés, au point de les faire parfois ressembler à ceux des mâles. Elles sont aussi plus grandes, plus lourdes et plus agressives forment une société matriarcale. Bref, chez les hyènes c'est la femelle qui porte la culotte! ;-) C'est qui le chef?!
Nous arrivons devant le camp à 18h45, soit 5mn avant la fermeture des portes. Sur le gong! Pour clôturer cette journée incroyable, des springboks règlent leur compte à coups de cornes.
Même si le springbok est un animal un peu craintif, vous n'aurez aucun problème pour en voir. C'est l'antilope la plus abondante en Afrique!
Son nom afrikaans signifie "antilope à ressort" et en la voyant fuir on comprend tout de suite pourquoi. En effet, le springbok est capable de prouesses sportives hallucinantes avec des sauts de presque 4m de haut et jusqu'à 15m de long, des courses jusqu'à 80-90 km/h en moyenne et pouvant atteindre les 115 km/h en pointe. A lui tout seul, le springbok est meilleur que tous les champions olympiques d'athlétismes réunis !
Voilà pourquoi son principal prédateur est le guépard car il est le seul à pouvoir rivaliser en vitesse.... et l'humain car le springbok est délicieux en steak ;-)
Timing parfait : nous aurons juste le temps de garer la voiture et d'aller admirer le coucher du soleil sur le point d'eau de Namutoni. Cerise sur le gâteau, un rhinocéros est au rendez-vous! Quelle journée !!!
Nous avons longuement hésité sur le fait de faire le night drive ou pas ce soir car, il faut l'avouer, le safari devient vite une drogue. On veut en voir toujours plus. Mais une fois le repas avalé, la fatigue nous est tombé dessus sans crier gare. A 21h, tout le monde dormait! Heureusement que nous avons été raisonnables et que nous n'avons pas succombé à la tentation du night drive ;-)
Mercredi 1er Octobre 2014
Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes sur le pied de guerre à 7h. Les valises sont prêtes et chargées dans la voiture. Le temps d'avaler notre petit-déjeuner et de faire le plein de glace à la superette du camp, nous revoilà partis pour notre 2ème jour de safari. Pour la 1ère fois, nous apercevons des mangoustes rayées. Elles sortent de leur terrier pour venir grappiller quelques restes de petit-déjeuner. Elles sont plus d'une trentaine à parcourir la terrasse du camp à toute vitesse. Encore un animal de plus à ajouter à notre bestiaire de vacances ;-)
Nous attendons beaucoup de cette journée. Nous allons traverser le parc d'Est en Ouest pour rejoindre notre prochaine étape : Okaukuejo et espérons voir beaucoup d'animaux et surtout des lions!
Comme la veille, nous décidons de nous arrêter à tous les points d'eau mentionnés sur notre carte.
A Okerfontein, nous retrouvons notre ami Rocco en train de faire un bain de pieds. Il n'a pas fait beaucoup de chemin depuis la veille. Cette fois nous pouvons nous tenir à distance pour l'observer ;-) Nous profitons de ce nouveau tête à tête.
Malheureusement, d'autres touristes accompagnés par un guide ne vont pas respecter la distance réglementaire et entrer dans le périmètre d'alerte de l'éléphant, le faisant fuir. Bizarrement tout de suite on devient vulgaire et on a des envies de meurtre.... peut-être mon côté lionne qui se réveille ;-)
En repartant nous croisons quelques impalas à face noire. Cette antilope est une espèce endémique de la Namibie qui est sur la liste rouge des espèces menacées d'extinction (sa population est de seulement 2 200 animaux). Elle arrive seconde sur le podium des JO d'athlétisme après le springbok ;-)
Seuls les mâles possèdent des cornes, il est donc facile de savoir qui est qui.
Puis c'est au tour d'un troupeau de bubales roux (grosse antilope) et de gnous. Nous en verrons quelques-uns aujourd'hui.
Nous approchons de Goas. Ce point d'eau revient souvent dans les blogs de mes confrères globe-trotters. Aurons-nous, nous aussi, la chance d'assister à des scènes de la vie sauvage fantastiques? Suspens...
Nous croisons plusieurs voitures qui partent du point d'eau ne laissant rien présager de bon. A l'arrivée, pas grand chose à part quelques oiseaux, springboks et zèbres. Déception! Nous allons jusqu'au 2ème point d'observation du plan d'eau. Toujours rien.
Puis en revenant sur nos pas, quelques girafes font leur apparition et, des arbres, déboule une harde d'éléphants. Il y a même un bébé! Il s'agit exclusivement de femelles et de jeunes mâles car les éléphants vivent en société matriarcale dont les mâles adultes sont exclus.
MAGIQUE !!!
Ils viennent s'abreuver et faire un bain d'eau, de boue et de poussière pour hydrater leur peau sèche et se protéger des parasites. On n'a rien inventé avec nos thalassothérapies ;-)
J'ai adoré voir ce petit éléphanteau jouer et prendre du plaisir à faire comme les adultes. Sa technique pour s'enduire de boue reste à améliorer mais on sent qu'il y met toute sa bonne volonté. On a l'impression parfois de voir un enfant qui vient taquiner les adultes pour jouer avec lui. Excellent !
La scène ne durera qu'une vingtaine de minutes. Les voilà repartis à la recherche de nourriture car, pour trouver leur 200kgs de végétaux par jour, ils doivent parcourir de grandes distances.
Nous avons encore le sourire béat aux lèvres quand nous reprenons la piste en direction de Nuamses le prochain point d'eau. Cette rencontre avec les éléphants nous a comblé.
Mais c'est sans compter sur le moment incroyable qui nous attend....
A l'approche de Nuamses, nous croisons un couple d'allemands en 4x4 qui nous fait signe de nous arrêter. Ils nous expliquent alors qu'un couple de lions caché dans les herbes hautes se trouve à 10m tout au plus du parking. Des LIONS !!!! Je rêve !
Nous parcourons les derniers mètres avec un mélange d'appréhension, d'excitation, d'euphorie. Bref, tout se bouscule en nous.
Nous les repérons sans trop de difficultés. Nous coupons le moteur et savourons l'instant à coup de centaines de photos ;-)
A quelques mètres à peine des lions, un troupeau de koudous s'abreuve sans se douter un instant du danger.
Il est déjà midi et les émotions ça creuse. Quel meilleur endroit au monde peut-on trouver pour pique-niquer que devant des lions en pleine savane? On en oublie presque le côté pas très varié de notre menu : chips, yaourt et pomme.
Soudain le lion se lève, s'approche de la lionne. Des rugissements déchirent le silence laissant présager de la suite... En à peine quelques secondes, l'affaire est conclue. Nous venons d'assister à l'accouplement d'un lion et d'une lionne.
INCROYABLE !!! On en laisse tomber nos chips !
On est en plein film érotique dans un drive-in ;-)
Comble du comble, en 1 heure d'observation, nous allons assister à cette scène à plusieurs reprises car il faut savoir que, si une lionne accepte de se reproduire, ils s'accoupleront toutes les 15mn et ce, jusqu'à 50 fois par jour! Et tout ça, jusqu'à ce que la période de fécondité de la lionne se termine, soit 4 jours au maximum. Alors certes, les rapports ne durent que quelques secondes (30 secondes en moyenne) mais 50 rapports par jour sur 4 jours, ça fait quand même une sacrée performance !
D'ici 4 mois, la lionne devrait donner naissance de 1 à 4 lionceaux. Si l'accouplement et la naissance ont lieu en dehors du groupe, l'éducation des lionceaux, elle, incombe à la communauté. Les petits tètent aussi bien leur mère que les autres lionnes du groupe.
Nous leur souhaitons donc de beaux lionceaux et les laissons à leur activité ;-)
Plusieurs minutes après notre départ, on n'en revient toujours pas! Nous venons de vivre un moment privilégié avec le roi de la jungle. Pendant plus d'une heure, nous avons été seuls avec eux, aucune voiture n'est venue troubler cette intimité et notre présence n'a absolument pas troublé notre couple dans ses ébats. Moi qui souhaitais voir des lions à tout prix, je viens d'être exhaussée! J'ai même du mal à réaliser.
Suffit-il d'en faire la requête pour que le rêve devienne réalité à Etosha? A n'en pas douter manifestement!
Nous croiserons une voiture quelques minutes après avoir quitté Nuamses et, tel un talisman que l'on cède de visiteurs en visiteurs, nous leur révèlerons l'emplacement des lions.
A l'approche du pan, nous sommes retardés dans notre progression par une procession de zèbres. Ils sont des centaines à venir ici pour se rouler dans ce désert de sel et lécher les sels minéraux des cailloux.
Quelques centaines de mètres plus loin, c'est au tour d'une hyène tachetée de traverser la piste devant nous. C'est quoi cette journée de fou?!!!! C'est le défilé de la savane organisé spécialement pour nous? On hallucine.
Arrivés au point de vue sur le pan d'Etosha, nous nous sentons comme projetés sur la Lune. C'est blanc et désolé à perte de vue.
Nous profitons de cet étendue à perte de vue et sans animaux pour descendre de voiture nous dégourdir les pattes. Ca fait du bien de marcher un peu. On prolonge le plaisir avec une bonne séance photo de nous 2 en train de faire les andouilles ;-) Il est 14h et ça cogne fort. On savoure le retour à la clim de la voiture.
Notre prochain point d'eau est Homob.
Nous arrivons une fois de plus quand une flopée de véhicules quitte le site, synonyme souvent que l'animal observé vient de s'en aller. Mais notre relative expérience de la faune, nous fait encore espérer. Nous scrutons donc chaque coin, chaque bout d'ombre, chaque arbre, avec attention. La présence de rapaces sur les cimes des arbres tout autour nous fait penser que quelque chose se passe. Reste plus qu'à suivre le regard apeuré des zèbres....Bingo! Une meute d'une douzaine de lions est allongée au loin sous un arbre. On distingue encore les restes d'un animal, peut-être un zèbre, un koudou ou un gnou. Seules les côtes encore ensanglantées sont là pour témoigner d'un magnifique festin. Les lions ont la tête et le poitrail rouge sang. Après la scène d'accouplement de tout à l'heure, nous voici désormais les témoins d'un autre moment vital des lions : le repas.
MAGIQUE!
Une des lionnes décide d'aller se désaltérer au point d'eau, nous laissant ainsi l'observer à loisirs. Elle est maculée de sang.
Pincez-moi, je rêve !
Il est presque 15h quand nous nous remettons en route. Nous avons à peine fait la moitié du chemin entre Namutoni et Okaukuejo depuis le matin. Il va falloir accélérer le rythme si on ne veut pas arriver après la fermeture des portes...
Mais il nous est inconcevable de ne pas s'arrêter à tous les points d'eau. On fait donc le choix de tous les faire mais de ne s'arrêter que si l'un des Big Five est présent ;-)
A croire que la faune est au courant que nous sommes pressés car pas l'ombre d'une défense, d'une moustache ou d'une corne. Juste quelques zèbres, springboks et girafes par ci par là.
Vers 17h30, nous atteignons le point d'eau de Nebrowni, situé à seulement 7km du camp d'Okaukuejo, et là, magie ! Ils sont tous au rendez-vous et en masse! Des éléphants, des girafes, des oryx, des zèbres, des springboks, des chacals... Deux éléphants nous font même une petite démonstration de lutte.
Les appareils photos vont chauffer ;-)
Comme si le tableau n'était déjà pas assez idyllique, un rhinocéros se joint à la fête. Il semble apeuré par tant d'agitation et n'ose pas s'approcher de l'eau. Il tourne et vire à la recherche d'une faille, sans succès. Peut-être était-il là le 1er à faire un succulent bain de boue quand toute la ménagerie a débarqué? En tout cas, sa belle démarcation de boue telle une marque de maillot de bain le laisse deviner ;-)
En tournant la tête de l'autre côté, je repère un springbok qui me dévisage. Et là, surprise! Il se retourne et me dévoile sa particularité en exclusivité ;-) En effet, il présente de l'arrière du dos à la base de la queue une poche qui contient des poils blancs érectiles et lorsqu'il est effrayé ou excité, la poche s'ouvre et laisse apparaître une crête de poils blancs. Ferais-je de l'effet aux springboks maintenant???
A 18h30, nous laissons tout ce beau monde à ses occupations et rejoignons le camp.
Okaukuejo ( http://www.etoshanationalpark.org/fr/accommodation/okaukuejo ) est le centre administratif du parc d'Etosha. Par conséquent, il est immense. Les chalets sont beaucoup plus serrés les uns aux autres et les chambres moins jolies. C'est un peu l'usine en fait ici. On préfère de loin Namutoni.
Par contre, Okaukuejo dispose d'un superbe point d'eau avec tous les aménagements nécessaires à une bonne observation de la faune. Cerise sur le gâteau il est éclairé la nuit.
On a donc profité du site pour s'offrir un petit apéro au coucher du soleil. Trinquons au Savanna Dry (cidre Sud-Africain) sur fond de savane ;-)
Nous délaissons notre point d'observation le temps du repas mais quand nous revenons prendre position, des girafes sont en approche.
Le spectacle est fantastique !
A 21h30, épuisés par notre journée, nous plions bagage. Bonne nuit les girafes !
Nous apprendrons le lendemain matin, en discutant avec des français au petit déjeuner, qu'un troupeau d'éléphants est venu s'abreuver vers 22h30. Dommage! Mais après 2 jours passés à sillonner le parc d'Etosha nous avons appris que nous ne pouvons pas être partout en même temps et que les rencontres sont faites de chance. A chacun la sienne ;-)
Jeudi 2 Octobre 2014
Nous levons le camp à 8h après avoir fait le plein d'essence à la station d'Okaukuejo. Les stations-service sont une denrée assez rares en Namibie. Il est donc conseillé de faire le plein à chaque fois que l'on en croise une, ou presque. La panne d'essence en plein désert avec 1 voiture croisée toutes les 5h, perso ça ne me tente pas!
Nous avions encore 2 itinéraires possibles pour rallier Palmwag, notre prochaine étape. Et comme à chaque fois, nous avons opté pour l'itinéraire bis ;-) Nous prolongeons donc notre séjour dans le parc d'Etosha au maximum en choisissant la sortie la plus à l'Ouest du parc : la Galton Gate. Nous sommes en quelque sorte des pionniers puisque cette porte n'est ouverte aux visiteurs que depuis quelques mois. On nous a prévenu que les animaux dans cette partie du parc étaient moins habitués aux voitures, plus sauvages et donc moins visibles. Pas grave. On tente notre chance!
Les paysages sont totalement différents dans cette partie du parc : aucun relief et presque aucun arbre, juste une étendue d'herbes jaunies par le soleil.
Nous croisons nos premiers écureuils de terre du Cap sur le bord de la route. Ce rongeur vit dans des milieux arides et sableux puisqu’il fait son terrier dans le sol. A signaler quand même que cet écureuil est le détenteur d’un record surprenant puisqu'il a les plus grosses testicules (comparativement à la taille) du monde animal !!! Et oui! Ca ne s'invente pas ;-)
Comme les jours précédents, nous décidons de nous arrêter à tous les points d'eau sur notre route mais aujourd'hui il semblerait que la faune ait disparu. Ou sont-ils tous donc passés???
Nous poursuivons donc notre chemin et traversons la forêt des Ghost Trees. Pas très engageant comme nom.... En fait, il s'agit de moringas, un arbre endémique de la région qui ressemble drôlement à un baobab. La légende San veut qu'après avoir réparti tous les animaux et toutes les plantes sur la terre, Dieu découvrit des arbres oubliés. Il les lança alors en l'air et ils retombèrent sur la terre, leurs racines pointées vers le ciel et ils demeurèrent ainsi ! Malheureusement, ces arbres sont appréciés par les nombreux éléphants du parc, et beaucoup ont été détruits. Aujourd'hui ils sont protégés par de hautes clôtures.
Grisés par l'envie de découverte, nous sortons un peu des sentiers battus et empruntons une micro piste. Beaucoup de poussière mais toujours rien à voir. Et puis soudain, un arbre se détache de l'horizon. Sur ses branches, quelques nids communautaires. A son pied, des ossements. Est-ce les vestiges d'un festin de lions ou les restes d'un animal venu mourir tranquillement à l'ombre d'un arbre? Nous ne pourrons que spéculer sur la présence de ces os mais, une chose est sûre, il s'agit d'un gros animal, un rhinocéros peut-être.
Nous abordons notre énième point d'eau du jour sans grande conviction mais à celui-là nous tombons sur un rhinocéros en plein bain de boue. A notre approche, il sort de sa marre et s'enfuit. Nous pourrons donc admirer à quelle vitesse un rhinocéros peut détaler. Très impressionnant !!!
Nous savons au fond de nous que ce moment sera le dernier de notre séjour. Il nous est donc d'autant plus difficile de nous en aller. Pourtant l'heure tourne et il nous reste une longue route à parcourir. Allez courage!
Nous disons au revoir à tout le monde le coeur gros et en route pour d'autres aventures.
Quoiqu'il nous reste encore quelques points d'eau avant la sortie.... qui sait....
Doucement, des termitières réapparaissent dans le paysage.
Chance! Au point d'eau suivant (Okawao) des dizaines de vautours africains et quelques spécimens de vautours oricou (repérables à leur cou rouge) se font sécher au soleil. Nous en avions vu plus tôt dans la matinée en plein festin mais ils étaient trop loin pour être immortalisés.
Cet animal repoussant souffre d'une mauvaise réputation dans nos civilisations. Et pourtant, ils jouent un rôle nécessaire et vital pour tout l'écosystème. En effet, les vautours sont des animaux nécrophages qui se nourrissent principalement de carcasses d'animaux. Ils sont en quelque sorte les équarrisseurs naturels de la nature. Malheureusement, 60% des espèces de vautour sont aujourd'hui menacées d'extinction, en partie à cause d'intoxications au plomb ou autres substances nocives contenues dans les charognes qu'ils nettoient. Et comme les vautours ne pondent qu'un seul œuf par saison de reproduction, leur population est d'autant plus vulnérable.
L'une des principales caractéristiques anatomiques des vautours est leur tête dépourvue de plumes lié à leur mode d'alimentation qui contraint leur tête à être très souvent recouverte de sang. Or c'est un endroit particulièrement difficile à nettoyer. C'est bien fait la nature quand même ;-)
Plus nous approchons de la sortie du parc et plus nous réalisons que certains animaux nous resterons inconnus... Nous n'avons toujours pas vu l'ombre d'un léopard par exemple. J'aurais aussi aimé voir une hyène brune ou encore un élan du cap....
Et comme à chaque fois que j'ai fait le voeu de voir un animal en particulier, celui-ci nous est apparu peu de temps après.... C'est le cas de l'élan du cap ! Sur le gong d'ailleurs !
C'est en arrivant sur le dernier point d'eau (Renostervlei) que nous verrons le seul et unique spécimen d'élan du cap de notre safari. Et celui-là était plutôt peureux. Il a détalé comme s'il avait le diable à ses trousses... J'ai malgré tout réussi à lui tirer le portrait avant sa fuite ;-)
Nous pourrons donc dire que nous avons vu la plus grande antilope du monde.
A l'approche des portes de la Galton Gate, notre coeur se serre. C'est fini le safari!
Plus de traversées de zèbres, plus de girafes à l'horizon, plus de lions ou encore de guépards. Le sevrage va être dur.... mais nous avons encore l'espoir de croiser des rhinocéros, des éléphants du désert et des zèbres des montagnes dans le Damaraland. Croisons les doigts !
Une fois sortis, le paysage change radicalement. Nous passons des plaines herbeuses aux montagnes pelées. C'est superbe !
A Kamanjab, nous retrouvons la civilisation et son agitation. Le choc est violent après 3 jours passés dans Etosha. Nous apercevons nos 1ères femmes Herero. Elles sont vêtues de leur traditionnelle robe victorienne colorée et de leur coiffe en forme de cornes de boeuf.
Sur certains monticules, des arbres blancs contrastent avec les cailloux ocres ou noirs.
Quelques petits villages de cases s'égrainent le long de la route.
Plus que 45km avant Palmwag. On est sur la bonne route ;-)
Devant nous, la Grootberg Pass. Ce col qui culmine à 1550m d'altitude offre une vue exceptionnelle sur le Kunene et le Damaraland. L'ascension est raide et notre petite Dahiatsu a un peu souffert pour grimper.
Les derniers kilomètres, éclairés par la lumière du soleil couchant, sont magnifiques. On est sous le charme de la région.
Pour entrer sur la concession de Palmwag, il faut avant s'acquitter des formalités à la barrière sanitaire. Ces barrières sanitaires, présentes à plusieurs endroits en Namibie, servent à empêcher la nourriture d'origine animale en provenance des terres communautaires du Nord de passer vers le Sud et ses grandes fermes blanches pour éviter toute contamination éventuelle du bétail. En gros, on vous demande vos papiers, d'où vous venez et où vous allez et d'ouvrir votre glacière (seulement dans le sens Nord-Sud) pour vérifier que vous ne transportez pas de produits interdits (morceaux de viande fraîche). C'est assez rapide et tout ça se fait de manière sympathique. Quelques femmes Himbas tiennent un petit stand de vente d'artisanat et profitent de l'arrêt providentiel des touristes.
A 18h, nous arrivons au Palmwag Lodge ( http://www.palmwaglodge.com/ ). Nous sommes accueillis dans un bungalow sur le parking car le lodge est en plein travaux d'agrandissements. On nous conduit ensuite à notre chambre et là surprise ! En sortant sur la terrasse de notre chambre, on découvre juste devant nous, un éléphant du désert au milieu de l'oasis. Incroyable !!! Ca c'est du comité d'accueil !!! ;-)
Nous terminons par le tour du lodge et nous posons en terrasse avec une bonne Windhoek bien fraîche. Le soleil se couche sur l'oasis nous offrant un spectacle de toute beauté.
On est conquis.
A la base, nous avions choisi ce lodge par dépit car le Grootberg Lodge était complet plusieurs mois en avance mais au final nous ne regrettons pas ce choix. L'endroit est paradisiaque.
Avant le repas, nous réservons un morning drive (480$NAD par personne) pour le lendemain. Nous espérons ainsi voir le fameux rhinocéros noir et les zèbres de montagne.
Extinction des feux à 21h30.
Vendredi 3 Octobre 2014
Encore un réveil matinal. Nous avons rendez-vous à 7h pour notre morning drive. On avale vite un petit déjeuner avant de s'équiper chaudement pour l'excursion. Comme toujours dans le désert, la nuit a été fraîche.
Nous prenons place, avec un couple de Canadiens, à bord du 4x4 du lodge. Direction la concession de Palmwag et ses paysages somptueux pour 5h de balade. Nous n'arpenterons pas les 4.500km² de la concession en une matinée mais l'aperçu que nous aurons comblera toutes nos attentes.
Le soleil commence lentement à réchauffer l'atmosphère et éclaire d'une douce lumière le panorama. C'est juste superbe!
Peu de temps après notre départ, nos 1ers zèbres de Hartmann (appelés aussi communément zèbres de montagne) font leur apparition. Ce zèbre est assez différent de ceux présents à Etosha. Il est, en effet, plus petit et plus trapu, ses zébrures sont plus denses, surtout au niveau des pattes, son ventre est blanc et sa crinière est plus hérissée.
Bref, on peut jouer au jeu des "7 différences" avec ces zèbres ;-)
Et comme ce séjour en Namibie est placé sous le signe de la chance, nous allons avoir le privilège de croiser la route d'un rhinocéros noir. Il ne reste guère plus de 3000 individus dans toute l'Afrique dont environ 1/3 en Namibie. Ici le rhinocéros noir est protégé, surveillé et le braconnage n'existe pratiquement pas. Il est donc encore visible en liberté dans les plaines du Kunene. Moment rare et magique !
Nous croiserons aussi quelques springboks, oryx et steenboks.
La flore n'est pas en reste dans cette région. Nous allons découvrir des variétés d'arbres et de plantes encore inconnues pour nous. Certaines sont même hautement toxiques comme l'euphorbe ou en encore l'arbre bouteille. Mieux vaut être prévenus avant de les toucher et de se retrouver en contact avec leur sève laiteuse.
Petit cours de botanique pour vous éviter tout accident de parcours ;-)
L'Euphorbia Damarana, avec ses tiges comme des baguettes, est l'une des plantes les plus courantes dans les plaines du Namib central. Elle est aussi extrêmement toxique. Pourtant, rhinocéros et oryx ont su s'adapter et mangent leurs tiges sans risque pour leur santé.
L'Euphorbia Virosa est, de toutes les euphorbes, celle qui ressemble le plus à un cactus. Elle se trouve toujours perchée sur les parois ou les sommets de monts caillouteux. Son nom de "gifboom" en afrikaan signifie "arbre à poison". Elle était utilisée par les chasseurs Bushmen pour empoisonner leurs flèches.
L'Arbre Bouteille, avec son tronc évasé et lisse, est facilement identifiable. Il fait lui aussi partie des végétaux toxiques.
A bon entendeur....
Notre chauffeur-guide nous conduit ensuite au sommet d'une colline pour nous offrir la plus incroyable des vues.
Un panorama à 360° sur la concession. Wahouuuuuuuuu !!!!
Notre guide nous réserve une autre surprise. Nous quittons donc les plaines arides pour rejoindre un canyon bien caché. La végétation plus verte qu'ailleurs nous laisse penser que de l'eau est présente quelque part. Et oui ! En nous approchant, nous découvrons une source limpide couleur émeraude.
On n'aurait jamais pensé voir un tel paysage en plein désert. C'est superbe !
Sur le chemin du retour, notre guide repère au loin un suricate. J'avoue avoir eu du mal à le voir même avec les jumelles alors, soit il a une vue d'aigle, soit il connait la planque du suricate.... je pencherai pour la 2ème solution ;-)
Même de loin, je suis contente d'en voir un car j'adore ces petites bêtes. Elles me font marrer dans leur position de sentinelle ;-)
Nous regagnons le lodge vers 12h30 avec une faim de loup. Après une bonne salade en terrasse, nous décidons de prendre le reste de la journée à la cool. Au programme piscine! Ca fait du bien aussi de lézarder. On est en vacances quand même ;-)
D'ailleurs en parlant de lézard, nous en avons vu de beaux spécimens à Palmwag.
Il s'agit de l'Agama agama, un lézard appelé communément agame des colons ou margouillat. Sa coloration varie selon la température, l’humeur et l’origine géographique de chaque individu. Normalement, le corps est gris mais les mâles, surtout dominants, peuvent arborer de belles couleurs vives. Selon les individus, la tête est alors rouge, orange ou jaune. Le collier est bleu vif tandis que le corps, la queue et les pattes sont bleus plus pâles. Les mâles subordonnés, les femelles et les immatures passent plus inaperçus avec une coloration verdâtre.
Malheureusement pour nous, aucun mâle dominant avec sa belle couleur bleu ne s'est montré.
Le soleil cogne fort et c'est à l'ombre que nous allons nous reposer au final.
A 17h, nous décidons d'aller explorer à pied les alentours du lodge car, ce matin, en rentrant de l'excursion, j'avais repéré un canyon à proximité.
En route, nous passons devant une antenne de l'association de préservation des rhinocéros noirs : Save the Rhino Trust (http://www.savetherhinotrust.org/). Des crânes de rhinocéros et quelques cornes d'autres espèces sont exposés à l'entrée. Impressionnant et pas très engageant!
Le canyon que je pensais avoir repéré le matin existe bel et bien. Il est superbe !!!
Cela aurait été dommage de le rater.... surtout que personne au lodge ne nous en a parlé.
Nous trouvons un petit sentier pour descendre et nous approcher de l'eau. Quelques oiseaux s'envolent sur notre passage. Nous comprenons mieux maintenant d'où vient cette oasis.
Encore une découverte incroyable et pour nous tous seuls !
Nous profitons des dernières lueurs du soleil dans ce décor de rêve. La végétation va du plus luxuriant avec les palmiers au plus aride avec des cactus qui jouent au caméléon en prenant la même teinte ocre que les roches alentours.
Nous rentrons au lodge juste avant le coucher du soleil pour notre dernière nuit. Pas d'éléphant ce soir, il a dû aller voir ailleurs si les feuillages étaient meilleurs ;-) Tant pis !
Samedi 4 Octobre 2014
Pas besoin de se mettre en route trop tôt aujourd'hui car notre prochaine étape ne se trouve qu'à 130km. C'est donc un saut de puce dans le Damaraland qui nous attend.
A 9h, nous franchissons les portes du Palmwag Lodge. Un dernier regard sur ce joli coin de Terre, on passe de nouveau la barrière sanitaire sans encombre et en route pour le Sud.
Encore une fois, nous traversons des paysages à couper le souffle. Un paysage tout en minéral : du beige, du noir, du rouge, c'est tout une palette de couleurs qui défile devant nous.
Le seul signe de vie au milieu de ce désert minéral sera ce berger et son troupeau de chèvres sortis de nulle part. Où va-t-il? D'où vient-il? Mystère....
A 10h30, nous arrivons déjà au Doro !Nawas Lodge (http://www.wilderness-safaris.com/camps/doro-nawas-camp). Ce lodge fait partie d'une compagnie d'écotourisme de luxe qui regroupe les plus beaux hébergements d'Afrique Australe. La première impression le confirme!
Nous sommes accueillis avec beaucoup de gentillesse par Ronélie. Elle nous installe sur la terrasse qui surplombe tout le site pour nous présenter le lodge. La vue sur les Etendeka Mountains et les bungalows en contre bas est tout simplement magique! Ce lodge est comme un mirage en plein désert.
Notre bungalow sera le n°10 mais, comme nous sommes arrivés un peu trop tôt, il n'est pas encore prêt. Nous laissons nos valises dans l'entrée et laissons le personnel de chambre faire son travail tranquillement. Nous découvrirons donc notre bungalow plus tard mais le peu qu'on en a vu nous a mis l'eau à la bouche....
Nous décidons de partir à la découverte du site de Twyfelfontein situé à quelques dizaines de kilomètres du lodge.
Twyfelfontein, littéralement "la fontaine hésitante", est un site archéologique inscrit en 2007 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il dispose d'une concentration importante de pétroglyphes avec près de 2 000 figures répertoriées datées de la fin de l'âge de pierre. Toutes les gravures et peintures rupestres sont l'œuvre de chasseurs-cueilleurs San qui vécurent dans la région longtemps avant l'arrivée des bergers Damara et des colons européens.
Avant de pouvoir entrer sur les terres du parc, il faut s'acquitter des droits d'entrée (60$NAD/personne). Un guide nous est alors attribué pour la visite. C'est Elisabeth, une jeune femme pétillante, qui va nous faire découvrir ces pétroglyphes parfaitement conservés grâce au climat sec qui règne ici.
Elle nous demande alors si nous souhaitons faire la petite ou la grande boucle. Nous choisissons la grande boucle pensant ainsi tout voir. En fait il s'agit de 2 boucles différentes et pour voir la totalité du site il faut faire les 2 boucles, la petite et la grande mais ça on ne le découvrira que trop tard.... Mais c'est une autre histoire ;-) Alors pensez bien à préciser que vous souhaitez faire les 2 boucles lors de votre passage. Conseil d'amis ;-)
Bref, quand nous entamons la visite il est presque midi. On ne pouvait pas faire pire pour crapahuter en plein désert... Stratégie quand tu nous tiens... :-) Il fait vraiment très chaud.
Nous arrivons assez rapidement sur les 1ères gravures. Elles représentent des animaux sauvages comme des éléphants, des girafes, des rhinocéros, des lions, des koudous.... Toute la savane est représentée sur les différentes roches. Il semblerait que ces gravures servaient à expliquer où trouver le gibier dans les environs.
Sur d'autres roches apparaissent aussi des empreintes de pieds humains et d'animaux. On trouve aussi des plans schématiques des points d'eau de la région.
Tout un témoignage de ce qu'était le Damaraland à l'âge de pierre.
Au milieu des rochers et des pétroglyphes, quelques rats des rochers ou "dassie rat" ont élu domicile. Ils ne sont pas bien farouches, certainement parce qu'ils sont habitués à voir des touristes toute la journée.
En 1h, nous avons fait la grande boucle. Nous remercions chaleureusement Elisabeth et retournons à la voiture. Il est 13h, la faim nous tiraille. Nous profitons de la fraîcheur, toute relative que nous offre le parking ombragé du site, pour pique-niquer. Au menu sandwichs et pomme. De la grande gastronomie...
Une fois rassasiés, nous reprenons la route pour nous rendre à Organ Pipes. Dans ce canyon, de superbes orgues basaltiques multicolores semblent avoir été plantées là par un artiste. Des guides proposent leurs services à l'entrée du site. A vous de voir si vous souhaitez les prendre ou pas. Rien d'obligatoire mais ainsi on participe à la préservation du site et au maintien de l'emploi.
Juste en face d'Organ Pipes se trouve la Burnt Mountain. Elle tient son nom de "montagne brûlée" à cause de son aspect et sa couleur noire. Elle est facilement repérable depuis la route.
Le prochain site à visiter est la Petrified Forest. Pour y aller nous avons 2 solutions : revenir un peu sur nos pas pour prendre la bifurcation ou faire un grand tour via Khorixas pour faire le plein d'essence (seule station à proximité). Comme la jauge de notre voiture commence à descendre, nous choisissons de faire le grand détour par Khorixas. Faire 80km pour trouver une station essence est loin de nos préoccupations en France mais ici c'est courant.
Nous voilà donc partis via la D2628 puis la C39 en direction de Khorixas. Les paysages sont surprenants, des amas rocheux semblables à des collines s'égrainent au milieu de la plaine désertique du Damaraland.
Les seuls véhicules que nous croisons sur la route sont des chariots tirés par des ânes. Ici on les appelle les Donkey Car.
Khorixas n'a aucun intérêt touristique, elle sert juste de base de ravitaillement. Alors on ne s'attarde pas. Un plein d'essence et un magnum pour la gourmandise et on est reparti ;-)
Nous arrivons sur le site de la Petrified Forest vers 16h30. Nous payons les droits d'entrée (50$NAD par personne) et suivons le guide qui nous est attitré. Il est tout l'opposé d'Elisabeth, je n'ai d'ailleurs même pas retenu son nom tellement il était intéressé par son travail et intéressant. J'ai quand même retenu le principal : la forêt pétrifiée se compose d'une cinquantaine de gros troncs d'arbres fossiles (généralement des conifères), âgés entre 240 et 300 millions d'années. Les spécimens les plus imposants ont une longueur atteignant 30m et ont jusqu'à 6m de circonférence. Le plus long garde même à son extrémité supérieure un diamètre de près d'1m! Il semblerait que les arbres aient été charriés par les flots, en provenance d'Afrique centrale ou d'Angola. Le bois a ensuite été pétrifié suite à la couverture des troncs par des sédiments, et le remplacement des matières organiques par de la silice au cours de quelques millions d'années. L'érosion a ensuite fait réapparaître les troncs à la lumière mais de nombreux troncs sont sans doute encore enfouis. La forêt pétrifiée namibienne est essentiellement faite de jaspe.
La visite est assez rapide mais vaut quand même le déplacement car l'état de conservation des troncs et leur nombre en font un site unique.
Quelques spécimens de Welwitschia Mirabilis poussent au milieu des troncs mais je reviendrais sur cette plante préhistorique un peu plus loin ;-) Patience...
Nous rentrons au lodge juste à temps pour s'offrir une bonne bière sur fond de coucher de soleil. Superbe!
La fraîcheur tombe en même temps que le soleil. Nous allons nous mettre au chaud dans la salle de restaurant et profitons de sa vue exceptionnelle sur les montagnes. Décidément cet endroit est un paradis.
La 1ère surprise du soir ne se fera pas attendre longtemps : notre serveur vient nous présenter le menu dans la langue locale qui est une langue à clic. On est bouche bée devant cette démonstration. Des claquements de langues s'insèrent dans les mots ponctuant ainsi la conversation. On a même l'impression que les clics sont effectués par une 2ème personne... Incroyable! Perso, je suis fan! D'ailleurs pour écrire ces langues on utilise le point d'exclamation pour signaler un clic dans un mot ;-)
En Namibie, 3 peuples, les San, les Nama et les Damara, utilisent les langues à clic.
La 2ème surprise viendra après le repas. Tout le personnel du lodge se réuni dans la salle de restaurant pour offrir un spectacle de chants et de danses locales de toute beauté. Un vrai show! Evidemment, un des danseurs viendra me chercher pour participer, l'espace d'une danse, au spectacle. Fallait pas se trémousser sur sa chaise ;-)
Nous prolongeons un peu la magie de cette soirée en montant sur le toit du lodge pour observer le ciel étoilé et la Lune si belle et presque palpable.
Wahouuuu!!!!
La cerise sur le gâteau sera le petit mot laissé à notre attention sur les oreillers par le personnel de chambre.... On frôle la perfection. Il y a comme un petit air de second voyage de noces qui flotte ici :D
Dimanche 5 Octobre 2014
Nous avons fait de beaux rêves dans notre petit cocon du désert malgré le froid qui y régnait. Une fois n'est pas coutume, nous prenons le temps ce matin. On profite un peu de la vue panoramique sur les montagnes depuis notre lit avant d'aller prendre le petit déjeuner.
En étudiant nos guides touristiques, je me rappelle que la fameuse roche en forme de croc que je voulais voir se trouve dans les parages mais où exactement... telle est la question. Après renseignements auprès du lodge, j'apprends qu'en fait elle est sur le site de Twyfelfontein.... Mais alors pourquoi ne l'a-t-on pas vu hier??? Nous décidons donc de retourner sur le site dans la matinée et de demander à l'accueil. C'est là qu'on comprend que les 2 boucles sont différentes et complémentaires.... Par chance, Elisabeth est là ce matin alors nous l'attendons pour repartir avec elle faire l'autre boucle. Comme nous sommes déjà venus la veille on ne nous demande pas de repayer les droits d'entrée. Sympa.
Nous voilà donc repartis pour la visite de Twyfelfontein avec Elisabeth ;-) Et cette fois, je vais voir ce fameux rocher en forme de croc, appelé Lion Rock.
Au passage nous découvrons des peintures rupestres que nous n'avions pas vu non plus la veille. Nous avons bien fait de revenir ;-)
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au Damara Living Museum (http://www.lcfn.info/damara/home). C'est la curiosité qui nous a poussé à nous arrêter là. En effet, depuis hier, nous avions repéré que de nombreux touristes s'arrêtaient devant ce site sans trop savoir pourquoi. Du coup, on a voulu en avoir le coeur net... On a alors découvert qu'il s'agissait d'un musée vivant de la culture Damara.
Nous hésitons un moment, tiraillés que nous sommes par notre conscience. Est-ce du voyeurisme d'y aller ou pas... Nous sommes partagés mais comme nous avons du temps devant nous, la curiosité l'emporte. Nous payons les 80$NAD par personne et suivons Otto, pour une visite guidée et commentée.
Otto nous met tout de suite à l'aise et nous emmène à la découverte de son peuple et de ses traditions. Le village reconstitué est tout petit mais l'essentiel est représenté : le travail de l'artisanat, des peaux, du bois et du fer, la médecine naturelle, la maitrise du feu, les danses, les chants, les jeux de société... Bref en 1h, nous faisons le tour de manière succincte mais très intéressante des us et coutumes de ce peuple presque oublié de Namibie : les Damara.
Au final, une visite enrichissante et bien orchestrée qui permet d'approcher (même si c'est de manière fictive) les traditions d'un peuple.
A 13h30, nous sommes de retour au lodge et pour une fois pas de pique-nique! Nous profitons de ce temps mort dans notre roadtrip pour s'offrir un vrai repas en terrasse.
On ne se lasse pas de la vue....
Puis petite sieste avant de rejoindre notre guide pour le Sunset Drive. A 16h, nous montons à bord d'un 4x4 rempli d'allemands. C'est toujours surprenant cette sensation d'être en Allemagne alors que nous sommes en Namibie....
Nous partons à la recherche des éléphants du désert....
Nous arrivons dans un petit village. Comme tous les villages en Namibie, il dispose d'un point d'eau à proximité pour la population. Cette eau provient directement des nappes phréatiques. Notre guide nous explique alors que les éléphants ont pris l'habitude de venir s'abreuver dans ce puit. Mais comme ils endommagent les installations, un point d'eau a été construit spécialement pour eux, sur leur route et en dehors du village. Le comble de cette histoire? C'est que les éléphants, habitués depuis des années à venir boire dans le puit du village, snobent complètement leur point d'eau.
Nous suivons le lit asséché de la rivière Aba-Huab, les yeux bien ouverts, à la rechercher de ces fameux éléphants du désert. Au passage de ce qui doit être un gué lors des fortes pluies, nous repérons une femelle et ses 2 petits. Le premier doit déjà avoir 4 ans alors que le second à peine 2 ans. Nous coupons le moteur et les observons tranquillement. Notre guide nous explique que ces éléphants ne sont pas une espèce différente des éléphants de brousse mais qu'ils ont su, avec le temps, s'adapter aux conditions difficiles du désert. Ils ont des pieds et un corps plus petits et des jambes plus longues que les éléphants de brousse. Ils ont appris à ne pas détériorer les plantes, sources de leur alimentation, en préservant les racines. Les femelles, quant à elles, donnent naissance à 2 fois moins de petits et doublent la période d'allaitement afin d'éviter toute surpopulation et de donner les meilleurs chances de survie à ses petits.
Il est temps de laisser tranquille notre petite famille et de se remettre en route. Notre guide pense qu'un autre groupe d'éléphants n'est pas loin. Il va tenter de les pister mais après plusieurs minutes de recherches infructueuses, il abandonne. L'heure tourne et nous devons poursuivre notre chemin si nous ne voulons pas rater le coucher du soleil...
Nous grimpons au sommet d'une colline pour jouir d'une vue incroyable sur les montagnes et le coucher de soleil. C'est superbe ! Malheureusement le vent s'est levé faisant encore plus chuter la température... Cela n'empêche pas notre guide de dresser une table pour l'apéro au vin blanc. En soi, l'idée peut paraitre sympa et romantique mais en réalité, pour moi, c'est tout l'inverse : j'ai froid, je rêve d'une bonne douche chaude et de voir nos amis d'outre-Rhin tremper leurs boulettes de viande dans la sauce, les croquer et retremper la demi-boulette entamée dans la sauce à nouveau me dégoute. Je préfère me mettre en retrait et admirer les derniers rayons du soleil se frayer un chemin à travers les nuages pour venir lécher les reliefs.
Nous rentrons transis de froid au lodge.
Ce soir, le spectacle après le repas est moins grandiose : moins de personnel participe et pas de djembé. Nous ne savons pas si c'est que ce soir est juste moins bien ou si la veille nous avons assisté à une représentation exceptionnelle....
Nous fêtons cette dernière soirée au Doro !Nawas avec un petit verre d'Amarula ;-)
L'Amarula est une liqueur très sucrée faite à base du fruit du marula. Elle se boit frappée aussi bien en apéritif qu'en digestif. Pour les non-initiés, son goût et sa texture sont très proches du Bailey's. Le fruit du marula est aussi le péché mignon des éléphants, des rhinocéros, des phacochères, des koudous, des babouins et des zèbres car il est riche en vitamine C et en protéines. Bref, c'est une petite perle de l'Afrique Australe.
De retour à notre bungalow, nous prolongeons la soirée sur la terrasse pour une session de light painting. Cette technique photographique consiste à utiliser un temps d'exposition long dans un environnement sombre tout en écrivant ou dessinant avec une lampe torche face à l'objectif. Le plus dur étant d'écrire à l'envers ou à se repérer dans l'espace. La seule limite c'est votre imagination. En tout cas, nous, ça nous éclate ;-)
Petit clin d'oeil à Michel et Florence qui nous ont initié à cette activité bien rigolote lors de notre séjour au Cap (http://lili-en-escales.over-
Lundi 6 Octobre 2014
Nous nous sommes couchés tard hier au soir à cause du light painting mais on s'est bien marré.
Une grosse journée de route nous attend pour rejoindre Swakopmund via la Skeleton Coast. Nous espérons juste avoir assez d'essence pour arriver car il n'y a aucune station service sur le chemin. D'après nos calculs, ça doit passer... Croisons les doigts!
Nous quittons le Doro !Nawas vers 9h et retrouvons ces paysages fantastiques du Damaraland.
A 9h45, après nous être enregistrés auprès des autorités de la Springbok Water Gate, nous franchissons les grilles du Skeleton Coast Park. A nous les paysages lunaires et fantomatiques ! La bonne surprise c'est que le garde ne nous a pas demandé de régler les droits d'entrée (80$NAD par personne + 10$NAD pour la voiture) comme c'était mentionné dans les guides de voyage... Est-ce un oubli de sa part ou juste parce qu'on est sympa?... Quelle qu'en soit la raison, nous voilà admis en terre hostile :-)
La côte namibienne a été baptisée Skeleton Coast (côte des squelettes) car elle Ces naufrages étaient dus à la combinaison d’un fort courant marin, de brouillards fréquents et d’une côte désertique et très inhospitalière. Ca fait froid dans le dos....
Malheureusement, aujourd'hui, très peu d'épaves sont encore visibles sur la côte car le temps, le sable et l'air marin ont fait leur office...
Par contre, la Welwitschia Mirabilis, elle, se porte bien dans le coin ;-)
Cette plante très particulière des déserts côtiers de Namibie et d'Angola a été nommée en l'honneur du Dr Friedrich Welwitsch qui l'a découverte en 1860. Elle est constituée de deux grandes feuilles linéaires qui croissent de façon indéfinie dans des sens opposés. Les feuilles peuvent atteindre une longueur de 2 à 4 mètres et sont généralement divisées en bandes longitudinales, ce qui peut parfois masquer le fait qu'il n'y a que 2 feuilles à l'origine. Sa longévité est considérable : certains spécimens observés ont entre 1000 et 2000 ans. Pour la petite anecdote, les joueurs de l'équipe de rugby de Namibie sont surnommés les Welwitschias.
Sur près de 10km, nous allons croiser des dizaines de spécimens de Welwitschia, plus ou moins gigantesques. Pas besoin d'aller payer pour faire la Welwitschia Drive près de Swakopmund, ici c'est gratuit et il n'y a personne!
Nous laissons les derniers spécimens de Welwitchia derrière nous à l'approche de l'Océan Atlantique.
Le paysage se fait alors plus plat et plus sablonneux. Nous bifurquons à gauche sur la C34. De toute façon, nous ne sommes pas autorisés à prendre à droite en direction de Torra Bay. Seuls les touristes disposant d'une réservation dans l'un des logements du parc peuvent y accéder.
Notre toute 1ère épave sera un châssis de camion à proximité de l'ancienne mine de diamant de Toscanini. Puis quelques mètres plus loin, c'est un ancien puit de forage qui se détache de la ligne d'horizon. Il s'est écroulé sur le flan, vaincu par la rouille. Sur certaines pièces, de la dentelle s'est même formée.
A quelques kilomètres à peine avant la sortie du parc se trouve l'épave du S.W Seal, échoué en 1976. Il ne reste déjà plus grand chose de ce bateau de pêche et, d'ici quelques années, le ressac aura fini son travail de démolition...
Il est déjà 13h et la faim se fait sentir. Nous profitons de la vue superbe sur l'océan pour pique niquer. Au menu : notre invariable sandwich au salami de zèbre et cheddar. Fallait quand même que j'immortalise ce grand moment de gastronomie ;-)
Arrivés à Ugab Gate, nous sommes accueillis par un grand gaillard à l'humour très british. Nous avons du mal à savoir quand il plaisante ou quand il est sérieux, assez déstabilisant comme entretien de sortie... Nous avons quand même dû répondre correctement aux questions puisqu'il sort nous ouvrir le portail... et quel portail!!!
Pas de besoin de traduction là ;-)
Quelque part entre le Mile 108 et Cape Cross, nous tombons sur des champs de lichens. Impressionnant! Tout à coup, le sable se teinte de jaune ou de rouge en fonction du lichen. C'est superbe!
Ces lichens ne sont ni des plantes, ni des animaux mais une symbiose entre un champignon et une algue. Le premier absorbe l'humidité pendant que le second s'occupe de la photosynthèse. Futé!
Depuis ce matin, nous avons croisé, en tout et pour tout, 3 voitures. On ne peut pas dire que nous soyons gênés par la circulation sur cette route de sel...
Et d'ailleurs, qui voudrait se rendre "nulle part" à part nous? ;-)
Donc, comme on ne se refait pas, on a pris la bifurcation pour St Nowhere. Une question nous hante : que peut-il y avoir à St Nowhere? C'est quand même une sacrée énigme...
Eh bien, vous nous croirez ou non, mais nous sommes tombés sur des salines, une maison avec un jardin magnifiquement entretenu et fleuri, des chevaux, un camping, et un spa! Si, si!
On n'en revenait pas.
Nous arrivons enfin à Cape Cross. Il est déjà presque 16h. Que le temps passe vite!
A l'entrée du parc, pas de barrière, ni de garde, juste un parking et un panneau indiquant où s'enregistrer. C'est comme ça la Namibie, no stress, on fait confiance. En France, on fait un truc comme ça et on est quasi sûr que personne ne s'arrête pour aller payer.
A l'intérieur, personne. On patiente un long moment avant que quelqu'un ne vienne enfin nous encaisser (80$NAD par personne + 10$NAD pour la voiture).
Otaries nous voilà !!! Mais avant ça petite présentation du site ;-)
Le navigateur portugais Diogo Cao fit ériger une croix de pierre en 1486 pour marquer le point le plus au sud jamais atteint par des Européens en Afrique à cette date. D'où son nom : Cape Cross. Aujourd’hui, Cape Cross est surtout connu pour son importante colonie d'otaries à fourrure (jusqu'à 100 000 membres lors de la période de reproduction en décembre). Autant dire que l'odeur qui s'en dégage est juste insoutenable! Je vous conseille d'ailleurs de mettre des bouts de coton dans les narines, ainsi vous ne serez plus importuné par l'odeur tenace. Testé et approuvé! ;-)
L’otarie à fourrure du Cap est la plus grande des espèces d'otaries. Très à l’aise dans l’eau, elle peut plonger jusqu’à plus de 200 mètres de profondeur et rester en apnée environ sept minutes. Mieux que Jacques Mayol!
L'otarie est un animal sympathique et joueur qui jouit d'une bonne réputation auprès des touristes. Et puis pour ma génération c'est un peu Bibifoc ;-) En tout cas, malgré leur odeur repoussante, elles attirent chaque année de plus en plus de visiteurs, rapportant ainsi de belles dividendes au gouvernement.
Mais, en Namibie, une polémique fait rage sur ces populations d'otaries. En effet, les 15 colonies d’otaries à fourrure du Cap présentes sur les côtes namibiennes sont supposées manger en une année, autant de poissons que les habitants de Namibie et d’Afrique du Sud réunies. Les pêcheurs leur reprochent alors de les priver de leurs moyens de subsistance. Argument largement démenti par les organismes de protection animale qui démontrent que le déclin des réserves de poissons est essentiellement dû à la surpêche, et non à la prédation des phoques et otaries. Et c'est là tout le cœur du problème : protéger un animal aux dépens de la paix sociale ou privilégier l'économie aux dépens d'un animal.... Le gouvernement namibien a tranché et, chaque année, les otaries à fourrure du Cap sont victimes d’un abattage massif qui s’étend du mois de juillet à la mi-novembre. Ce massacre touche environ 85.000 bébés et 6.000 mâles qui sont exécutés, dans d'horribles conditions à la batte de base-ball ou au poignard, pour l’industrie de la fourrure et de la médecine traditionnelle. Des hommes armés de pelles et des bulldozers finissent le travail en recouvrant les flaques de sang et de lait régurgité par les bébés qui maculent le sable avant l'arrivée des touristes sur le site.
Le comble c'est que les otaries à fourrure du Cap sont une espèce protégée et que ce massacre se déroule dans une réserve naturelle!
Pourtant, les otaries rapportent 4 fois plus vivantes en temps qu'attraction touristique que mortes, et qu'à force de les massacrer elles risquent d'aller s'installer ailleurs, privant ainsi la région d'une rentrée d'argent conséquente. Mais même cet argument n'a pas fait changer d'avis le gouvernement namibien.
Une pétition existe pour tenter de mettre un terme à cette barbarie (http://www.chasse-aux-phoques.
Tout ceci, je ne l'ai découvert qu'à mon retour en France en faisant des recherches sur les otaries à fourrure du Cap.
C'est donc avec un regard d'enfants et innocents que nous sommes allés à la rencontre de ces braves otaries. Et quel spectacle! Son, lumière et odeur ;-)
Nous quittons Cape Cross avec une petite boule au coeur. Tous ces cadavres de bébés otaries morts de faim ou écrasés par les adultes nous ont brassé (et encore on ne savait pas tout à ce moment là).
Nous atteignons la station service d'Henties Bay sur la réserve. Nous n'avons pas eu besoin de pousser mais il s'en est fallu de peu quand même.... Nos calculs étaient bons. Ouf! Nous pouvons désormais reprendre la route sereinement ;-)
Quelques kilomètres après Henties Bay, nous faisons une pause sur le site du naufrage du Zeila. Ce chalutier, échoué depuis le 28 août 2008, fait le bonheur des cormorans venus nicher et des photographes.
Le ciel commence à se couvrir donnant un aspect encore plus tragique et mystérieux à la scène.
En me baladant sur la plage à la recherche du meilleur angle possible pour photographier l'épave du Zeila, je remarque plein de petits ronds bleus sur le sable, comme des capsules.
En fait il s'agit de vélelles. La vélelle, surnommée "voilier planctonique", est une petite méduse bleue inoffensive pour nous. Elle se déplace au gré du vent grâce à sa petite voile gélatineuse en forme de triangle, son corps servant de flotteur.
Nous traversons ensuite Wlotzkasbaken, petit village situé à mi-chemin entre Henties Bay et Swakopmund. Fondé dans les années 1930 et exclusivement destiné aux Blancs, il est le lieu de villégiature privilégié des pêcheurs. Aucune clôture, ni barrière ne séparent les 110 habitations du village. Une atmosphère de ville fantôme plane dans la seule ruelle qui le traverse, il n'y a pas âme qui vive... Sensation étrange. Il semblerait que le village s'anime seulement pendant les vacances.
Nous arrivons à Swakopmund à la tombée de la nuit. Raté pour le tourisme en ville! Nous verrons demain. Nous allons donc prendre nos quartiers au Swakopmund Sands Hotel (http://www.swakopsandshotel.
Cette grosse journée de route nous a tué, nous trouvons difficilement la force de sortir pour aller manger d'autant plus que le vent s'est levé et qu'il fait froid. Avec un peu de courage et sur les conseils du réceptionniste nous allons au Kucki's Pub, une institution à Swakopmund. Malheureusement pour nous, victime de son succès, il y a trop de monde et le personnel est débordé. Nous allons attendre notre plat plus de 50mn dans le brouhaha, qui, comble de malchance, arrivera froid. Bref, c'est pas une réussite. Dommage car mon steak de thon était vraiment succulent.
Allez au dodo! Demain on se lève tôt encore car nous avons rendez-vous avec Jeanne d'Eco Marine Kayak Tours (http://www.emkayak.iway.na/) à 7h40 à Walvis Bay.
Je ne vous en dis pas plus pour le moment ;-)
Mardi 7 Octobre 2014
Etant donné l'heure matinale de notre lever, nous ne pourrons pas avoir de petit déjeuner à l'hôtel. Nous faisons donc avec les moyens du bord : café soluble, yaourt et fruits.
A 7h, nous nous mettons en route. Le soleil commence à pointer le bout de son nez mais les nuages, eux, ont décidé de jouer les prolongations.
Nous arrivons comme prévu 40mn plus tard à Walvis Bay (qui signifie la "baie des baleines" en afrikaans). Nous sommes les 1ers au rendez-vous et faisons donc connaissance tranquillement avec Jeanne, notre guide. Une dame adorable.
A 8h, les derniers retardataires sont arrivés. Nous prenons place à bord du 4x4 de Jeanne et son mari, direction Pelican Point : 40km à travers les salines et le sable avec une remorque remplie de kayaks.
Nous n'allons malheureusement pas toutes les croiser.... pourtant on avait une revanche à prendre avec les baleines depuis notre voyage de noces en Polynésie (http://lili-en-escales.over-
En attendant, nous allons être gâtés avec les flamants roses, les chacals et les otaries! ;-)
En passant devant le phare, Jeanne nous explique la "particularité", si je puis dire, du lieu. En effet, Pelican Point est une péninsule de sable de 9km de long qui protège le port de Walvis Bay des assauts de l'Océan Atlantique. Un phare, construit en 1932, orientait alors les bateaux dans le port. Mais aujourd'hui, à cause des vents et des forts courants marins, la péninsule s'est agrandi de près de 2km, reculant d'autant la position du phare. Ainsi dépossédé de son rôle maritime, le phare a récemment été transformé en lodge (http://www.pelicanpointlodge.
Nous dépassons la colonie d'otaries pour rejoindre le lieu de la mise à l'eau. Elles doivent être une centaine étalées sur le sable.
Une fois arrivés à destination, Jeanne et son mari installent le camp de fortune : des tables, des chaises et des "bush-toilets" comme ils disent (un paravent planté dans le sable pour permettre aux dames de faire pipi à l'abri des regards, astucieux et extrêmement prévenant!).
Ensuite, on s'équipe de la tête aux pieds avec des vêtements chauds et étanches fournis par Jeanne. Il y a toutes les tailles disponibles et les habits sentent bon la lessive. Que du bonheur!
Une fois bien équipés, nous nous installons à bord de notre kayak double et à l'eau!
Déjà quelques otaries, plus curieuses que les autres, s'approchent de nous et nous observent. Nous pagayons tranquillement en direction de la colonie. Ici, l'odeur n'a rien de comparable avec Cape Cross, ça sent fort le poisson et la marée mais rien d'insurmontable. Malgré les 50 petits centimètres d'eau de profondeur, les otaries plongent, virevoltent, font des poiriers pour nous montrer leurs fesses... ;-)
Comme conseillé, nous leur parlons et leur chantons quelques chansons paillardes (chacun son registre! lol) pour les faire venir. Nous tapotons aussi l'eau avec le bout de nos pagaies pour les inviter à venir les mordiller.
Elles s'approchent, nous tournent autour mais font leur mijaurée. Elles nous narguent en nous montrant leur derrière.... Nous tentons donc de faire la course avec elles et là le défi leur plait! Tels des dauphins, elles nagent à toute vitesse sous l'eau et sautent de temps à autre pour mieux nous éclabousser. Bon évidemment, à ce jeu-là, nous n'allons pas gagner mais au moins on aura bien rigolé.
Manifestement les otaries n'étaient pas d'humeur à bien jouer aujourd'hui.... ou alors c'est qu'elles n'aiment pas les chansons paillardes ;-)
Après 1h passée avec les otaries dans l'eau il est temps de ressortir. Le vent commence à se lever et les nuages s'évacuent petit à petit. Le temps passe vite...
Des boissons chaudes et un casse-croûte nous attendent sur la plage. Mmmmmmm!!!! Que d'attentions!
Juste le temps de nous changer et reprendre quelques forces et notre 4x4 pour Sandwich Harbour arrive (1200$NAD par personne). C'est minuté! Nous remercions donc chaleureusement Jeanne pour cette fantastique expérience et pour sa gentillesse et en route pour d'autres aventures.
Notre guide s'appelle Rudy. Une fois n'est pas coutume, tous les touristes du 4x4 sont francophones : 1 couple de Belges et 1 couple de Nimois.
Nous retraversons toute la péninsule de Pelican Point en direction du Sud.
Le paysage se transforme immédiatement : de la langue de sable nous passons aux dunes. Nous voici aux portes du Namib Naukluft Park. Et on ne peut pas dire que le coin soit bien accueillant....
Ce parc, grand de 50.000km², est le 4ème plus grand parc national au monde. Il se divise en 4 grands secteurs, Sandwich Harbour est l'un d'entre eux. Son nom proviendrait d'un baleinier anglais, le Sandwich, qui opérait dans ce secteur à la fin du XVIIIe siècle. Autrefois un port de pêche, Sandwich Harbour est désormais une lagune qui abrite un point d'eau douce où se concentrent de nombreux oiseaux.
Pour nous y rendre, nous traversons des paysages incroyables. A certains endroits le sable est rose. C'est de toute beauté!
Pendant que nous nous extasions sur la couleur des dunes, Rudy se met à gratter le sable. Je m'approche pour savoir à quoi il joue. Il cherche un gecko du désert. Ce petit lézard est généralement enfoui dans le sable pour se dissimuler à ses proies. Comme de nombreux animaux dans le désert, il récupère l’eau qui condense sur son corps, plus froid que l’air ambiant après une nuit passée dans le sable froid, puis lèche l'eau ainsi récoltée pour s'abreuver. Astucieux ;-)
Rudy ne va tarder à mettre la main sur l'un d'entre eux. Il est vif. Il le ramasse délicatement avec sa casquette pour nous le montrer avant de le réinstaller le plus rapidement possible dans son trou. Le soleil est dangereux pour cet animal dépourvu de paupière et habitué à l'obscurité.
Nous allons faire une autre découverte incroyable grâce à Rudy. Il ramasse du sable qu'il met dans un sac plastique avant d'approcher un aimant. Il secoue un peu puis renverse le sac pour faire tomber le sable. Dans le sac seule reste une sorte de poudre noire. Il la verse dans ma paume et passe l'aimant sous ma main, la poudre se met alors à osciller au rythme de l'aimant. Génial!
N'oublions pas que le sous-sol namibien regorge de minerai, plus de 250 minéraux différents ont été recensés!!! Dont l'argent, l'or, le diamant, le zinc, l'uranium, le plomb, l'étain....
Nous nous éloignons un peu de la côte pour une séance dégustation.... Nous allons boire l'eau de la Kuiseb River à la pureté parfaite. Là, en plein milieu des dunes, se trouve une pompe. Nous l'actionnons et l'eau se met à couler. Elle est fraîche et bonne. On hallucine!
En fait, les dunes ont, avec les années, recouvert totalement la rivière Kuiseb mais celle-ci ne s'est pas détournée ou tarie pour autant. Elle continue à couler en sous-sol créant des sortes de nappes phréatiques. Il suffit alors de creuser pour tomber sur de l'eau potable en plein désert. Incroyable!
Nous avons quand même eu un petit moment d'hésitation avant de boire cette eau pompée directement du sable. Toujours cette peur d'être malade.... mais Rudy nous a convaincu que nous ne risquions rien alors carpe diem! Et je peux désormais le confirmer, aucun risque à boire cette eau ;-)
Nous reprenons notre chemin au milieu des dunes. Rudy nous informe alors que nous ne pourrons malheureusement pas atteindre Sandwich Harbour car, avec la pleine lune attendue pour le lendemain, la marée est montée. La route d'accès est donc sous l'océan. Nous sommes déçus mais le spectacle auquel nous allons assister va vite nous faire oublier ce désagrément.
Rudy nous réserve une surprise. Il nous conduit à travers les dunes pour nous offrir le plus incroyables de panoramas. Et là, entre 2 dunes, un panneau "sens interdit".... On ne rêve pas! C'est bien un sens interdit. Ils sont fous ces namibiens ;-)
Sandwich Harbour est devant nous.
Wahouuuuuu!!!!!!
Le vent souffle fort et s'engouffre le long des dunes. Rudy nous cherche donc un coin abrité pour installer la table de picnic. Il jette son dévolu sur une cuvette bien protégée par les hautes dunes qui l'entourent.
C'est là, en plein désert, que je le vois déplier une table et une nappe d'un blanc immaculé. Il sort des verres à pieds et de la vraie vaisselle. J'hallucine!!! Service 5 étoiles.
Nous allons donc, aussi incroyable que cela puisse paraître, trinquer au blanc pétillant d'Afrique du Sud (pas le droit de l'appeler Champagne même si en fait la différence est minime) et déguster des huitres de Namibie en plein désert!
Entre l'alcool et l'euphorie de la découverte, autant vous dire que l'ambiance était festive ce midi-là ;-)
Nous ne sommes pas les seuls à avoir trouvé refuge ici... Nous sommes cernés par des pieds de !nara. C'est une sorte de melon du désert très apprécié des Topnaar, une population locale, mais aussi Un pied de !nara peut vivre 100 ans et couvrir jusqu'à 1 500 m². Si le !nara est recouvert par du sable apporté par les vents, il est capable de se dégager et de poursuivre sa croissance. C'est parfois même la seule espèce végétale dans le désert.
Il est presque 15h, il est donc temps de prendre le chemin du retour.
Nous allons avoir droit à une séance de conduite dans les dunes assez sportive! Comme une sensation de grand 8 un peu... Nous allons même en dévaler une en marche arrière!
Adrénaline à fond!
Risqué quand même après un repas aussi copieux de nous malmener comme ça. Mais aucune huitre ne retrouvera l'air libre! ;-)
Le panorama qui s'offre à nous est encore incroyable. D'autres 4x4 arrivent au loin. On se rend alors bien compte de l'immensité dans laquelle nous nous trouvons.
Le vent souffle de plus en plus fort et crée une sorte de brouillard de sable au-dessus des dunes.
On se sent vraiment insignifiant ici.
Au détour d'une dune, nous tombons sur un Autour Chanteur en pleine dégustation de rongeur. Même si nous avons vu ce rapace à plusieurs reprises depuis notre arrivée en Namibie, nous sommes toujours ravis de pouvoir l'observer. Il est si beau avec ses plumes grises et ses pattes et bec orange-rouge.
A l'approche des salines, nous savons que la magie va bientôt prendre fin. Dernier stop photos. Les dégradés de couleurs sont superbes.
Pour clore cette journée riche en expériences et découvertes, Rudy nous amène sur une grande étendue sèche. Il embarque Julien dans sa démonstration. Ils doivent piétiner sur place pendant quelques minutes. Le sol devient de plus en plus meuble, un peu comme des sables mouvants et puis soudain l'eau remonte par capillarité, les laissant patauger jusqu'aux genoux dans une petite piscine de boue salée. Bien rigolo.
Je n'aurais jamais imaginé en voyant cette étendue désertique que l'eau n'était qu'à quelques petits pas ;-)
A 16h, nous sommes de retour à Walvis Bay. Quelle journée!!! Nous remercions Rudy pour cette excursion fantastique et regagnons notre Dahiatsu.
La petite prise de bec avec le gars qui a surveillé notre voiture va un peu ternir cette journée fantastique. Retour à la réalité....
L'histoire c'est que pour le remercier d'avoir gardé notre voiture et nettoyé le pare-brise, nous lui avons donné 10$NAD or il en voulait 70$NAD!!! Ce qui est un prix aberrant. Nous savions que le prix était compris entre 5 et 10$NAD (ce que nous a confirmé Jeanne le soir quand nous l'avons contacté pour l'informer du litige), nous avons bien voulu monter à 15$NAD pour trouver un accord mais il les a refusé. Nous sommes donc partis sans lui laisser un sou.
Le problème n'était pas l'argent car 70$NAD équivaut à 5€ mais c'était pour le principe. Nous ne voulons pas cautionner ce genre de petite arnaque car ensuite c'est l'escalade.
Nous reprenons la route de Swakopmund un peu contrariés par ce conflit.
Le vent souffle tellement fort que la route est traversée par des bancs de sable. Impressionnant!
Comme hier nous sommes arrivés trop tard à Swakopmund pour visiter la ville, nous n'avons pas de temps à perdre si nous voulons avoir un aperçu de cette cité balnéaire. Nous reportons donc la douche à plus tard et direction le centre-ville.
Fondée en 1892 par des colons allemands (120 soldats et 40 civils), Swakopmund est considérée comme la ville la plus blanche de toute l'Afrique Australe. A l'époque, elle est destinée à devenir le port principal de la colonie puisque le port en eaux profondes de Walvis Bay, à 30km au sud, était une possession britannique. Après la 1ère Guerre mondiale, Swakopmund est gérée par l'Afrique du Sud. Les activités du port sont alors transférées à Walvis Bay tout comme les services de l'administration centrale. Les conséquences économiques pour Swakopmund sont dramatiques. Pour relancer son économie, en 1923, Swakopmund se destine alors à devenir une station balnéaire. Pari réussi.
Aujourd'hui, par son architecture germanique du bord de la Baltique du début du XXème siècle et ses rues aux noms allemands, Swakopmund surprend.
On ne se croirait pas en plein désert et encore moins en Afrique....
Le plus emblématique des bâtiments de style germanique est le Hohenzollern Building, construit en 1906 comme hôtel. Sur son toit se trouve la statue d'Atlas soutenant le monde. A ne pas manquer non plus : le Woermannhaus et le Kaiserliches Bezirksgericht avec le phare.
Sur les pelouses du phare, se promènent de belles pintades. Et n'allez pas imaginer que je parle de jolies demoiselles écervelées, je parle bien de la Pintade de Numidie ;-)
La vie n'est d'ailleurs pas toujours rose chez les demoiselles pintades. A la saison des amours, le mâle, après s'être associé avec une femelle, peut partir à la recherche d'autres femelles, allant jusqu'à les violer. Il ne s'occupera ensuite que de ses petits "légitimes", vouant à une mort certaine les autres couvées puisque sa présence est indispensable à leur survie en relayant la femelle qui doit partir se nourrir. Bref, un vrai gentleman ce Monsieur Pintade!
Nous nous éloignons ensuite du centre-ville pour aller voir la locomotive de Swakopmund mais nous arrivons trop tard. Le musée ferme ses portes à 16h...
Nous réussirons malgré tout à l'apercevoir à travers les vitres sales du musée. Cette locomotive a une histoire un peu loufoque. Construite en 1896, son inauguration repoussée suite à la guerre opposant les Namas aux Hereros et son inventeur rentré en Allemagne sans avoir révélé le secret de son fonctionnement, elle ne sera mise en service que plus tard grâce à l'ingéniosité d'un prospecteur américain. Mais elle consommait tellement d'eau, denrée rare et précieuse en Namibie, qu'elle fut immobilisée après seulement 3 utilisations. Ayant fait la preuve de son inutilité, elle fut abandonnée. Partiellement restaurée en 1975, elle a, depuis peu, un musée qui lui est consacré.
Nous revenons donc Swakopmund et ses promenades du bord de mer pour une dernière balade au coucher du soleil. Nous en profitons pour tenter notre chance au restaurant le plus côté de la ville : le Jetty. Comme on s'en doutait c'est complet. On aura essayé ;-)
Nous rentrons à l'hôtel prendre une douche chaude bien méritée.
Ce soir, nous mangerons donc à l'hôtel d'à côté, le Beach Hotel. Au menu du poisson, du vin blanc et des profiteroles, le tout accompagné par un pianiste. Soirée romantique ;-)
Mercredi 8 Octobre 2014
Après un petit déjeuner gargantuesque à l'hôtel, nous quittons Swakopmund et son brouillard matinal en direction du désert du Namib. Jusqu'à Walvis Bay la route est goudronnée. Nous y faisons d'ailleurs un petit stop pour photographier tranquillement les flamants roses.
Nous prenons ensuite la C14. Nous laissons derrière nous les nuages de Swakopmund pour retrouver le soleil et la chaleur du désert.
Nous faisons une petite pause à Vogelfederberg, un amas rocheux, seul relief au milieu du désert. C'est aussi un camping et une aire de picnic.
Peu à peu, à l'approche du Kuiseb Canyon, le paysage se fait plus montagneux.
C'est superbe!
La route devient de plus en plus sinueuse. Nous sommes dans le Kuiseb Canyon. Au fond, se trouve le large lit sablonneux de la Kuiseb River, à sec presque toute l'année.
L'endroit est impressionnant.
Une fois le canyon passé, les paysages changent à nouveau. Nous quittons les roches noires du canyon pour le sable rouge du Namib. Quel contraste! Comme si en quelques kilomètres nous étions passés d'un film en noir et blanc à un film en couleurs.
Sur la route, nous franchissons le Tropique du Capricorne. On en profite pour se faire une belle séance photo avec le retardateur. On s'est bien marré encore ;-)
Il est déjà 14h quand nous atteignons Solitaire et ses épaves de voitures plantées au milieu des cactus. L'endroit, surnommé parfois le Bagdad Café Namibien, est super photogénique. On en oublierait presque notre faim de loup...
Solitaire est idéalement située au croisement de la C14 en provenance de Swakopmund, la C24 de Windhoek et la C19 de Sesriem. Seul lieu habité à des kilomètres, Solitaire est devenue une halte presque obligée pour les touristes. On s'y arrête pour sa décoration qui rappelle de vieux westerns mais pas que. Il y a aussi une station service, une supérette, une poste, un garagiste, une pâtisserie et ;-) D'ailleurs en parlant de besoins primaires, il fait grand faim! On s'offre donc un énorme burger d'oryx avec des frites! Et pour mettre la touche finale à ce repas hautement calorique, nous ajoutons le fameux, le célèbre apfelstrudel de Moose McGregor, gérant emblématique de la pâtisserie de Solitaire, décédé quelques mois plus tôt. Et j'avoue qu'il est particulièrement bon!
Les oiseaux aussi en raffolent! De l'apfelstrudel mais aussi des muffins et autres pâtisseries. Nous allons donc partager, pour notre plus grand plaisir, notre dessert avec quelques tisserins masqués et autres républicains social pas farouches.
Nous profitons aussi de cette halte à Solitaire pour faire le plein d'essence, acheter de la glace pour notre glacière et quelques victuailles pour nos prochains picnics.
Nous arrivons peu de temps après à l'Agama River Camp(http://www.agamarivercamp.com/). Le site est superbe et les chalets joliment décorés. Nous avons le chalet n°1 et sommes les 1ers clients du jour ;-)
Notre 1ère bonne impression du lodge est vite gâchée par l'accueil. Le patron est autoritaire et peu avenant, les employés semblent terrorisés, la patronne est timide et froide. Bref, ça nous change de tous les autres endroits où nous avons séjourné. Comme à Palmwag et au Doro !Nawas, il n'y a pas de frigo dans la chambre car le lodge produit sa propre électricité mais ici il est inscrit à l'accueil que le lodge ne fournit ni ne vend de glace. Ca c'est du service! Ca promet... Nous découvrirons un peu plus tard que le repas du soir se prend normalement à 20h en terrasse mais, ce soir-là, le groupe de touristes qui occupait le reste des chalets a voulu manger tôt. A 19h, on toquait à notre chambre pour nous informer que nous étions attendus à table dans 10mn au plus tard.... que cela nous convienne ou pas. Nous n'avons peut-être pas eu de chance lors de notre séjour mais quoiqu'il en soit, à refaire, je ne choisirais certainement pas ce lodge, aussi beau soit-il.
En attendant, nous sommes là pour 2 nuits et nous n'avons pas l'intention de nous laisser gâcher le plaisir de ces vacances.
Comme au Doro !Nawas, le menu est présenté en langue à clic par une des cuisinières. C'est toujours un plaisir de les entendre parler. Ce soir c'est steak de koudou au braai (barbecue)!
Ce soir, la lune est pleine. Elle est superbe.
Nous n'allons encore pas faire de vieux os ce soir car demain nous attend une grande journée sportive...
Bonne nuit ;-)
Jeudi 9 Octobre 2014
A 5h, le réveil sonne. Quelques minutes plus tard, nous sommes prêts à partir. Nous récupérons notre petite "breakfast box" à l'accueil, avalons vite fait un café et quelques petits gâteaux et en route. Nous avons 1h pour parcourir de nuit les 60kms qui nous séparent de l'entrée du parc du Namib. En effet, le parc (comme Etosha) ouvre ses portes avec le lever de soleil, vers 6h30. Les touristes qui résident dans les lodges du parc sont, eux, autorisés à accéder au site 1h avant nous.
Nous croisons les doigts de ne pas prendre un oryx ou autre sur le capot en roulant de nuit....
Les premières lueurs du soleil apparaissent assez vite. Une légère brume plane au-dessus de la savane. C'est à la fois magique et mystérieux... La lune est toujours présente dans le ciel, comme si elle ne voulait pas céder la place au soleil.
Wahooouuuuuu!!!!!!
A 6h20, nous arrivons à l'entrée du parc. Il y a déjà une belle file d'attente. Nous ne sommes les seuls à être matinaux manifestement... Ceci dit on s'en serait douté ;-)
Nous n'aurons pas à patienter bien longtemps. Les grilles s'ouvrent. Comme il est encore trop tôt pour payer les droits d'entrée (80$NAD par personne + 10$NAD la voiture), on nous demande de le faire au moment de notre sortie, plus tard dans la journée.
On ne traine pas alors, direction Deadvlei.
Au loin, nous apercevons des montgolfières décoller. Quel trip ce doit être de survoler le désert du Namib! Surtout quand on sait que ce désert, qui s'étend sur 1500km de long, est considéré comme le plus vieux désert du monde car soumis à des conditions arides ou semi-arides depuis au moins 80 millions d'années!!!
Mais comme le budget et le timing n'étaient ni l'un ni l'autre extensible nous avons dû faire des choix. Et puis c'est pas comme si on n'avait pas déjà fait notre baptême de montgolfière ;-)
Quelques minutes plus tard, nous croisons une autruche mâle qui détale à notre passage.
Puis un oryx avec une corne cassée nous regarde passer. La lune semble observer la scène. Ca pourrait faire une belle fable de La Fontaine ça : "la lune et l'oryx".
En tout cas, je trouve l'image poétique.
Finalement, sous la pression du soleil, la lune cède. Elle s'éclipse derrière les dunes rougeoyantes. C'est magnifique!
Une question nous taraude depuis un moment : pourquoi dans le désert du Namib, les dunes sont rouges? C'est à cause de la présence d'oxyde de fer. On se couchera moins bête ;-)
Nous ne nous arrêtons pas en route car nous avons un objectif : atteindre Deadvlei au plus vite pour gravir, au petit matin, la plus haute dune du monde : Big Daddy.
Nous parcourons donc les 60kms qui séparent l'entrée du parc de Deadvlei d'une traite. De chaque côté de la route, des dunes rouges. Les 1ers rayons du soleil viennent les lécher, mettant en valeur leur teinte orangée. C'est superbe!
Les dunes sont numérotées en fonction de leur distance depuis Sesriem. Original comme borne kilométrique ;-)
Un premier flot de touristes s'arrête à la Dune 1, la première grosse dune sur la route. Nous résistons à l'envie de faire de même, nous aurons le temps de nous arrêter à loisir au retour.
Puis arrive la si célèbre Dune 45 prise d'assaut par la quasi-totalité des touristes. Il y a foule sur le parking. Ils sont des dizaines à faire la queue pour la gravir. Je l'avais lu dans plusieurs blogs et m'étais juré de passer mon chemin. Surtout que, grâce à mes confrères blog-trotters, je savais que quelque chose de plus fantastique encore nous attendait au bout de la route ;-)
Il n'y a donc pas foule sur les derniers kilomètres. L'excitation grimpe doucement dans l'habitacle...
Arrivés au parking de Sossusvlei, nous devons laisser notre voiture car les 5 derniers kilomètres sont exclusivement réservés au 4x4. Et même si notre Dahiatsu est 4x4, il nous est interdit par le loueur d'emprunter cette route. Nous sommes donc disciplinés (parfois ça nous arrive! lol) et garons la voiture. Mais rassurez-vous nous ne ferons pas les 5km à pieds! Des navettes ont été mises en place par le parc. Il en coûte 100$NAD par personne pour l'aller-retour.
La navette nous conduit directement à Deadvlei. Nous descendons et prenons la direction de Big Daddy. Un autre couple nous emboite le pas. Il est 7h20.
Après quelques minutes de marche, nous voilà aux pieds de la dune. Allez courage! Plus de 350m de dénivelé nous attendent....
Nous apercevons 2 autres couples en pleine ascension. Nous allons donc suivre leurs traces. Les premiers mètres se font assez facilement mais quand nous atteignons la crête de la dune tout se complique : nous nous enfonçons à mi-mollet à chaque pas, nous avons du sable plein les chaussures, il faut faire 2 pas pour avancer d'1, le soleil commence à drôlement cogner... Bref, c'est pas aussi simple qu'on l'avait imaginé!
Soyons honnêtes : on en chie grave!
Mais l'effort en vaut vraiment la peine. La vue qui s'offre à nous est tout simplement fantastique!!! Nous faisons de nombreuses pauses photos et puis ça nous permet de reprendre notre souffle ;-)
Sur notre passage, des lézards du désert du Namib détalent. Ce lézard, assez incroyable, a su parfaitement s'adapter aux conditions difficiles du désert. Afin de réguler sa température, soit il s'enfonce dans le sable, soit il élève alternativement chacune de ses pattes à la recherche d'une couche d'air moins chaude que le sable, rafraîchissant ainsi le sang qui les irrigue. On dirait qu'il danse. Ses déplacements sont aussi surprenants à observer car, pl se déplace rapidement et dressé sur le bout de ses pattes. En tout cas, lui n'a pas de difficulté à marcher dans le sable....
Une autre espèce, elle aussi bien adaptée au désert, vit dans ces dunes. Il s'agit de la fourmi du désert. Spécialisée dans la recherche de cadavres d'insectes, elle sort de son nid aux heures les plus chaudes de la journée, moment où elle a le plus de chance de trouver son butin. Lorsque la température de son corps approche les 51°c, son seuil mortel, elle grimpe sur une tige pour atteindre une couche d'air plus froide que le sable.
Incroyable ce que peut faire la nature quand même!
A mi-parcours, nos chaussures sont tellement remplies de sable qu'il n'y a même plus de place pour nos orteils! Aux grands maux, les grands remèdes comme disait ma grand-mère!!! On quitte nos chaussures et on finit l'ascension en chaussettes. Du coup, on gagne en confort, en stabilité et en efficacité. Il n'y a pas que le lézard et la fourmi qui savent s'adapter aux conditions extrêmes du désert, nous aussi! Na! ;-)
Nous atteignons le sommet en un peu moins d'1 heure et demie de marche. Et là, c'est juste magique!!! Une vue à 360° sur la mer de dunes qui nous entoure. Près de 32.000km² de sable. Ca calme!
En dessous de nous se trouve Dead Vlei, une cuvette d'argile blanche qui signifie "marais mort". Au loin, on devine Sossusvlei.
Quel spectacle!!!! Je ne crois pas avoir déjà vu quelque chose d'aussi grandiose!
Wahhhhhooooouuuuuuu!!!!!!!
La descente sera beaucoup plus rapide : un tout schuss sur Deadvlei!
Gros fou rire! Julien emporté par la vitesse va faire la plus belle figure de style jamais réalisée : un superbe planté de tête dans le sable!!! Il en ressortira tel un gros bonhomme de sable.
En tout cas, c'est sportif de descendre une dune de sable en courant. On s'enfonçait jusqu'aux genoux là! Mais quelle expérience!
En bas, la chaleur est écrasante. Le paysage apparait alors sous forme de mirage. Il ondule et se reflète, c'est magique!
Au loin, on distingue quelques troncs d'arbres morts. Nous prenons leur direction à travers cette vaste étendue sèche et blanche.
Les troncs des arbres morts, présents à Deadvlei, sont estimés à environ 900 ans et sont les vestiges d’une époque révolue, celle où l’eau coulait à flot. On a du mal à imaginer d'ailleurs...
Quand on se retourne, Big Daddy nous observe. D'ici, elle est encore plus impressionnante cette dune! Et dire que nous étions tout là-haut quelques minutes plus tôt... Nous sommes fiers de l'avoir fait. Nous avons beaucoup souffert lors de l'ascension mais quelle récompense arrivés au sommet!!! Je confirme : Big Daddy est un must! ;-)
Il est déjà midi, nous n'avons pas vu le temps passer! Deadvlei se vide de ses touristes, chassés par la chaleur écrasante du zénith. Nous jouons un peu les prolongations et profitons pleinement de ce tête à tête avec le désert.
L'endroit est extrêmement photogénique alors on s'en donne à coeur joie ;-)
Nous quittons Deadvlei avec regret mais il nous reste encore d'autres beautés à découvrir alors en route!
Nous reprenons la navette pour nous rendre à Sossusvlei mais arrivés sur le site quelle déception! Ca n'arrive pas à la cheville de Deadvlei! Et pourtant on ne parle pratiquement que de Sossusvlei dans les guides... On décide donc de passer notre chemin et de retourner à la voiture.
Nous profitons de l'ombre du parking pour pique niquer. En fait, nous mangeons notre "breakfast box" du lodge. Définitivement nos repas de midi ne seront jamais bien équilibrés!
Il est temps de rebrousser chemin. Quelques jolies dunes, dont la Dune 45, nous attendent ;-) L'endroit est désert contrairement à ce matin. Trop bien!!! Le vent commence à effacer les traces du passage des touristes de ce matin. Dans quelques heures, la Dune sera de nouveau vierge, laissant l'impression aux touristes du lendemain d'être des pionniers.
Presqu'au même endroit que ce matin, un oryx est là pour nous dire aurevoir. Mais celui-ci a ses 2 cornes ;-)
Dans le canyon, nous croisons la route d'un ténébrion du désert. Ce coléoptère réussi la prouesse de récupérer de l’eau pour s’abreuver, dans le désert aride du Namib où il ne pleut pratiquement jamais. Chaque matin à l’aube, il dresse ses grandes pattes arrières, dos au vent sur la crête des dunes de sable et boit l’eau condensée sur son corps plus froid que le brouillard matinal. De cette manière il peut recueillir les moindres gouttelettes d’eau du brouillard. Les gouttes s’accumulent alors sur les bosses de sa carapace et grossissent lentement jusqu’à devenir assez lourdes pour couler dans des sillons qui vont directement à sa bouche. Ergonomique le ténébrion ;-)
Nous ressortons du canyon en fin d'après-midi.
Nous reprenons la route pour le lodge avec des étoiles plein les yeux mais un poids dans le coeur : c'était notre dernière journée de vacances en Namibie. Demain c'est le retour sur Windhoek puis la France. Que le temps passe vite!
Heureusement, les paysages fantastiques entre Sesriem et l'Agama River Camp, le long de la C19, nous font vite oublier tout ça. Ce matin, il faisait encore nuit quand nous avons emprunté cette route, nous privant de la beauté du paysage, mais là, avec les derniers rayons du soleil c'est tout simplement superbe!
Après une journée aussi riche en émotions, nous n'avons pas envie de nous coucher. Nous voulons faire durer le plaisir, comme si en restant éveillés, la journée n'en finirait jamais... Alors à la nuit tombée, on s'est refait un petit délire light-painting devant notre bungalow. Nous avons tenté de dessiner des éléphants, plus ou moins réussis. Nous nous sommes encore beaucoup amusés ;-)
Un animal, que nous pensons être un oryx, avait décidé de venir se promener non loin de nous. Nous avons entendu ses sabots résonner sur les cailloux mais n'avons pas réussi à le trouver malgré la lampe torche.
La fatigue finira quand même par nous emporter dans les bras de Morphée peu avant minuit.
Vendredi 10 Octobre 2014
Nous avons fait de beaux rêves peuplés de dunes, d'oryx et d'éléphants de lumière ;-)
Mais la réalité du jour c'est le retour à la capitale. En route pour la fin du roadtrip!
Comme d'habitude, nous choisissons les chemins de traverses dans l'espoir de voir encore quelques beaux paysages. En 1er lieu, passage obligatoire par Solitaire pour notre ravitaillement. Pour le clin d'oeil, nos cartes postales seront postées d'ici ;-)
Le long de la D1275, se trouvent les plus gros nids communautaires que nous ayons vu de notre séjour. Ils sont l'oeuvre du tisserin républicain, ce petit oiseau qui ressemble étrangement à notre moineau commun. Ces véritables HLM à oiseaux peuvent peser jusqu'à 1 tonne et accueillir 300 couples!!! Il n'est d'ailleurs pas rare que plusieurs espèces d'oiseaux différentes cohabitent dans ces nids. Chez les oiseaux, la mixité sociale n'est pas qu'un concept politique ;-)
Dans cette région, les arbres ne sont pas les seuls à être pris d'assaut par les oiseaux, les poteaux électriques aussi. Sur des kilomètres, chaque poteau accueille un nid! Un vrai lotissement ;-)
L'un d'entre eux va particulièrement attirer notre attention car il est occupé par des couples d'inséparables à face rose. J'adore ces petits perroquets colorés!
A l'approche de la Spreetshoogte Pass, le relief change. La route pavée qui franchit ce col est la plus raide de toute la Namibie. Nous allons grimper 1000m de dénivelé en à peine 4km... notre Dahiatsu va peiner... Mais quelle vue au sommet du col!
Une fois le col passé, la route devient moins intéressante. Les paysages sont plus monotones. Néanmoins, c'est sur cette route que nous allons voir le plus bel Autour Chanteur.
Le reste du trajet se fera tranquilement.
Nous arrivons à Windhoek en début d'après-midi. Cette fois, nous allons avoir le temps de visiter la ville ;-)
Nous commençons par déposer nos affaires au Londiningui Guest House, le même hébergement que le soir de notre arrivée en Namibie. Bizarre cette sensation de revenir à la case départ.... Cette nuit, nous héritons de la chambre au lit rond (la n°4). C'est bien la 1ère fois que je vais dormir dans un lit rond....
Située à 1700m d'altitude, Windhoek qui signifie "le coin du vent" en afrikaans, fut fondée en 1844 par Jonker Afrikaner. Elle est la capitale de la Namibie depuis son indépendance en 1990.
La visite de Windhoek est assez rapide. Il n'y a pas tant de choses que cela à voir. La principale attraction est l'église luthérienne, Christuskirche, construite en 1910 qui domine la ville. Je l'ai rebaptisée "l'église pain d'épices". Vous ne trouvez pas une petite ressemblance avec la pâtisserie vous aussi?
En nous promenant en voiture dans les rues de Windhoek, nous sommes tombés sur une oeuvre de DALeast. Cet artiste d'origine chinoise réalise des tags monumentaux avec un effet 3D. Perso, j'adore!
La fin d'après-midi sera dédiée à la recherche du maillot de l'équipe de rugby de Namibie, les Welwitchias. Après plusieurs boutiques de sports dans la rue piétonne de Windhoek, sans succès, direction le Hage Geingob Stadium! Autant aller à la source ;-)
Nous rentrons dans l'enceinte du stade sans difficulté et après quelques renseignements et hésitations trouvons le bon interlocuteur. Notre requête semble le surprendre un peu mais il nous invite à le suivre dans les bureaux de la fédération puis dans la réserve. Il brasse alors pas mal de cartons à la recherche de celui qui contient les maillots. Nous sommes face à tout l'équipement de l'équipe. On hallucine! Nous en profitons pour lui prendre aussi un petit ballon de rugby souvenir, le tout pour 500$NAD.
Avant de partir, petit passage obligé par la pelouse du stade avec le maillot des Welwitchias sur le dos et séance photo. C'est pas tous les jours qu'on a une telle opportunité ;-) Notre présence attire quelques curieux qui n'en reviennent pas que des français soient venus jusqu'ici pour acheter le maillot de l'équipe de rugby de Namibie... On sait, on est des fous! ;-)
Nous finissons ce voyage en Namibie sur une belle note. Il est temps de rentrer au Londiningui faire nos valises.
Au menu ce soir, notre dernier steak d'oryx et en dessert des profiteroles à la décoration très sauvage.... ;-)
Samedi 11 Octobre 2014
Et voilà, l'heure du retour a sonné.
Nous rendons notre Dahiatsu remplie de poussière mais sans la moindre crevaison ni autre soucis mécanique. Au final, elle nous aura bien transporté pendant ces 3600km à travers la Namibie.
On nous conduit ensuite à l'aéroport de Windhoek.
Nous quittons le sol namibien à 12h25 plein de tristesse.





















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