Lili dans l'Ouest Américain 2ème édition
Je vous entends de là :
- "Encore les Etats-Unis?!"
- "Eh bien oui! Encore! et c'est pas fini. On y retourne en mars l'année prochaine mais ça, ça sera le sujet d'un autre article ;-)"
Les Etats-Unis c'est comme une drogue, quand on y a goûté une fois, on ne peut plus s'en passer! Alors venez, je vous emmène à la découverte de l'Ouest Américain, 2ème édition.
En 2011, nous étions déjà partis à la conquête des parcs de l'Ouest (http://lili-en-escales.over-
Nous voici donc repartis cette année pour faire le grand tour. Au programme : Joshua Tree, une partie de la Route 66, Petrified Forest, le Nouveau Mexique, le Colorado, Moab, puis Monument Valley et le Lac Powell, entre autres.
Nous avons parcouru en tout 5400km en 2 semaines, soit un rythme bien soutenu mais nous en avons pris plein les yeux!
En route !
J1 : Samedi 12 Septembre 2015
A 10h30, nous nous envolons pour Los Angeles, point de départ de notre road trip. Le voyage se passe bien en dehors de quelques turbulences au-dessus du Canada.
Nous arrivons dans Palm Springs au coucher du soleil. Notre hôtel, le Vagabond Inn, se trouve à la sortie de la ville, nous en profitons donc pour visiter le centre-ville depuis la voiture. Trop fatigués pour faire du tourisme autrement. On trouve quand même le courage de faire quelques courses pour le repas du soir et le pique-nique du lendemain avant d'aller nous étaler sur notre lit.
Extinction des feux à 20h, plus de jus dans les batteries ;-)
J2 : Dimanche 13 Septembre 2015
Comme prévu, nous sommes réveillés à 5h à cause du décalage horaire mais nous avons fait une bonne nuit. Nous attendons que 7h s'affiche au cadran pour aller petit déjeuner. Manifestement, nous ne sommes pas les seuls à être matinaux...
Après un petit déjeuner pris vite fait au bord de la piscine de l'hôtel, nous prenons la route pour Joshua Tree NP avec un petit crochet par le centre-ville de Palm Springs histoire de prendre quelques photos.
A 8h30, nous arrivons à l'entrée ouest de Joshua Tree NP, il n'y a pas grand monde. En échange de 80$, nous voilà les heureux propriétaires de la carte America the Beautiful. A nous les grands parcs des USA en illimité pendant 1 an! Mais pour l'heure, c'est Joshua Tree.
Dans cet article vous verrez parfois apparaitre en légende des photos des lettres en majuscules. C'est en fait un code pour savoir quel est le moment optimum de la journée pour visiter l'endroit. Nous avons parfois été frustrés de ne pas être au bon endroit à la bonne heure car le soleil n'éclairait pas le site ou alors nous étions en plein contre-jour. Bref, voici de quoi vous aider, amis photographes, à programmer vos visites au bon moment : AM pour matin ; PM pour après-midi ; AM/PM pour toute la journée ; AM ou PM pour tôt le matin ou fin d'après-midi.
Dès les 1ers kilomètres dans le parc nous avons la sensation d'avoir été catapultés en Namibie, dans le Damaraland (http://lili-en-escales.over-
Nous allons directement faire la petite randonnée de 2km pour la Hidden Valley. Il n'est que 9h30 et il fait déjà tellement chaud, plus de 40°c. C'est pas humain des températures pareilles!
Cette vallée encaissée entre des amoncellements de cailloux était le repaire des voleurs de bétails. En tout cas, elle porte bien son nom de "vallée cachée".
Au détour du sentier, nous croisons nos 1ers chuckwallas, des iguanes endémiques de la région. Ils mesurent de 30 à 50cm et peuvent peser jusqu'à 9kgs. En tout cas, la chaleur écrasante a l'air de leur plaire car ils se font tous dorer au soleil.
Après presque 1h30 de marche, nous sommes contents de retrouver un peu de fraîcheur avec la climatisation de la voiture. Nous prenons la direction de Keys View. Sur la route, nous pouvons admirer de superbes spécimens de Joshua Trees. Le nom de Joshua Tree a été donné par un groupe de mormons qui traversait le désert de Mojave au milieu du XIXème siècle. La forme unique de l'arbre leur fit alors penser à Josué montrant, bras tendus, la Terre promise. C'est une plante endémique de l'Amérique du Nord, on la trouve seulement en Californie, Arizona, Utah et Nevada.
A Keys View, le panorama est à couper le souffle! Devant nous s'étalent la faille de San Andreas, les monts San Jacinto et San Gregorio ainsi que la Salton Sea. Nous sommes à 1580m d'altitude.
Le temps passe à une allure folle. Nous faisons donc l'impasse sur la randonnée pour le Barker Dam et nous rendons directement à Jumbo Rocks. Il est midi quand nous attaquons la randonnée pour Skull Rock. On aime bien marcher quand c'est la plus mauvaise heure de la journée... Je plaisante, je plaisante mais dans ces contrées le sujet est plus que sérieux : NE JAMAIS PARTIR EN RANDONNEE SANS 1 CHAPEAU ET UN MINIMUM DE 3L D'EAU PAR PERSONNE! De nombreux panneaux mettent en garde contre la déshydratation car chaque année des touristes décèdent à cause de cela.
Quoiqu'il en soit, le décor est sublime. J'adore les formes que peuvent prendre les rochers. On se demande comment certains cailloux sont arrivés jusque-là... Comme si un géant s'était amusé à les disposer de ci de là.
Il n'est pas nécessaire de faire la randonnée pour voir Skull Rock car il se trouve en bord de route mais elle en vaut vraiment la peine. On a même pu apercevoir un Geai des Pinèdes pendant cette petite promenade.
Il est déjà 13h. Il est temps de quitter Joshua Tree NP car nous avons encore une longue route devant nous pour rejoindre Kingman.
Il faut aussi trouver un endroit à l'ombre pour pique-niquer mais cela semble bien compliqué dans le coin. Nous trouverons notre bonheur à la sortie du parc. Ouf!
Nous nous remettons en route à 14h. Devant nous, l'immensité à perte de vue parsemée de quelques ocotillos. Pendant plus de 2h, nous allons rouler sur cette bande de bitume au milieu de nulle part. Bienvenue sur l'US62!
Ici, nous sommes loin du rêve américain, les maisons sont en piteux états. La vie n'est pas facile pour tout le monde.
Cette monotonie va être égayée par une extravagance dont seuls les américains ont le secret : la shoe fence (barrière de chaussures usagées) près de Rice. A l'origine, il y avait un tamaris à cet emplacement et, pour une raison inconnue, les voyageurs avaient pour habitude de laisser une vieille chaussure pendue à ses branches. En 2003, un incendie d'origine suspecte à entièrement brûlé l'arbre. Une barrière a alors été érigée et la tradition continue.
Vers 17h, nous approchons enfin d'Oatman. Nous voici sur la mythique Route 66!
Tout le monde connait la Route 66 mais quelques petites précisions s'imposent ;-)
La Route 66 était une route qui reliait Chicago à Santa Monica entre 1926 et 1985, soit 3670kms. Elle traversait donc 8 états (Illinois, Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Nouveau Mexique, Arizona, Californie) et 3 fuseaux horaires. Elle fut la 1ère route transcontinentale goudronnée des Etats-Unis d'où son surnom de Main Street of America ou The Mother Road. Des centaines de motels, de cafés, de stations-services, d'attractions touristiques et autres boutiques de souvenirs s'établissent alors le long de son tracé.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Route 66 devient un itinéraire privilégié pour l'acheminement de matériels et de troupes militaires, mais ce trafic incessant de matériels lourds lui laissera de graves séquelles.
Dans les années 1950, la démocratisation de l'automobile et des vacances draine des millions d'Américains sur la Route, friands des paysages qu'elle offre et des tout nouveaux Parcs Nationaux qu'elle dessert. Malheureusement, l'état de la Route, ainsi que son dimensionnement, ne sont plus adaptés au trafic qu'elle doit supporter. En 1956, les 1ères Interstates voient donc le jour et la Route 66 perd de son utilité. Peu à peu la Mother Road est oubliée, les panneaux sont progressivement retirés, les motels ferment, la Route n'est plus entretenue, par endroits, elle disparaît même, laissant derrière elle des villes presque inhabitées, des villes fantômes.
Mais...
Certaines personnes refusent de regarder mourir la Mother Road et, le 18 février 1987, Angel Delgadillo (le barbier de Seligman) crée la Arizona Route 66 Association, dans le but de sauvegarder ce monument qu'est devenue la Route 66 au fil des décennies. Quelques mois plus tard, l'état d'Arizona accorde au tronçon Seligman - Kingman la désignation officielle de Historic Route 66. Peu à peu, l'intégralité de l'itinéraire d'Arizona obtient la même dénomination. Les 7 autres états traversés emboitent le pas et créent eux aussi des associations similaires. La Route 66 renaît de ses cendres! Aujourd'hui le gouvernement a officiellement reconnu la légitimité de la sauvegarde de la Route, tant elle a joué un rôle fondamental dans l'Histoire des Etats-Unis.
A l'entrée d'Oatman, nous sommes accueillis par des ânes sauvages qui viennent voir si, par hasard, on n'aurait pas un truc ou 2 à manger. Oatman est une ancienne ville minière qui connut son heure de gloire en 1902 lorsque de l'or fut découvert. Au plus fort de la ruée vers l'or, la ville comptait plus de 10 000 habitants. Entre 1904 et 1931, on y collecta l'équivalent de 36 millions de dollars d'or mais le filon s'épuisa et les prospecteurs quittèrent peu à peu la ville. Quelques années plus tard, l'ancienne piste de diligences qui traversait Oatman fut intégrée à la Route 66 et la ville reprit du service avant d'être de nouveau délaissée lors de la construction de l'Interstate. Aujourd'hui, avec le regain d'intérêt pour la Route 66, Oatman retrouve des couleurs et les touristes affluent de nouveau. Ce ne sont d'ailleurs pas les ânes, autrefois utilisés comme bêtes de somme dans les mines et abandonnés par les prospecteurs en 1942 lors de la fermeture de ces dernières, qui vont s'en plaindre ;-) Attention toutefois car ces ânes sont des animaux sauvages qui peuvent mordre ou ruer. Vous verrez aussi collé sur le front des ânons un STOP : il est interdit de leur donner à manger car c'est dangereux pour eux.
Oatman tient son nom d’une famille de colons mormons qui fut attaquée par des indiens (vraisemblablement des Tolkepays) en 1851. Olive, 14 ans, Mary, 7 ans et leur frère Lorenzo, 15 ans furent les seuls survivants du massacre. Lorenzo sera laissé pour mort mais Olive et Mary Oatman furent enlevées et utilisées comme esclaves. 1 an plus tard, un groupe d'Indiens Mohaves échange les 2 jeunes filles contre des chevaux, des couvertures et des vivres. La famille du chef de la tribu les prend sous son aile. Elles sont alors tatouées sur le menton et les bras selon l'usage tribal. En 1855, Mary ainsi que plusieurs membres de la tribu meurent de faim lors de la grande sécheresse. Olive sera libérée 5 ans après sa capture suite à la pression des autorités américaines. Des proches d'Olive affirmèrent qu'elle avait beaucoup souffert de la séparation avec les Mohaves car elle était mariée et 2 enfants étaient nés de cette union. Olive nia toute sa vie ces affirmations pourtant les tatouages sur le menton n'étaient fait qu'aux femmes mariées...
Oatman mise à fond sur la carte Western. On est comme propulsé au début du siècle dernier quand on se balade dans la rue principale qui n'est autre que la Route 66. Des duels avec colt et stetson sont même organisés en plein centre-ville mais nous n'avons pas eu la chance d'y assister. L'heure était déjà bien avancée quand nous sommes arrivés.
Construit à l'origine en 1902, l'Hôtel Durlin a été détruit , comme la plupart des bâtiments d'Oatman. Reconstruit en 1924, il est célèbre pour avoir accueilli dans la chambre n°15, Clark Gable et Carole Lombard pour leur nuit de noces, le 18 mars 1939, après leur mariage à Kingman. Autre attraction, les murs et le plafond de la salle de l'hôtel sont couverts de billets d'un dollar qui sont datés et signés, une pratique qui a commencé avec les mineurs qui cherchaient leur billet d'un dollar sur le mur quand ils étaient à court d'argent pour payer leurs boissons. C'est aujourd'hui un petit musée mais malheureusement il était fermé quand nous sommes passés.
Le soleil commence à décliner, nous nous remettons en route. Il nous reste encore quelques kilomètres à parcourir sur la 66 avant d'arriver à Kingman. Nous empruntons la Sitgreaves Pass. Ce col, qui culmine à 1100m d'altitude, était redouté des automobilistes des débuts de la Route 66. Ils étaient contraints d'engager des chevaux pour tracter leurs voitures ou payer des locaux pour conduire leur Ford T en marche arrière afin que l'essence atteigne le carburateur sur ce tronçon particulièrement escarpé. Ca devait valoir le coup d'oeil quand même.
Pour l'heure, rien de tout ça sur notre route, juste quelques ânes au détour d'un virage et un panorama fantastique.
Un peu plus bas, dans la plaine, les ânes laissent la place aux vaches sur le bord de la route.
Nous arrivons à la nuit tombée à Kingman. La fatigue pèse un peu ce soir mais c'est sans compter sur le propriétaire d'El Trovatore Motel qui n'a pas l'intention de nous donner notre clé de chambre sans nous avoir conté l'histoire de Kingman auparavant. Pendant près de 30mn, nous l'écoutons nous raconter sa ville, ses anecdotes et nous distiller quelques bons conseils pour manger dans le coin.
Nous somme séduits par notre chambre. C'est super mignon et le lit est un pur bonheur! Allez, ce n'est pas le moment de s'endormir, une belle pièce de viande nous attend au Dambar Steakhouse juste au-dessus du motel. Miam!
J3 : Lundi 14 Septembre 2015
La nuit fut bonne tout comme le steak de la veille ;-)
Ce matin, nous découvrons notre motel et sa décoration extérieure à la lumière du jour. C'est très réussi : sur le mur, une fresque géante représente la Route 66 et sous l'enseigne du motel une vieille voiture. J'adore!
Après ce petit déjeuner pantagruélique à base de pancakes, d'omelette et de bacon, nous avons du mal à nous extirper de notre banquette rose. Nous attendons que l'averse passe avant de sortir. Il ne doit pas pleuvoir souvent dans ces contrées désertiques mais quand ça tombe, ça fait pas rire!
Nous faisons donc un petit tour de Kingman en voiture. Pour notre plus grand plaisir, la ville est décorée de gigantesques fresques à l'effigie de la Route 66. Nous découvrons aussi à quel point Kingman vénère Andy Devine, l'acteur américain de western. La rue principale de Kingman porte même son nom. Andy Devine est né à Flagstaff mais sa famille vient s'installer à Kingman en 1906 alors qu'il a à peine 1 an. Son père devient le propriétaire de l'Hôtel Beale, 1er hôtel de Kingman. Il accueilli dans un 1er temps les voyageurs de la ligne de chemin de fer Santa Fe avant d'héberger les automobilistes de la Route 66. Aujourd'hui, c'est un bâtiment complètement abandonné.
Le ciel se dégage en même temps que nous quittons Kingman. Dernier petit tour en voiture pour essayer de trouver ces fameux tunnels mais sans succès. Il semble que Kingman ne soit pas très fière de ce passé peu glorieux. On se rabat donc sur un garage qui retape de vieilles voitures américaines, le Dunton Motors.
Il est clair que Kingman joue à fond la carte nostalgie de la Route 66 avec ses fresques, ses vieilles voitures et ses enseignes mais n'est-ce pas ce que l'on vient chercher quand on parcoure la Mother Road? Bien sûr que si! On veut du cliché et franchement on en redemande ;-)
Nous ne reprenons pas tout de suite l'itinéraire de la Route 66 car nous voulons aller voir Chloride Ghost Town qui se trouve à une trentaine de kilomètres au nord de Kingman.
Chloride a vu le jour dans les années 1860 suite à la découverte de plusieurs filons d'or, de cuivre, de zinc et d'argent. Elle doit son nom au chlorure extrait de ses mines. Comme à peu près partout dans la région, la plupart des mines ont fermé en 1944. La population est passée de plus de 2000 personnes dans les années 1920 à seulement 250 personnes aujourd'hui.
Je ne vous cache pas notre déception en arrivant à Chloride. Elle n'a de Ghost Town que le nom. En fait, il s'agit d'une bourgade un peu à l'abandon qui essaye tant bien que mal de renaître grâce au tourisme. C'est tout le mal qu'on lui souhaite en tout cas mais il reste encore un peu de boulot.
En tournant dans les rues en terre de la ville, nous sommes intrigués par un panneau qui indique "Murals". Nous le suivons. De panneaux en panneaux, nous nous retrouvons à emprunter une piste qui grimpe dans la montagne. Son état laisse à désirer et nous hésitons à poursuivre avec notre Hyundai. Comme d'habitude la curiosité est plus forte que la raison ;-)
Nous allons être récompensés de notre pugnacité. A quelques 2kms de Chloride, nous voilà face à un site surprenant : les Murals de Roy Purcell. En 1966, Roy Purcell, alors étudiant aux Beaux-Arts de l'université de l'Utah, décide de prendre une année sabbatique et de venir à Chloride pour travailler dans les mines. Au cours de son séjour, il réalise "The Journey", une fresque de 600m² peinte sur les rochers dans la pure tradition du modernisme abstrait. Sa carrière était lancée. En 2006, il reviendra avec d'autres artistes pour restaurer son œuvre et lui redonner ses couleurs d'origine. Totalement surréaliste et psychédélique en plein désert mais franchement j'adore!
Il est temps de revenir sur nos pas et de retrouver la Route 66, fil conducteur de notre 1ère partie de voyage.
A peine sortis de Kingman, nous sommes attirés par une masse brillante à l'horizon. Mon oeil aguerri, reconnait instantanément des avions. Il y en a des centaines, peut-être même des milliers alignés en plein désert. Ils sont triés par compagnie aérienne et par type d'avion.
Nous sommes face à un cimetière d'avions gigantesque. Ici sont stockés tous les aéronefs mis au rebut après des années de service ou juste faute de budget. Ils servent souvent de stock pour pièces détachées avant d'être transformés en ferraille. La sécheresse du climat ainsi que les protections apposées sur les moteurs, roues et hublots réduisent considérablement la corrosion et prolongent la durée de stockage.
Les compagnies aériennes américaines telles que Delta, American Airlines, Continental et United mais aussi DHL, Spanair et bien d'autres encore viennent entreposer leurs avions ici.
A l'origine, il s'agissait d'une base militaire créée lors de la Seconde Guerre Mondiale. C'était même l'une des plus importantes du pays, Plus de 35000 soldats furent formés ici. A la fin de la guerre, la base de Kingman fut choisie pour héberger le surplus d'avions militaires. On estime qu'un total d'environ 5.500 avions ont été transportés à Kingman en 1945 et 1946 pour être soit mis à la vente soit détruits.
Cette petite halte m'a un peu miné le moral. Heureusement, quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Hackberry et sa fameuse station-service.
Hackberry était à l'origine une ville minière mais suite à l'appauvrissement des filons et aux luttes intrinsèques entre les propriétaires de la mine, elle a fermé en 1919. Rapidement, Hackberry devient une ville fantôme. Avec l'arrivée de la Route 66, elle reprend vie mais cette renaissance sera de courte durée. La dernière station-service "The Northside Grocery" ferme en 1978. Hackberry redevient une ville fantôme. En 1992, Bob Waldmire rachète le site et ouvre le Hackberry General Store que l'on connait aujourd'hui avec son emblématique Corvette rouge de 1957 garée juste devant l'entrée du magasin.
Une sorte de musée de la Route 66.
Nous poursuivons la route et traversons des villes au nom évocateur comme Valentine, Truxton ou encore Peach Springs. Toutes ces villes au passé glorieux ne sont plus que désolation. Quelle tristesse!
Pour la petite anecdote, Radiator Springs du film d'animation "Cars" est en réalité Peach Springs. Mais le parallèle ne s'arrête pas là. En fait, Cars dans son intégralité est un hommage à la Route 66. Une grande partie du dessin animé s'inspire des souvenirs d'Angel Delgadillo qui a accueilli des milliers de voyageurs à la grande époque du tracé mythique. Il a longuement raconté aux équipes de Pixar le choc qu'a provoqué la construction de l'Interstate et le déclassement de la 66 dans sa ville, Seligman, autrefois animée, les commerces ont fermé les uns après les autres, les habitants ont déserté...
Puisque l'on parle de Seligman, nous y voilà! Il est déjà 14h et nous avons une faim de loup! Ca tombe bien car c'est ici que se trouve le fameux Snow Cap Drive In, connu pour l'humour décalé de son propriétaire, Juan Delgadillo, le frère d'Angel Delgadillo, décédé en 2004. Les enfants de Juan et son épouse font depuis perdurer la tradition du "diner-spectacle" à la sauce Snow Cap autour de quelques-uns des meilleurs "red chiliburgers" et tacos du coin. Une véritable institution! Du coup, il y a du monde, beaucoup de monde.
Lors de la prise de commande je n'échapperai pas aux blagues "made in Delgadillo" ;-)
Après cette halte bénéfique pour nos estomacs, nous faisons un petit tour de Seligman. Pas de doute, ici Cars est à l'honneur! Nous sommes observés par toutes les vieilles voitures ;-)
Juste en face du Snow Cap Drive In se trouve le Barber Shop d'Angel Delgadillo. Nous entrons pour voir s'il est possible de faire tailler la barbe de Julien. Malheureusement, Angel Delgadillo n'exerce que le matin. On ne peut pas lui reprocher, à 85 ans, il ne devrait même de ne plus travailler. Au milieu de sa minuscule pièce, trône le vieux fauteuil en cuir sur lequel s'installent les clients du vieil homme. Aux murs, on trouve des photos souvenirs des célébrités passées entre les mains du barbier (Johnny Halliday, Dominique Chapatte...) mais aussi des cartes de visite des voyageurs venus du monde entier. Un vrai bric à brac! Une partie de l'échoppe a même été transformée en magasin de souvenirs.
Nous quittons Seligman avec regrets. Cette ville est attachante, très certainement grâce à l'énergie insufflée par les frères Delgadillo. Ils ont tout connu : la grandeur, la décadence et la renaissance de la Route 66. Ils sont l'âme de cette route.
Nous arrivons à Flagstaff en fin d'après-midi. C'est un peu le choc. Après 2 jours passés un peu loin du monde et de l'agitation, Flagstaff nous fait l'effet d'une gifle. Porte d'entrée pour le Grand Canyon, Petrified Forest et autres, Flagstaff est un point de chute stratégique pour des milliers de touristes. Et ça, l'agoraphobe que je suis, n'aime pas.
Nous tournons un grand moment dans les rues du centre-ville à la recherche d'une place de stationnement. Après avoir réussi à garer notre carrosse, nous partons à la découverte des rues à pieds. Les magasins d'arts et autres galeries se disputent le pavé avec les nombreux restaurants et bars à musique. Evidemment, les prix affichés sont à la hauteur du taux de fréquentation de la ville, c'est à dire élevés!
Il règne ici une atmosphère très "bobo-chic" contraste avec les villes de l'ancienne Route 66 !
Nous regagnons notre motel, le Super 8, situé en périphérie de la ville, un peu déçus par notre visite. Ce soir, ça sera "pique-nique moquette" dans notre chambre.
J4 : Mardi 15 Septembre 2015
Nous avons très bien dormi et sommes prêts à affronter une nouvelle journée pleine de découvertes.
Nous prenons le petit déjeuner, inclus dans le prix de notre chambre, dans le hall de l'hôtel au milieu d'un groupe du 3ème âge. Il a concours de prothèses de la hanche au buffet. ;-)
A défaut d'être bon, ce petit déjeuner aura le mérite de nous caler. Route 66, nous revoilà !
Et ça commence fort avec le Twin Arrows Trading Post. Construit en 1937, il s'appelait à l'origine le Padre Canyon Trading Post avant d'être racheté en 1955 par la famille Troxell. C'est elle qui en fera une icône de la Route 66 grâce à une idée géniale : transformer 2 poteaux de téléphone en flèches géantes. Au fil des années sont venus se greffer un magasin de souvenirs et un Valentine Diner.
Aujourd'hui, le site abandonné a malheureusement été vandalisé mais les flèches, restaurées en 2014, pointent toujours fièrement.
Mais au fait, c'est quoi un Valentine Diner? Il s'agit de l'ancêtre du Diner que nous connaissons aujourd'hui. A l'époque, c'était une idée révolutionnaire : construire des restaurants préfabriqués facilement transportables par camion ou par voie ferrée et bon marché. A l'intérieur, une dizaine de tabourets sont installés autour d'un comptoir derrière lequel se trouve le cuisinier. C'est Arthur Valentine qui les commercialisera en 1938. Ce fut un tel succès que des centaines de Valentine Diners furent expédiés dans tout le pays, en particulier dans les petites bourgades, où il était souvent le seul restaurant du coin. Vous en avez forcément croisé un dans l'un de vos voyages aux USA.
Nous reprenons l'Interstate 40 et son flot de camions en direction de l'Est. On est toujours aussi fan de ces gros engins. Ils sont magnifiques ici.
Arrivés à Winslow, nous tombons tout de suite amoureux de cette petite ville. Il flotte comme une douceur de vivre ici. Et manifestement, nous ne sommes pas les seuls à avoir été conquis par cette charmante ville puisqu'elle a inspiré une des chansons emblématiques du groupe The Eagles, "Take it Easy" en 1972. Les paroles écrites par Jackson Browne et Glenn Frey, parlent de Winslow, Arizona. Voici la traduction du couplet concerné :
"Eh bien, je me trouve à un carrefour
A Winslow, Arizona
Avec un superbe point de vue
C’est une fille, mon Dieu, en Pickup Ford,
Qui ralentit pour me jeter un coup d’œil"
Moi, aussi j'ai attendu au carrefour à Winslow Arizona et c'est mon mari au volant de sa Hyundai de location qui s'est arrêté ;-)
Dans cette ville, même les bâtiments abandonnés ont un petit côté romantique je trouve.
Oeuvre de Peter Wolf Toth réalisée en 1979 dans le tronc d'un pin ponderosa en hommage à la maltraitance des amérindiens par les 1ers colons
Nous serions bien restés un peu plus longtemps à Winslow mais le planning du jour est chargé alors il faut se remettre en route sans trop tarder. Surtout que notre prochain stop n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres d'ici. Il s'agit de Holbrook et son emblématique motel : le Wig Wam Motel. Il dresse ses tipis en béton sur le tracé de la Route 66 depuis 1940. Ce Wig Wam faisait alors partie d'une chaîne de 7 établissements hôteliers identiques qui se dispersaient le long de la 66 entre les années 1930 et les années 1950. Aujourd'hui, seuls 2 d'entre eux demeurent intacts et ouverts (le deuxième se situe en Californie). Celui d'Holbrook est tenu par la même famille depuis les années 1950.
Vous ne trouvez pas qu'il y a comme une ressemblance avec le Crazy Cones Motel de Cars?
Normal! Le motel tenu par Sally est en fait inspiré de cet hôtel, sauf que dans le film d'animation, les tipis sont remplacés par des cônes d'autoroutes géants.
Vous vous rappelez aussi des tracteurs, victimes des farces de Martin et Flash, que l'on voit envahir les rues de Radiator Springs? Eh bien, il s'agit en fait des ânes d'Oatman! Rigolo, non? Quand je vous disais que Cars était bourré de références à la Route 66!
Holbrook n'est pas seulement célèbre pour son tipi-motel mais aussi pour ses dinosaures puisque de nombreux squelettes ont été retrouvés d. La plus grosse concentration de faux dinosaures se situe devant la boutique Rainbow Rock Shop. Son propriétaire, Adam Luna aurait mis 20 ans pour construire ses 7 dinosaures en ciment. Ils sont fous ces Ricains! ;-)
Nous n'avons malheureusement pas le temps d'errer dans les rues d'Holbrook. Dommage car cette ville semble assez sympa.
Nous prenons la bifurcation pour rejoindre l'entrée Sud de Petrified Forest NP et passons au-dessus de la Little Colorado River.
Il est midi quand nous franchissons l'entrée du parc. Les quelques spécimens de troncs pétrifiés avec les collines colorées en arrière-plan nous décidons de pique-niquer sur l'aire ombragée du Visitor Center. L'expérience de ces derniers jours nous fait dire qu'il ne faut jamais rater une zone ombragée car c'est un bien rare dans ces contrées ;-) Par contre, il y a un vent de fou!!! Ca rend la température supportable.
Les milliers de troncs fossilisés du parc datent du Trias, soit environ 200 millions d'années. La région était alors occupée par un fleuve au bord duquel poussaient des arbres géants. Après leur mort, ils tombèrent et furent enfouis sous des sédiments riches en silice, ce qui favorisa la conservation de leur structure. La silice remplaça progressivement la matière végétale et fossilisa les troncs. Peu à peu la région s'enfonça et fut ensevelie sous plusieurs strates de sédiments. Son soulèvement et l'érosion de ces dernières permit la mise au jour des arbres pétrifiés.
Ce phénomène de la nature fut découvert par l'homme en 1851 mais resta secret jusqu'à l'arrivée du chemin de fer et des pionniers vers la fin du XIXème siècle. Chasseurs de souvenirs, fabricants de bijoux et collectionneurs se mirent alors à saccager le site, à grand renfort de dynamite, pour en extraire les améthystes et les cristaux de quartz que renfermaient les centaines de milliers de troncs fossilisés.
Les autorités prirent conscience de l'urgence de protéger un tel lieu.
Nous poursuivons notre promenade digestive avec Long Logs et Agate House. Ces 2 randonnées partent du même endroit, à droite après le pont du Jim Camp Wash. La boucle fait un peu plus de 3km et serpentent au milieu d'une des plus grandes concentrations de bois pétrifié du parc.
En chemin, nous apercevons une femelle Collared Lizard, reconnaissable à son collier noir autour du cou.
Les ancêtres des Pueblos utilisaient le bois pétrifié pour faire des outils mais aussi comme matériau de construction comme le prouve la Agate House. Selon les archéologues, cette maison de 8 pièces avec l'entrée par le toit aurait été habitée entre 1050 et 1300.
Nous reprenons la voiture pour nous rendre un point de départ de la prochaine boucle : Crystal Forest. Là encore de magnifiques spécimens d'arbres fossilisés jalonnent le sentier de 1.2km.
Le prochain arrêt, Jasper Forest, est un point de vue fantastique sur les reliefs colorés.
Nous reprenons la route et les panoramas qu'elle nous offre sont tous plus beaux les uns que les autres! Et dire que nous hésitions à faire ce parc.... On serait passé à côté d'une sacrée merveille de la nature!
Nous terminons la visite de Petrified Forest NP par la randonnée dans Blue Mesa. Le soleil commence déjà à décliner sublimant ce paysage de Badlands. On descend par un petit sentier goudronné dans une vallée ceinte de formations géologiques sublimes. La Blue Mesa se compose d'épais dépôts de marnes gris, bleu, violet et vert, formés il y a environ 220 millions d'années.
Cette petite randonnée de 2km aller-retour est pour moi la plus belle de toute. Je suis tombée amoureuse de l'endroit.
Pour les moins sportifs, il existe un point de vue aménagé sur Blue Mesa tout aussi spectaculaire.
Sur la route, nous croisons une autre formation géologique de toute beauté : les Teepees. Décidément, ce parc c'est un festival de merveilles!
Notre tout dernier arrêt du parc sera à Newspaper Rock pour observer les quelques 650 pétroglyphes représentant la vie des habitants de Puerco Pueblo il y a 600 à 800 ans. Malheureusement nous sommes en plein contre-jour à cette heure-ci et le rendu photographique n'est pas fantastique.
Nous sommes accompagnés jusqu'au croisement avec l'Interstate 40 par ce paysage de Badlands incroyable.
En passant sous l'Interstate 40, nous quittons Petrified Forest pour entre dans Painted Desert. Le paysage change radicalement.
Un panneau nous indique que la Route 66 passait par là. On la distingue grâce à la ligne de poteaux téléphoniques encore debout car la route elle-même a totalement disparue sous la végétation.
Nous parcourons Painted Desert à vitesse grand V car le soleil est en train de se coucher. Nous nous contentons donc des points de vue aménagés sur le bord de la route. C'est sublime mais totalement frustrant de n'avoir que quelques minutes pour profiter de toutes ces beautés.
Il nous reste un peu plus de 100km à parcourir avant d'arriver à Gallup, notre night-stop du jour. Nous laissons donc l'Arizona pour le Nouveau Mexique, une première pour nous. Par contre en changeant d'Etat, on change de fuseau horaire. Nous avançons donc nos montres d'une heure et arrivons à Gallup en pleine nuit.
Après une journée aussi fantastique, la découverte de notre chambre miteuse du Motel 6 de Gallup nous fait l'effet d'une douche froide. Je crois que c'est notre pire chambre de touristes aux USA! Et le WIFI est en supplément, non mais je rêve! Bon allez, il est déjà 21h, demain nous levons le camp à 7h alors ce n'est qu'un mauvais moment à passer... Pour fêter notre arrivée au Nouveau-Mexique, on se paye un Taco Bell (fast food spécialisé dans les tacos, burritos et autres spécialités mexicaines).
Demain est un autre jour...
J5 : Mercredi 16 Septembre 2015
Ce ne fut pas la nuit la plus agréable de ma vie mais une nouvelle journée commence. Et pour partir du bon pied, nous allons nous offrir un petit déjeuner à l'hôtel El Rancho.
El Rancho est plus qu'un simple hôtel, c'est un monument historique! Dès les années 1930, la production effrénée des studios de Hollywood avait épuisé les paysages des environs de Los Angeles. Afin d'offrir aux spectateurs de nouveaux décors pour les westerns et autres films d'aventures, ils durent chercher plus loin : les Alabama Hills, Monument Valley, Kanab, Moab et les paysages spectaculaires de l'Utah. Au Nouveau-Mexique, Gallup facile d'accès car desservie par le train et la Route 66 vient s'ajouter à la liste des nouveaux eldorados du cinéma. Fondé par le frère de DW Griffith, célèbre réalisateur de Hollywood, pour abriter les acteurs venus tourner en décors naturels, El Rancho ouvrit ses portes à la fin de 1937. Au casting de l'hôtel quelques acteurs plus que célèbres : John Wayne, Ronald Reagan, Errol Flynn, Burt Lancaster, Katharine Hepburn, Andy Devine... Pendant plus de vingt ans, El Rancho a hébergé tout ce que les studios hollywoodiens comptaient de gens importants.
Et c'est vrai qu'il est beau cet hôtel!
Avant de quitter Gallup, il faut quand même que je vous dise que cette ville a été créée en 1880 à l'endroit où les ouvriers qui construisaient la ligne de chemin de fer venaient chercher leur paie chez un certain David L. Gallup, d'où son nom. Comme quoi la postérité ne tient pas à grand chose parfois ;-)
Allez en route! Direction Santa Fe!
Notre itinéraire du jour nous emmène encore une fois sur les traces de la Route 66 avec le Rio Puerco Bridge, construit en 1933.
En approchant d'Albuquerque, l'Interstate 40 s'élargit, le trafic s'intensifie. On comprend vite qu'on arrive dans la plus grosse ville du Nouveau-Mexique. Nous mettons tout de suite le cap sur la vieille ville.
Fondée en 1706 comme poste colonial espagnol, Albuquerque était alors une communauté fermière et formait un complexe militaire stratégique le long du Camino Real de Tierra Adentro.
Je fais une petite parenthèse sur le Camino Real aussi appelé le Camino de la Plata (Le Chemin de l'Argent). Entre le XVIème et le XIXème siècle, cette route reliait Mexico à Santa Fe, soit 2560kms. Elle servait à transporter l'argent et autres minerais extraits des mines qui jalonnaient son tracé. Ca fait encore une belle idée de road trip à organiser ;-)
Nous faisons le tour de la Plaza et de ses boutiques. C'est mignon et paisible comme endroit. Par contre, les prix sont élevés. Bienvenue à la ville!
Des piments pendent un peu partout autour de la Plaza, on se croirait au Pays Basque ;-)
Il est temps de nous remettre en route. Nous quittons la mégapole en direction des montagnes pour rejoindre Santa Fe.
Heureusement, la dernière partie de journée dépassera toutes nos espérances. Nous allons visiter le Kasha Katuwe Tent Rocks National Monument (5$ par voiture, hors America the Beautiful). Ce parc créé en 2001 est une pure merveille géologique. Kasha Katuwe, en indien Keresan, signifie "les falaises blanches". Les Tent Rocks, formations géologiques en forme de cônes, sont le résultat d'une succession d'éruptions volcaniques il y a 6 à 7 millions d'années. Ces éruptions laissèrent une épaisseur de 300 m de débris, de cendre et de lave. L’érosion causée par le vent et les précipitations fit le reste. Les Tent Rocks peuvent atteindre 27m de haut.
Dès l'entrée du parc, les Kasha Katuwe se dessinent à l'horizon. Nous nous garons au parking du Slot Canyon Trail. Combinée au Cave Loop Trail, cette randonnée fait une boucle de presque 4kms. On chausse les baskets et les chapeaux et à nous les Tent Rocks!
Le soleil cogne fort. Il semblerait que la chaleur soit le dénominateur commun de ces vacances... Moi qui pensais que fin septembre ça serait supportable.... Raté!
Heureusement, nous arrivons vite au Slot Canyon (canyon étroit) pour savourer de l'ombre et de la fraîcheur qu'il nous procure. Pour être étroit, il est étroit! Sur certains passages, je frotte même de chaque côté des parois. C'est très impressionnant!
Au détour d'un virage, je tombe nez à nez avec un lézard à tête de dragon. Il ne semble absolument pas effrayé par ma présence. Je me demande d'ailleurs bien ce qu'il fait ici car j'ai des doutes que le soleil arrive à pénétrer dans ce canyon.... Peut-être fait-il lui aussi du tourisme ;-) Par contre, malgré mes recherches, je n'ai pas réussi à trouver le nom de ce lézard.
A la sortie du canyon, nous débouchons sur les fameuses Tent Rocks. C'est juste sublime!
Il existe plusieurs mots pour désigner les Tent Rocks (en France on appelle cela "cheminée de fée") mais le plus communément employé aux Etats-Unis est hoodoos. Ils sont généralement constitués de roche relativement tendre surmontés pierre plus dure qui s'érode moins facilement et protège ainsi chaque colonne d'éléments. Ils se forment généralement dans les roches sédimentaires ou volcaniques.
La plus grosse concentration au monde de hoodoos se trouve à Bryce Canyon.
De là haut, on peut admirer les différentes strates qui composent le plateau : des dégradés de pastels de toute beauté. On dirait presque de la dentelle.
De l'autre côté, c'est un panorama sur la vallée du Rio Grande qui s'offre à nous. Ca valait vraiment la peine de transpirer un peu pour monter ;-)
En redescendant à 16h30, nous croisons, un Ranger qui monte chercher les derniers touristes. Il serait trop dangereux de faire la descente de nuit alors chaque jour, un Ranger monte s'assurer que tous les touristes sont descendus à temps. Quel métier!
Nous avons encore un peu de temps devant nous alors nous en profitons pour faire la 2ème partie de la boucle : le Cave Loop Trail.
Nous arrivons rapidement à la grotte. Elle aurait été creusée par l'homme il y a plus de 4000 ans. Les traces noires au plafond indiquent que les habitants de la grotte faisaient du feu régulièrement.
Nous avions prévu d'aller jeter un oeil au Veterans' Memorial pour finir mais la route qui y mène a été fermée par les Rangers. Il est trop tard! Dommage, ça sera pour une autre fois ;-)
Nous quittons néanmoins le parc ravis de notre découverte.
Sur le chemin du retour, nous traversons les terres du Cochiti Pueblo, une des tribus amérindiennes des Etats-Unis. Le panorama est de toute beauté.
Nous arrivons à Santa Fe juste au coucher du soleil.
Nous prenons nos quartiers au Silver Saddle Motel, un joli petit hôtel à l'entrée de la ville.
Ce soir, nous allons manger au Cowgirl BBQ de Santa Fe. Au menu : tacos gargantuesques et chili con carne! Iha!
On devrait bien dormir ;-)
J6 : Jeudi 17 Septembre 2015
Après une bonne nuit et un bon petit déjeuner, nous partons visiter Santa Fe et son centre-ville historique.
Dans la ruelle De Vargas Street, juste à côté de la Mission San Miguel, se trouve la plus vieille maison du pays. Construite en torchis en 1646, elle fut temporairement le résidence du Gouverneur Espagnol, en 1709.
Un peu plus loin, sur Old Santa Fe Trail, nous entrons dans la Loretto Chapel (entrée 3$ par personne).
En 1872, l'archevêque Jean Baptiste Lamy (le même qui fit édifier la Cathédrale Saint François d'Assise) commanda la construction de la Chapelle. Juste avant la fin des travaux, on se rendit compte qu'aucun escalier n'avait été prévu pour monter au triforium. La légende raconte alors que les soeurs Loretto se seraient mises à prier Saint Joseph, patron des charpentiers, pour qu'il leur vienne en aide. 9 jours plus tard, un homme accompagné d'un âne et d'une boîte à outils apparu aux portes de la chapelle. En 3 mois l'escalier en colimaçon de 33 marches (comme l'âge du Christ à sa mort) fut construit et le charpentier disparut sans demander sa solde. Malgré les recherches des soeurs, le charpentier ne fut jamais retrouvé et son nom resta un mystère. Les soeurs conclurent que c'était Saint Joseph lui-même qui leur était venu en aide. L'autre miracle c'est que cet escalier, conçu sans clous ni pilier, tient depuis toutes ces années.
De nombreux chercheurs se sont depuis penchés sur ce mystère et il semblerait que le charpentier était un dénommé François-Jean Rochas, un Français âgé de 27 ans lors de la construction de l'escalier.
Nous poursuivons notre visite jusqu'à la Cathédrale Saint François d'Assise. Contrairement à la majorité des édifices religieux de la région, cette Cathédrale n'est pas construite en adobe puisque son concepteur, l'Archevêque Jean-Baptiste Lamy, souhaitait qu'elle ressemble aux grandes cathédrales d'Europe.
Devant la Cathédrale trône la statue de Kateri Tekakwitha. Cette jeune Indienne convertie au christianisme en 1676 sera béatifiée par Jean-Paul II en 1980 avant d'être canonisée en 2012 par Benoît XVI. Elle devient ainsi la toute première autochtone d'Amérique du Nord à être canonisée.
Juste en face de la Cathédrale, se trouve l'American Indian Art Museum décoré à l'occasion d'une exposition temporaire. Nous ne sommes pas rentrés.
Bon, je ne vous cache pas que même si Santa Fe est une très jolie ville, je n'ai pas accroché. A trop vouloir en faire, cette ville fait chiqué, un peu comme si on se baladait à Walt Disney. Il n'y a que des boutiques, des galeries, des musées, des restaurants et des hôtels. Mais où sont donc les habitants de cette ville???
Nous avons donc écourté notre visite et repris la route pour retrouver les paysages de l'Ouest que nous affectionnons tant. Direction le Lac artificiel d'Abiquiu via l'US84E.
Sur la route, nous faisons un bref stop au Camel Rock, une formation géologique qui ressemble étrangement à un dromadaire couché. Rien d'extraordinaire mais c'était sur notre chemin alors...
Arrivés à Abiquiu Lake, nous allons faire un tour au Visitor Center pour prendre quelques renseignements sur les choses à voir ou à faire dans les environs. Le gars qui nous renseigne a failli s'étouffer quand on lui a répondu que nous étions Français... manifestement le Français est une denrée rare dans le coin! lol
Nous profitons du panorama qu'offre le Visitor Center avant de repartir.
Nous poursuivons quelques kilomètres au Nord du lac d'Abiquiu afin d'aller voir une curiosité géologique qui nous a attiré l'oeil sur les prospectus : l'Echo Amphitheater.
La route qui nous y conduit est de toute beauté avec ses roches aux couleurs rouges, jaunes, violettes... De quoi nous redonner le sourire instantanément ;-)
En repartant, nous avons voulu aller voir le Ghost Ranch mais il y avait un tournage en cours. Nous n'avons donc pas pu faire de photos ni nous promener dans le ranch car le service d'ordre du film ne plaisantait pas. Nous avons entraperçu des cowboys et des indiens au milieu de toute cette agitation. Serait-ce un western? ;-)
En début d'après-midi, nous quittons les environs d'Abiquiu et revenons sur nos pas pour prendre la bifurcartion avec l'US76 à Espanola.
Nous arrivons à Chimayo peu avant 16h. Chimayo est en quelque sorte le "Lourdes américain" car de nombreuses guérisons ou miracles lui seraient associés. Son sanctuaire accueille, par conséquent, chaque année plus de 300 000 visiteurs.
La légende raconte que, vers 1810, un moine qui faisait pénitence aurait vu un rayon de lumière toucher une colline. Il monta trouver l'impact de lumière et creusa. Il trouva un crucifix. Ce dernier fut rapidement surnommé le crucifix de Notre Seigneur d'Esquipulas. Un prête amena alors le crucifix à Santa Cruz mais par 3 fois celui-ci disparu avant de réapparaître un peu plus tard dans son trou sur la colline. Il en fut déduit que El Senor de Esquipulas voulait rester à Chimayo. Une chapelle fut donc construite sur le site. Suite à cela les guérisons miraculeuses commencèrent. Elles furent si nombreuses que la chapelle a dû être remplacée par un édifice plus grand en 1816 : le sanctuaire de Chimayo. Le crucifix réside toujours sur l'autel de la chapelle mais pour une raison indéterminée ses pouvoirs curatifs ont été éclipsés par El Posito (la fosse de sable sacré) dont il est issu. La salle de prière, située juste à côté de la fosse, est remplie de béquilles abandonnées et autres objets effrayants faits à la main qui ressemblent plus à du vaudou qu'à des reliques catholiques.
Puisque nous sommes venus jusqu'ici autant aller mettre un cierge. Je choisis celui à l'effigie de Kateri Tekakwitha, la sainte indienne.
D'autres lieux de prières ont été construits tout autour du sanctuaire comme la Chapelle de Santa Nino de Atocha, en dévotion à l'enfant Jésus. Malheureusement elle ferme ses portes à 16h, nous n'aurons donc pas la possibilité de la visiter.
Juste à côté, un petit sanctuaire dédié à la famille est rempli de chaussures de bébés et de photos de gens reconnaissants. C'est très impressionnant!
Nous poursuivons notre route sur l'ancienne High Road (US76) jusqu'à Las Trampas. Son église, San Jose de Gracia, construite en adobe en 1780, est considérée comme l'un des exemples les mieux conservés de l'architecture coloniales des missions espagnoles.
Encore une fois ses portes étaient fermées (ouverte seulement les vendredis et samedis), nous n'avons donc pas pu rentrer admirer les peintures qui ornent le plancher en bois de l'église.
Nous arrivons à Taos à la nuit tombée, comme souvent ces derniers jours. Notre planning est définitivement chargé. Nous allons un peu galérer pour trouver notre hôtel car il a changé de nom entre le moment où j'ai fait la résa et notre arrivée... Heureusement que nous avons le GPS quand même, ça aide! Nous passons donc la nuit au Camino Lodge... espérons qu'ils changeront d'autres choses que le nom...
Ce soir, nous ferons encore pique-nique moquette dans la chambre, c'est le plus économique que nous ayons trouvé ;-)
J7 : Vendredi 18 Septembre 2015
Comme chaque matin, nous sommes levés tôt. Le temps d'avaler un petit-déjeuner à l'hôtel et de charger les valises dans la voiture, nous revoilà sur la route. Ce matin, le fond de l'air est frais : le thermomètre frôle les 0°. On ne dirait pas comme ça mais Taos, tout comme Santa Fe, se trouve à plus de 2000m d'altitude. On laisse donc les tongs de côté pour le moment ;-)
Nous faisons un bref passage dans Taos. Il n'est même pas 8h du matin, les rues sont désertes.
Nous filons directement à Taos Pueblo. Nous avons suivi les conseils du Routard et sommes les 1ers arrivés au site. Une fois nos 16$ par personne acquittés, nous entrons dans Taos Pueblo.
En langue tiwa, Taos signifie le "lieu du saule rouge", en raison des arbres qui poussent le long de la rivière.
Taos Pueblo est un ensemble d'habitations et de centres cérémoniels en adobe représentatif de la culture des Indiens Pueblo de l'Arizona et du Nouveau-Mexique. Les 1ers occupants du continent américain s'installèrent ici 300 ans avant que les conquistadores espagnols n'arrivent à Taos en 1540. Ils construisirent d'impressionnants villages, les "pueblos", faits de maisons en adobe de plusieurs étages. Originellement les maisons n'avaient ni portes ni fenêtres. On y accédait alors par le toit via une échelle qui pouvait être retirée en cas d'attaque. Les maisons sont construites en briques de boue obtenues avec un mélange de terre, d'eau et de paille, et recouvertes périodiquement par des couches de boue fraîche à l'intérieur comme à l'extérieur. D'ailleurs, ce matin des ouvriers s'affairent à restaurer quelques murs dans la plus pure tradition. Ils ont un sacré coup de main!
Taos Pueblo est occupé et entretenu de générations en générations depuis 800 ans mais comme le pueblo interdit l'installation de l'eau courante et de l'électricité, seulement 150 personnes sur les 1900 que compte la communauté vivent ici toute l'année. Les autres ont des maisons modernes dans les environs.
Au milieu du village coule la Red Willow Creek, qui provient d’une source sacrée appelée Blue Lake, dans les Sangre de Cristo Mountains. Cette rivière partage le village en deux grandes structures, le North Side (rive nord) et le South Side (rive sud), qui se relaient tous les 6 mois pour administrer la communauté.
Le village a su conserver quelques traditions ancestrales. Parmi elles, les fours en terre, appelés hornos, servent encore à cuire le pain. Pour se faire, on allume alors un feu afin de chauffer les parois, puis on retire les cendres avant d'enfourner le pain et de fermer la porte. Un peu l'ancêtre de notre four à pizza en quelque sorte ;-)
L'immense séchoir qui s'étend au centre de Taos Pueblo permet, quant à lui, de faire sécher au soleil les récoltes de maïs, les tissus teints et les peaux d'animaux.
La vie du Peuple Taos n'a pas toujours été un long fleuve tranquille... En 1847, il se rebelle contre les nouveaux envahisseurs que sont les américains et tue leur gouverneur fraîchement nommé, Charles Bent. La riposte américaine fut rapide et sanglante : 150 indiens sont tués, l'église San Geronimo est détruite et 16 autres indiens seront pendus sur le clocher en ruine de l'église.
Trois ans après ce tragique épisode, la "nouvelle" église San Geronimo est construite à quelques mètres de l'ancienne.
L'artisanat tient une place importante dans la culture indienne. Dans le village vous trouverez de jolies boutiques vendant à un prix très raisonnable des bijoux en turquoise, des colliers faits avec des grains de maïs peints, de la poterie, des instruments de musique ou encore des couvertures.
Sachez aussi que leur langue (le tiwa), leurs traditions et leurs rites sacrés n'ont jamais été consignés par écrit. Ils sont plutôt transmis oralement de génération en génération et demeurent secrets.
Quand nous quittons Taos Pueblo vers 10h30, des cars entiers commencent à déverser leurs flots de touristes, les ouvriers stoppent les travaux pour aujourd'hui, le soleil cogne. Nous avons été bien inspirés de venir tôt et ainsi pouvoir s'imprégner du lieu en toute quiétude.
La route qui nous attend jusqu'à Durango risque d'être longue car à part le Rio Grande Gorge Bridge, il n'y a pas grand-chose à voir. En tout cas, rien de répertorié sur notre planning ;-)
Peu à peu nous quittons la plaine interminable du Rio Grande. Devant nous, les contreforts du Nouveau-Mexique. Ca ressemble de plus en plus aux Colorado. La nature se pare de ses belles couleurs d'automne.
Nous croisons quelques ranchs aux entrées plus ou moins engageantes...
A midi, nous faisons notre pause pique-nique au bord du Hopewell Lake. Nous sommes au milieu des Tusas Mountains à 3000m d'altitude, il y a beaucoup de vent et malgré le soleil nous avons froid. Nous rentrons donc finir notre repas dans la voiture, au chaud. Et dire que nous souffrons de la chaleur depuis le début du séjour...
En repartant, nous croisons un animal qui nous est familier : une marmotte! Nous sommes bien à la montagne, pas de doutes ;-)
A Chama, nous nous arrêtons à la gare pour aller voir les vieilles locomotives à vapeur. Nous sommes au terminus Ouest de la ligne Cumbres & Toltec Scenic Railroad (http://cumbrestoltec.com/). De mai à octobre, vous pouvez, contre la modique somme de 150$ par personne, embarquer à bord de ces vieilles dames pour un voyage entre Chama et Antonito. Cette portion est en fait la partie restante de la ligne Denver & Rio Grande Railroad's San Juan Extension, construite dans les années 1880, entre Antonito et Durango. La ligne sera abandonnée dans les années 1960 et démantelée à l'exception de cette portion.
Je ne vous cache pas que nous mourions d'envie de tenter l'expérience mais le prix nous a quand même refroidis. Nous avons donc été raisonnables et nous sommes contentés de les photographier.
Comme toujours, nous arrivons à destination au coucher du soleil. Nous faisons donc un petit tour vite fait de Durango avant d'aller poser nos affaires à l'hôtel, le Knights Inn.
Le nom de Durango vient du basque "Urango" qui signifie "ville d'eau". Allez savoir pourquoi une ville située à 2000m d'altitude en plein Colorado porte un nom d'origine basque vous! Ben en fait c'est simple, lors de la ruée vers l'or, des Basques déjà établis comme bergers dans la Pampa d'Amérique du Sud, se joignirent aux rangs des chercheurs d’or. La plupart d'entre eux ne trouvant pas d'or, ils se retournèrent vers le bétail, leur métier d’origine, et recommencèrent à être bergers. Durango, comme de nombreuses autres villes américaines, fut une destination de la diaspora basque.
En 1860, une quinzaine de prospecteurs entrent dans les montagnes de San Juan, en plein territoire indien hostile Utes. Ils trouvent rapidement des gisements d'or et d'argent le long de la rivière Animas mais face à la rigueur de l'hiver et la guerre civile imminente, ils désertent la région à la fin de l'été pour ne revenir que 10 ans plus tard. Ce sont alors près de 1000 aventuriers qui déferlent dans les environs de Durango et Silverton. Malgré leurs protestations, les Utes ne peuvent endiguer la vague inexorable de mineurs et de colons arrivant sur Stony Pass. En 1883, Silverton compte 2000 habitants et 29 saloons!
Le développement de Durango est intimement lié à celui de Silverton puisque les mines étaient à Silverton tandis que le minerai était fondu à Durango. Vers 1874, ces 2 villes deviennent le centre de nombreux camps miniers et attirent l'attention d'une compagnie ferroviaire de Denver (celle dont je vous parlais à Chama). Le 1er train exploité par la Denver & Rio Grande Railroad roule entre Silverton et Durango en juillet 1882. 300 millions de dollars de métal précieux extraits des montagnes San Juan ont depuis été transportés par le train. La ligne cessa son service en 1968 mais elle perdure depuis, là aussi, pour le plaisir des voyageurs (http://www.durangotrain.com/).
J8 : Samedi 19 Septembre 2015
Le Knights Inn et encore moins son petit déjeuner ne resteront pas dans les annales. Encore un motel qui aurait bien besoin d'une bonne rénovation. Il avait le mérite de ne pas être cher.
Bref, ne nous attardons pas sur le sujet et retournons au centre-ville de Durango pour voir la ville de jour et assister au départ de la vieille locomotive.
Peu avant 9h, nous entendons le sifflement, reconnaissable entre tous, de la locomotive à vapeur. Nous pressons donc le pas pour rejoindre les voies. Les voyageurs sont installés, le personnel de quai peaufine les derniers détails avant la mise en route, et soudain, la machine se met en marche. C'est très impressionnant! Des nuages de fumée et des volutes de vapeur s'échappent de la locomotive dans un bruit assourdissant, les wagons se mettent en branle les uns après les autres, l'acier grince puis petit à petit le train prend de la vitesse. J'en ai la chair de poule tellement c'est incroyable à voir et à entendre! On a presque envie de courir le long du quai pour sauter à bord du train et vivre cette expérience unique.
Après le départ du train, nous allons jeter un oeil au petit musée installé au bout des voies. L'entrée est gratuite mais un pourboire est le bienvenu. A l'intérieur de vieilles locomotives et leurs wagons d'époque, tout un tas d'objets anciens en rapport ou non avec le chemin de fer et même un circuit géant de train en fonctionnement! Un vrai bric à brac qui mérite une petite visite.
A 10h, c'est l'heure des santiags ;-) Cela fait plusieurs jours que nous sommes à la recherche de belles santiags pour Julien sans grand succès et, hier en arrivant, nous avons repéré un magasin western à l'entrée de la ville. Il ouvre à 10h. Miracle, ce matin chez Boot Barn, Julien va trouver son bonheur et moi aussi par la même occasion ;-)
A l'origine, la Million Dollar Highway était une route à péage construite dans les années 1880 pour relier Ouray à Ironton, puis Ironton à Silverton. Reconstruite dans les années 1920 à un coût exorbitant, cette petite portion de l'US550 d'environ 40km a donc été surnommée la Million Dollar Highway. Mais plusieurs théories s'affrontent sur l'origine de ce surnom : certains disent que la route aurait coûté un million de dollars par mile construit en 1920, d'autres que c'est le prix du terrain ou encore que la terre utilisée pour la construire contenait plus d'un million de dollars de minerai d'or. Quel que soit l'origine de ce nom, la route est sublime!
A la sortie de Durango, nous tombons sur une formation géologique digne d'un baba au rhum. Elle nous fait beaucoup penser à Yellowstone, et pour cause, puisqu'il s'agit d'une source chaude. Elle doit son nom, Pinkerton Hot Springs, à un fermier, James Harvey Pinkerton qui s'installa avec sa famille à proximité de la source en 1875.
Arrivés au 1er des 3 cols de la Million Dollar Highway, le Coal Bank Pass qui culmine à 3240m d'altitude, nous faisons notre pause repas. Il est midi.
A peine installés pour piquer niquer, quelques Geais Gris s'approchent. Il semblerait que nous allons avoir des compagnons de repas ;-)
Heureusement que le soleil est là pour nous réchauffer car à plus de 3000m d'altitude ça caille un peu quand même. Nous ne nous attardons donc pas trop à la pause repas. Et puis nous avons hâte de voir le reste de la route! Les panoramas sont tellement beaux, surtout à cette saison où les arbres se parent de leurs belles couleurs d'automne!
Nous arrivons au 2ème col : Molas Pass. Peut-être le plus beau panorama de la Million Dollar Highway. Nous sommes à 3325m d'altitude. Nos oreilles nous le rappellent.
Après ce col, Silverton n'est qu'à quelques miles. Nous l'apercevons au détour d'un virage.
A l'entrée de la ville, nous retrouvons la vieille locomotive à vapeur de ce matin encore fumante.
Comme de nombreuses bourgades aux Etats-Unis, Silverton n'a que sa rue principale de goudronnée, les autres rues sont en terre. Les mines ayant toutes fermé dans les environs, les quelques 600 habitants de Silverton vivent désormais principalement du tourisme. Et il faut dire que Silverton ne manque pas de charme.
Nous nous éloignons un peu du centre-ville pour rejoindre Old Hundred Gold Mine. Sur la route, je scrute avec attention les pentes caillouteuses de la montagne car je sais qu'il y a des Mountains Goats dans le coin. Je rêve de voir cet animal un jour... Malheureusement, il semblerait que ça ne soit pas pour cette fois.
L'histoire de la Old Hundred Gold Mine débute au printemps 1872 lorsque les frères Neigold, originaires d'Allemagne, réservent la veine "numéro 7". Ils passeront les 30 années suivantes à exploiter et prospecter les différentes veines de la Galena Mountain et créèrent la Miland Mining Company. En 1904, elle est vendue à la Old Hundred Mining Company. En 1973, après des années d'exploitation non rentables, la mine est fermée.
Elle est aujourd'hui ouverte au public pour une visite riche en découvertes (http://www.minetour.com/index.
Nous arrivons en même temps qu'un bus de retraités américains. Pas de chance! Après avoir enfilé un casque de chantier et un impair jaune canari, nous nous tassons dans les wagons pour descendre dans l'antre de la mine. Avec nous à bord, la moyenne d'âge de notre wagon doit frôler les 75ans.
Les premiers mètres se font entièrement dans le noir. De l'eau glacée nous tombe dessus. n imagine alors ce que devait être la vie des mineurs. Puis soudain, au bout du tunnel, nous apercevons la lumière. Nous sommes arrivés. Notre guide nous invite à descendre des wagons et à le suivre à travers les galeries. Il fait moins de 10°c au fond de la mine et l'humidité ambiante accentue la sensation de froid. Heureusement que j'avais prévu la polaire, le pantalon et les chaussettes!
Pendant environ une demi-heure, notre guide va nous conter, non sans humour, la vie des mineurs et ses évolutions au cours des années. C'est très intéressant mais encore faut-il avoir un bon niveau d'anglais pour suivre. Certaines explications font écho à notre visite de la mine Lewarde dans le Nord de la France (http://lili-en-escales.over-
Après la visite de Old Hundred Gold Mine, nous allons jeter un oeil à Howardsville, une ghost town entre la mine et Silverton. Construite en 1874 pour les besoins des mines alentours, Howardsville se verra désertée avec la fermeture des mines dans les années 1940. Il subsiste encore quelques bâtiments de l'époque comme le Little Nation Mill. Ce moulin fut construit en 1921 par la compagnie minière du même nom pour broyer les minerais de la mine située à 3km dans les King Salomon Mountains. Les minerais étaient acheminés par wagons suspendus à un câble de près de 900m de long. Le moulin était conçu pour traiter 50 tonnes de minerai par jour mais malheureusement la mine était incapable de fournir de telles quantités. Le moulin fut rapidement abandonné.
Nous laissons Howardsville et reprenons la direction de la Million Dollar Highway pour rejoindre Ouray. Nous passons le 3ème col (le plus haut des 3), le Red Mountain Pass qui culmine à 3358m d'altitude. Le décor est de toute beauté, la roche, chargée d'oxyde de fer, donne des dégradés de couleur rouge à la montagne.
Entre 1882 et 1893, les Red Mountains ont connu un véritable boom minier avec l'installation de mines d'argent comme Yankee Girl, National Belle & Guston Mines ou d'or avec Idarado Mine dont l'exploitation a perduré jusque dans les années 1970.
Avec la fin de journée qui approche, les animaux commencent à sortir : 3 belles biches traversent la route juste devant nous. On s'arrête pour les photographier, elles se retournent, nous regardent un long moment, certainement pour évaluer si nous représentons une menace ou pas, puis s'en vont rejoindre les prairies. Au revoir jolies biches!
Ca y est! Ouray apparait en contre-bas.
A ses débuts, vers 1877, Ouray, nommée ainsi en l'honneur du chef des Utes, comptait alors plus de mules et de chevaux que d'habitants. A l'apogée de l'exploitation minière, il y avait plus de 30 mines aux alentours d'Ouray.
Aujourd'hui, Ouray vit exclusivement du tourisme. Elle est même la capitale américaine d'escalade sur glace.
Ce soir, nous dormons au River's Edge Motel. Le propriétaire nous explique que la nuit un ours rode dans les environs de l'hôtel à la recherche de nourriture dans les poubelles. Je n'en reviens pas! Je ne savais pas qu'il y avait des ours par là. Me voilà donc excitée comme une puce! C'est sûr cette nuit je vais me lever souvent pour regarder par la fenêtre de la chambre ;-)
En attendant, on va se manger des ribs en ville.
J9 : Dimanche 20 Septembre 2015
Malgré mes nombreux réveils, je n'ai pas vu la moindre oreille d'ours cette nuit... Quelle déception! Par contre, la chambre, le lit, la déco, le jacuzzi en plein air, le petit déjeuner, tout était top dans ce motel, on serait bien resté un plus d'ailleurs. Il y a tant de choses à faire dans les parages qu'une seule nuit n'est pas suffisant. C'est pas grave, ça nous donnera une bonne excuse pour revenir ;-) Et puis comme ça on pourra vérifier que le drapeau français flotte bien au-dessus de l'entrée du motel en 2016. Je ne vous ai pas dit? En fait, le River's Edge Motel fait flotter chaque année le drapeau de toutes les nationalités venues séjourner dans l'hôtel l'année précédente. Manifestement il n'y avait pas eu des français en 2014...
A 8h30, nous quittons ce joli motel. Pas envie ce matin. Nous faisons un petit tour d'Ouray sous un ciel bleu éclatant. A cette heure matinale, il n'y a pas grand monde dans la rue principale, classée au National Historic District. Parmi les bâtiments les mieux conservés se trouvent l'Hôtel Beaumont qui hébergea entre autres les présidents Roosevelt et Hoover, la Walsh Library et la Wright's Opera House.
Ouray est vraiment une ville agréable où règne une certaine douceur de vivre.
A quelques kilomètres d'Ouray se trouve Ridgway, une autre petite ville de montagne fort agréable.
Il est encore tôt quand nous quittons Ridgway alors nous décidons de faire un petit détour jusqu'à Telluride. Ville minière au commencement, Telluride est depuis devenue une station de ski très prisée de la jet set. Elle accueille aussi en été de nombreux festivals prestigieux dont celui du cinéma, du jazz, du bluegrass... Bref, Telluride c'est The Place to Be! Pas étonnant que des célébrités comme Tom Cruise, Oprah Winfrey ou encore Oliver Stone aient acheté une maison ici... Pour ma part, je n'ai pas du tout accroché avec Telluride. Certainement mon petit côté rebelle et anticonformiste ;-) Trop de monde, beaucoup trop de monde, et tout semble surfait. C'est tellement aux antipodes d'Ouray et Ridgway.
Nous faisons donc demi-tour sans demander notre reste et remettons le cap sur Moab.
Nous n'avons pas trouvé de supermarché sur notre chemin pour faire nos emplettes alors
Nous arrivons à Moab vers 15h. Il fait une chaleur écrasante!
L'histoire de Moab est assez atypique pour une ville de l'Ouest. Au XIXème siècle, le site servait de gué pour le franchissement du fleuve Colorado. En 1855, des mormons tentent d’y établir un fort, le Elk Mountain Mission, afin de commercer avec les candidats à la traversée mais face aux nombreuses attaques d'indiens dont ils sont victimes, ils abandonnent rapidement les lieux. En 1878, un autre groupe de mormons tente à son tour sa chance et réussit, quant à lui, à s’installer définitivement. L’agriculture est alors la principale ressource des habitants. Dans les années 1910, des mines d'uranium sont découvertes. La potasse et le manganèse, puis le pétrole et le gaz vont suivre. Moab devient une cité minière.
En ce qui nous concerne c'est la proximité des parcs de Canyonlands et Arches qui nous a attiré ici ;-)
Nous passons au Motel 6 poser nos affaires. La piscine nous fait de l'oeil mais nous résistons car Arches NP nous attend. L'envie de découvrir ce parc est plus forte que tout ;-)
En à peine 10mn, nous sommes à l'entrée du parc. Il y a une belle file d'attente devant nous. Nous discutons donc stratégie dans la voiture : est-ce que l'on fait la randonnée pour Delicate Arch tout de suite ou nous la gardons pour un autre jour? Après de nombreuses tergiversations, nous décidons de faire le tour du parc de manière succincte. Ainsi, nous allons repérer les lieux et l'orientation des sites pour les parcourir à la bonne heure les prochains jours. Futé!
Ah, c'est notre tour! Nous montrons notre pass au Ranger et à nous les arches!
Dès l'entrée du parc, nous sommes tout de suite dans le vif du sujet. La route serpente au milieu des concrétions. C'est superbe!
Nous faisons notre 1er stop à Park Avenue. Nous ne sommes pourtant pas à New York mais les parois rocheuses font penser aux immeubles de cette célèbre avenue. Un rocher ressemble même à Cléopâtre.
Prochain arrêt à La Sal Mountains Viewpoint. Devant nous, un panorama incroyable avec les Three Gossips et la Tower of Babel.
Nous passons ensuite devant Balanced Rock avant de tourner à droite pour The Windows Section.
Face à nous, un paysage surréaliste. On est totalement subjugué.
La route de Windows Section est en fait un cul de sac. Nous nous garons sur le parking au bout de la route et entamons la petite randonnée qui mène aux North & South Windows et à la Turret Arch.
L'envie de voir Delicate Arch est trop forte. On coupe alors la poire en deux : nous faisons les 2 petites randonnées Lower et Upper Delicate Arch Viewpoint qui offrent un point de vue un peu lointain de l'arche mais c'est déjà ça. Nous irons la voir de près demain ;-)
N'empêche que ça grimpe pas mal cette petite balade...
Les gens que nous apercevons aux pieds de l'arche semblent minuscules. Et pour cause, Delicate Arch est une arche naturelle qui mesure 20 mètres de haut!
Mais pourquoi autant d'engouement pour cette arche, vous me direz? Tout simplement parce qu'e
Nous reprenons la voiture jusqu'à Fiery Furnace. Le soleil commence à bien décliner. Le paysage s'embrase.
Arrivés à la Skyline Arch, le soleil est presque couché. La roche se teinte alors d'un orange intense de toute beauté. Nous sommes au bout de la route du parc.
Nous faisons le chemin du retour au clair de lune. Le paysage devient presque mystique. C'est tellement beau que nous ne nous sommes toujours pas défaits de ce sourire béat sur nos lèvres.
Il fait nuit noire quand nous passons les portes du parc. Quelle journée encore!
Mais avant d'aller nous reposer, il faut encore passer au supermarché. La journée de demain va être dense alors autant faire les courses ce soir, ça sera toujours ça de gagné ;-)
Le supermarché de Moab et son rayon traiteur étant très bien fournis, nous allons même en faire notre fournisseur officiel de repas pour ces 3 prochains jours.
J10 : Lundi 21 Septembre 2015
On ne peut pas dire que le Motel 6 de Moab soit le mieux insonorisé des hôtels où nous ayons logé mais il a le mérite d'être le moins cher du coin et surtout d'être à 2 pas d'Arches NP.
Le petit déjeuner est vite avalé. Ce matin, cap sur Dead Horse Point State Park.
Le Dead Horse Point State Park est en fait un promontoire (600m au-dessus du vide et 1731m d'altitude) à partir duquel on a une vue imprenable sur une magnifique vallée creusée par le Colorado. En quelque sorte un autre Grand Canyon. Juste magique!
Dead Horse Point doit son sinistre nom au fait que jadis le promontoire servait d'enclos naturel aux cowboys qui y parquaient les mustangs sauvages capturés aux alentours. Selon la légende, des chevaux abandonnés y auraient péri de soif faute de pouvoir descendre sur les berges du Colorado.
Ce parc apparait dans plusieurs films dont le plus emblématique pour moi : Thelma et Louise, tourné en 1991. Certains passages se déroulant dans le Grand Canyon ont en réalité été tournés ici, notamment la fameuse scène finale où les 2 héroïnes se jettent dans le vide.
Bref, ce tout petit parc est un immanquable! Comme c'est un State Park, notre pass ne fonctionne pas ici. Nous payons donc les 10$ (entrée valable 3j) et partons sur les traces de Thelma et Louise.
Mais avant cela, nous nous arrêtons au Visitor Center pour jouir de la vue sur les bassins de décantation de potasse. Ici, la potasse, mélangée au sel souterrain, s'est concentrée sur une surface de presque 30 000km², ce qui représenterait quelques 200 milliards de tonnes, soit 5 siècles de production mondiale!
Nous poursuivons ensuite jusqu'au fameux Dead Horse Point Overlook.
Nous ne croiserons ni mustangs ni Thelma mais un lézard venant se réchauffer avec les 1ers rayons du soleil.
La vue est tellement incroyable de ce promontoire que nous ne voyons pas le temps passer. Cela fait déjà plus d'une heure que nous sommes là, à contempler l'immensité. Difficile de s'arracher d'un tel panorama. Et pourtant, il le faut. Un autre parc tout aussi fantastique nous attend : Canyonlands NP.
Là encore, les paysages colorés ont été façonnés par l'érosion du fleuve Colorado et de la Green River. Canyonlands NP est en fait divisé en 3 parties distinctes :
- Island in the Sky : la partie la plus accessible et la plus visitée du parc. Elle offre des panoramas à couper le souffle sur les méandres du Colorado
- The Needles : Se trouve au sud à environ 200km de l'entrée nord de Island in The Sky. Là aussi des paysages incroyables.
- The Maze : cette partie du parc est la plus reculée et la plus difficile d'accès. Elle nécessite un équipement spécialisé.
En ce qui nous concerne, nous n'aurons le temps d'explorer que la partie nord du parc, soit Island in The Sky. Pour tout faire, il faudrait rester au moins 1 semaine dans le coin et nous n'avons que 3j. Il faut donc faire des choix...
Nous poursuivons jusqu'à Green River Overlook. El là c'est WAOUHHH!!!
Devant nous, un plateau gigantesque creusé par la Green River. Cet affluent du Colorado n'a vraiment rien à lui envier!
Sur la gauche, se dresse fièrement la Candlestick Tower.
Nous filons ensuite jusqu'à Grand View Point Overlook. Il est déjà presque midi et la lumière crue du zénith écrase le paysage. Ce n'est clairement pas la bonne heure pour admirer ce panorama incroyable. Face à nous, le Colorado et la Green River se rejoignent dans un véritable chaos rocheux.
Même si l'heure ne s'y prête pas, nous faisons la petite randonnée qui longe la falaise afin de profiter de cette étendue sous tous les angles.
En mai 1869, accompagné de 9 hommes, John Wesley Powell, professeur de géologie, mène une expédition dans le but de cartographier le fleuve Colorado et la Green River. Leur point de départ sera Green River City dans le Wyoming. 3 mois leur seront nécessaires pour descendre en bateau la Green River puis le Colorado jusqu'au Grand Canyon.
Il fallait quand même être sacrément culotté à l'époque pour se lancer dans une telle expédition!
J'avoue que je préfère découvrir toutes ces merveilles aujourd'hui...
Nous reprenons la voiture pour rejoindre Upheaval Dome, à l'autre extrémité du parc, et savourons la climatisation. On a beau être à près de 2000m d'altitude fin septembre, il fait toujours chaud! Il est incroyable ce pays!!!
Arrivés au parking de l'Upheaval Dome, une belle grimpette nous attend pour rejoindre le point de vue. Ca tombe bien, on venait juste d'arrêter de transpirer....
Upheaval Dome a tout l'air d'un cratère mais n'en est pas un. Et voilà la seule certitude dont dispose les scientifiques car l'origine de cette formation géologique de 5km de diamètre fait toujours débat. Pour certains il s'agirait d'un dôme de sel, pour d'autres il résulterait de l'impact d'une météorite. Laissons les savants se disputer et admirons en silence ;-)
Nous terminons notre visite de Island in The Sky par la petite randonnée qui mène à Mesa Arch. Cette arche naturelle est la seule de Canyonlands NP mais elle n'a pas à rougir de ses voisines d'Arches NP. Elle est de toute beauté!
A 15h30, nous quittons Canyonlands NP et faisons route pour Arches NP. Nous avons décidé de clore cette journée en beauté en admirant le coucher de soleil depuis Delicate Arch. Mais pour se faire, nous allons devoir marcher.
La boucle de 5km commence au niveau du Wolfe Ranch. En 1898, John Wesley Wolfe alors âgé de 69 ans, souffre d'une vieille blessure datant de la guerre de Sécession. Afin de soulager ses douleurs, il doit quitter son Ohio natal et trouver un climat plus sec. Accompagné de son fils, il débarque donc ici et construit ce petit ranch. De grosses grenouilles vertes ont investi la marre devant le ranch.
C'est à partir de là que la grimpette commence et la chaleur n'arrange rien. 146m de dénivelé nous attendent. Que ne ferait-on pas pour photographier la plus célèbre des 2000 arches que compte le parc?! Nous ne sommes pas les seuls à vouloir immortaliser cette merveille de la nature, des dizaines de personnes nous emboitent le pas. Nous voyons de tout sur le chemin et surtout n'importe quoi : des gens en tongs, d'autres en robe de soirée, des bébés sans chapeau, des touristes sans eau, des hordes de chinois bruyants... On n'en revient pas et pourtant on n'est pas au bout de nos peines... Je n'ose pas imaginer ce que serait le site s'il était plus facile d'accès.
Sur les derniers mètres, le chemin se fait de plus en plus étroit et longe la falaise. Sur la droite, un trou au travers de la falaise offre le 1er panorama sur Delicate Arch. C'est spectaculaire!
Après environ 45mn de marche, nous arrivons aux pieds de Delicate Arch. Il est un peu moins de 18h, nous avons 1h devant nous avant le coucher de soleil. On ne résiste pas à la tentation de se photographier devant. Nous prenons donc notre tour dans la file pour THE photo ;-)
Au fur et à mesure que l'heure avance, le nombre de touristes en tout genre augmente autour de l'arche. Nous observons le bestiaire (si, si c'est bien le bon mot) tranquillement installés dans un coin de la roche. En moins d'une heure, 2 bouteilles d'eau et un cache d'objectif photo finissent au fond de la cuvette naturelle et aucun de leur propriétaire n'ira rechercher son bien. Je n'imagine même pas ce que les Rangers doivent ramasser en 1 semaine...
L'effervescence laisse doucement la place au silence, comme si tout le monde retenait son souffle en attendant le coucher de soleil. A 19h04 précise, Delicate Arch est désertée, la roche s'enflamme, les appareils photos crépitent. Moment magique.
Le spectacle n'aura duré que 3mn mais quel spectacle!
Il faut maintenant penser à redescendre car le soleil étant couché le chemin du retour va être plus compliqué. C'est un peu la course, tout le monde se précipite pour retourner au parking avant la nuit noire. On fera la descente en moins de 30mn. Arrivés au parking, seule la lune éclaire encore un peu. Derrière nous, c'est une file de lampes torches qui serpente dans la montagne. On dirait un peu une descente au flambeau ;-)
J11 : Mardi 22 Septembre 2015
Dernier jour de visite à Moab. Au programme de ce matin : Arches NP. Nous avons quelques randonnées en tête. Le ciel est bien couvert. Aurons-nous la chance s'assister à un orage en plein désert?
Nous commençons par la micro balade autour de Balanced Rock. Le 1er jour, nous nous étions contentés du point de vue depuis le parking mais aujourd'hui nous allons en faire le tour.
Puis nous retournons à Windows Section pour aller voir Double Arch. Elle est facilement accessible depuis le parking, à condition de trouver de la place pour se garer.
Vous la reconnaitrez peut-être puisqu'elle a servi de décor à "Indiana Jones et la dernière croisade".
Nous reprenons la voiture pour rejoindre l'extrémité nord du parc. Le ciel hésite entre éclaircies et orage. Notre 1er arrêt est pour Sand Dune Arch. La seule difficulté de cette marche de 500m c'est qu'elle se fait entièrement dans le sable. Il faut se frayer un chemin au milieu des roches abruptes car elle est bien cachée au milieu de ce canyon étroit.
La dernière randonnée nous amène dans Devils Garden. C'est ici que se trouve la plus grande concentration d'arches du parc. Sur notre chemin, nous croisons Tunnel Arch, Pine Tree Arch puis Landscape Arch. Si nous avions eu plus de temps devant nous aurions poussé jusqu'à Double O Arch mais notre planning est trop serré pour tout faire.
Pour la petite anecdote, lors de l'attribution des noms des arches, la personne en charge de placer les panneaux d'indication devant celles-ci s'est trompée et a inversé les noms de Delicate Arch et de Landscape Arch. Voilà pourquoi les noms de ces 2 arches ne correspondent pas à l'aspect de ces dernières. Avec près de 89 mètres de long, à 32 mètres au-dessus du sol, Landscape Arch est la plus grande arche naturelle du monde. Depuis 1991, il est strictement interdit de l'approcher car un gros bloc s'est détaché de l'arche, la fragilisant un peu plus.
Quand nous rebroussons chemin au niveau de Landscape Arch il est déjà 13h. Nous nous mettons en route sans tarder en direction de Klondike Bluffs pour aller voir les Marching Men. La piste qui nous y mène traverse une vaste prairie, appelée la Salt Valley. Quel contraste par rapport aux roches rouges et aux reliefs parcourus jusqu'à présent.
Arrivés au petit parking, seulement 2 autres voitures sont garées. Il n'y a pas foule ici. On avale vite fait notre pique-nique avant de nous mettre en marche. La 1ère grimpette est bien raide mais une fois en haut le panorama sur la Salt Valley nous fait tout oublier ou presque ;-)
De l'autre côté, nous retrouvons les fameuses roches rouges qui nous sont si familières depuis quelques jours. Nous suivons les cairns disposés le long du sentier.
Les Marching Men sont en fait une formation géologique de grès rouge qui ressemble à des soldats au garde à vous.
Un fois encore, nous aurions pu poursuivre le chemin jusqu'à Tower Arch mais l'heure tourne et nous voulons absolument faire la randonnée pour Corona Arch. Nous devons donc faire demi-tour. Pffff, il va falloir tout regrimper. L'énergie me manque un peu en ce début d'après-midi. Dur!
Pour revenir sur la route principale du parc, nous retraversons la Salt Valley avec ses magnifiques couleurs. C'est vraiment impressionnant tout ce que la nature est capable de faire!
Nous quittons Arches NP vers 15h. Quel parc!
Le ciel qui s'était relativement dégagé pendant notre randonnée pour Marching Men est à nouveau menaçant. Pas l'ombre d'une goutte d'eau par contre.
Nous bifurquons sur l'US279 qui longe le Colorado. Nous ne sommes plus dans un parc national mais les paysages sont tout aussi fabuleux.
La route serpente entre le fleuve et des falaises de grès rouges gigantesques! Nous nous arrêtons pour observer les pétroglyphes qu'elles comportent. Ces pétroglyphes sont le travail d'indiens préhistoriques. Ils sont datés entre 6000 ans avant JC pour les plus anciens et 1300 après JC pour les plus récents.
Quelques centaines de mètres plus loin on peut observer des traces de dinosaures. Elles auraient été faites par des Théropodes (prédateurs) il y a 190 millions d'années. Impressionnant!
A 16h30, nous sommes enfin au départ de la randonnée pour Corona Arch et Bowtie Arch. Nous signons le registre au début du sentier et commençons l'ascension. Nous sommes les seuls à faire la randonnée, ça nous change de Arches NP.
A part 2 passages à l'échelle, la randonnée est assez facile. En un peu plus de 30mn, nous atteignons Bowtie Arch et Corona Arch. Waouhhhh!
Bowtie Arch est en fait un trou dans la paroi rocheuse. Corona Arch est, quant à elle, souvent comparée à Rainbow Arch vers le Lac Powell.
Pendant plus d'un quart d'heure nous allons pouvoir jouir de ce panorama incroyable en toute intimité. C'est magique!
Pas la peine d'attendre le coucher de soleil ce soir car le ciel est bien couvert. Nous redescendons donc tranquillement et décidons de tenter notre chance sur la Potash Road pour aller voir les bassins de potasse que l'on distinguait de Dead Horse Point State Park. On a encore une fois regretté de ne pas avoir de 4x4. Julien a pourtant piloté comme un chef mais notre Hyundai était trop basse pour passer certains obstacles. Nous avons donc abandonné avant d'arriver au but. Le comble c'est qu'on s'est rendu compte, une fois arrivés dans notre chambre d'hôtel en regardant sur Google Earth, que les bassins se trouvaient juste derrière l'obstacle qui nous a forcé à faire demi-tour. Grrrrrrr! Si on avait su on aurait poursuivi à pieds....
Dans notre malheur, nous avons eu la chance de croiser 1 magnifique papillon, 3 biches et d'assister à un coucher de soleil furtif sur les montagnes alentours. Pas tout perdu.
Ce coucher de soleil est le clap de fin de notre séjour à Moab. Demain, nous reprenons la route pour Page et le programme va être plus que dense encore!
J12 : Mercredi 23 Septembre 2015
Pour ne pas changer nos habitudes, réveil matinal aujourd'hui. Une grosse étape nous attend.
A 9h, nous sommes au niveau de la bifurcation pour The Needles et de Church Rock. La légende raconte que ce rocher aurait été creusé par une congrégation utopiste dans le but d'en faire une église d'où son nom. La vérité est tout aussi farfelue : dans les années 1940, le propriétaire du champ sur lequel se trouve cette formation géologique a dynamité la roche afin de stocker les pierres à lécher et le fourrage de son bétail. Certains auraient construit une cabane en bois, lui il a choisi la dynamite. Pourquoi pas...
A Blanding, nous quittons l'US191 pour prendre l'US95 en direction de Moki Dugway. Natural Bridges National Monument se trouve à quelques miles de notre parcours, nous décidons donc de faire le petit détour pour aller voir ce parc.
Ce petit parc de 31km² se visite rapidement. Une route à sens unique permet d'en faire le tour et offre de beaux points de vue sur les 3 arches naturelles que sont Kachina, Owachomo et Sipapu.
C'est en quelque sorte un Arches NP blanc et plus petit.
Je ne vous cache pas qu'après tout ce que nous avons vu à Moab comme merveilles géologiques nous avons du mal à nous enthousiasmer pour ce petit parc. Serions-nous blasés?
Avec un peu plus de temps et d'énergie il est possible de descendre dans le canyon pour observer les arches de plus près. Pour notre part, nous nous contentons des points de vue aménagés sur le bord de route. La seule petite marche que nous nous autorisons est celle qui mène à l'observatoire sur Horse Collar Ruin. Il s'agit des ruines d'un village d'amérindiens abandonné il y a 700 ans.
Nous avons passé 1h en tout dans Natural Bridges National Monument. Nous reprenons désormais le parcours initial en direction de Moki Dugway où nous allons pique-niquer.
Le panorama depuis Muley Point est à couper le souffle! Ici c'est la San Juan River qui a creusé ce canyon vertigineux. Sur la ligne d'horizon se détache Monument Valley.
Je crois qu'on ne pouvait pas trouver mieux comme aire de pique-nique ;-)
La suite de notre itinéraire nous fait emprunter une route en gravier. Nous sommes sur Moki Dugway, la US261. Cette route vertigineuse a été construite en 1958 par Texas Zinc, une compagnie minière, afin de transporter l'uranium extrait de la mine Happy Jack jusqu'à l'usine de traitement de Mexican Hat.
En contre-bas on distingue la Valley of The Gods. J'en ai presque le vertige.
Nous descendons ce petit col lentement pour profiter du paysage et ne pas trop enfumer nos compatriotes motards derrière nous.
Nous les abandonnons à la bifurcation pour Valley of The Gods. A nous les 27km de piste à travers l'autre Monument Valley. Il n'y a pas foule. Nous ne croiserons que 5 autres véhicules, tous des 4x4.... Nous sommes encore les seuls à oser nous aventurer sur ce genre de route en Hyundai ;-) Bon, soyons honnêtes, on a bien cru qu'on allait s'ensabler dans un passage à gué mais heureusement Julien a managé ça comme un chef! Néanmoins, je ne recommanderai pas de visiter Valley of The Gods avec une berline.
Quoiqu'il en soit les paysages traversés étaient de toute beauté. Je vous laisse admirer!
A quelques kilomètres de Valley of The Gods se trouve un tout petit parc avec un point de vue fantastique sur les méandres de la San Juan River. L'entrée est de 5$ par voiture (America the Beautiful non acceptée).
Nous passons ensuite devant Mexican Hat et ses montagnes colorées. Que c'est beau!
Nous avons une petite pensée émue devant l'hôtel San Juan Inn, où nous avions dormi 4 ans plus tôt lors de notre 1er road trip dans les parcs de l'Ouest Américain.
Nous sommes sur l'US163 et la ligne d'horizon n'est autre que Monument Valley. Juste magique! Séance photo oblige malgré le plein contre-jour ;-)
A l'approche de Monument Valley, nous sommes saisis par les changements opérés en seulement 4 ans. Des maisons ont poussé tels des champignons aux abords du parc, dénaturant totalement le panorama. Et ce n'est pas le seul changement : le prix d'entrée de Monument Valley a été multiplié par 4 en 4 ans, passant de 5$ à 20$ par voiture! Bon c'est vrai qu'avant c'était vraiment dérisoire comme prix. Ils ont fini par s'aligner sur les autres parcs des Etats-Unis mais le pass ne fonctionne pas ici car nous sommes en territoire Navajo.
On avait en tête d'aller juste au point de vue pour faire quelques photos avec cette belle lumière de fin de journée et de faire l'impasse sur la visite du parc mais
A 17h30, nous nous remettons en route et quittons à contrecoeur Monument Valley. Il nous reste encore près de 250km à faire avant d'arriver à notre hôtel de Big Water. Vue l'heure, c'est sûr, nous allons encore arriver de nuit...
Au revoir Monument Valley!
A Kayenta, nous sommes encore surpris par le changement radical en seulement 4 ans : le petit restaurant typique US où nous avions mangé est désormais à l'abandon, autour des fast-foods sont sortis de terre. La petite bourgade qu'elle était alors s'est transformée en grosse cité dortoir pour touristes avec des chaines d'hôtels, des stations-service et des fast-foods. Kayenta surfe désormais sur la vague Monument Valley.
Le soleil décline peu à peu et nous offre un spectacle de toute beauté sur les plaines alentours. Plus qu'une heure de route et nous serons à Big Water.
Nous arrivons au High Desert Lodge, notre hôtel pour les 2 prochaines nuits, il est 20h passées. En fait il n'est que 19h car nous venons de changer d'heure en changeant d'Etat. Quoiqu'il en soit, nous n'avons ni le courage ni l'envie de reprendre la voiture pour aller manger en ville, le food-truck attenant au motel fera l'affaire. Un bon gros burger et des frites avant de se coucher il n'y rien de tel pour se lester ;-)
J13 : Jeudi 24 Septembre 2015
Nous avons très bien dormi. La chambre est très agréable et le lit super confortable. Nous prenons notre petit déjeuner au même food-truck que la veille au soir. Rien d'exceptionnel mais les oeufs et le bacon nous tiendrons bien au ventre pour aller marcher ce matin.
Nous prenons la voiture en direction de Kanab pour parcourir les quelques kilomètres qui nous séparent du point de départ de la randonnée pour les Toadstool Hoodoos. Il n'est même pas 9h et la chaleur est déjà écrasante. Ca promet!
Le parking, à droite de la route, est bien indiqué depuis l'US89. Nous signons le registre et en route!
Nous suivons le lit asséché d'un cours d'eau que l'on appelle ici le "wash". Ca laisse imaginer le débit lors de grosses pluies...
On s'amuse comme des gamins avec nos ombres dans le Wash. On dirait 2 cowboys qui partent à la découverte de l'Ouest ;-)
En à peine 25mn de marche, nous arrivons aux Hoodoos. Il y en a des rouges, des blancs, des bicolores. C'est splendide! Nous déambulons pendant presque 2h dans ce dédale de Hoodoos qui ressemblent à des champignons de pierre. Serions-nous devenus des Schtroumpfs?
Toadstool Hoodoos se trouve dans la partie sud de Grand Staircase Escalante Monument. Ce grand désert de plus de 5000km² est une des dernières zones sauvages et inexploitées des Etats-Unis. Espérons que cela reste ainsi encore longtemps!
Après cette petite balade de mise en jambe, nous repartons en direction de Page. Nous souhaitons photographier Horseshoe Bend à midi pour limiter les ombres sur le canyon. Il y a 4 ans, nous y étions allés le matin, une grande partie du Colorado était alors dans l'ombre mais nous étions seuls.
Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Le soleil cogne et c'est la ruée. Nous ne sommes manifestement pas les seuls à vouloir photographier le lieu.... Je crois que définitivement septembre n'est pas le mois optimum pour visiter les parcs de l'Ouest, il fait encore beaucoup trop chaud et c'est envahi de touristes. Je préfère de loin le mois de mars.
Touristes ou pas touristes, chaleur ou pas chaleur, Horseshoe Bend est toujours aussi impressionnant!
Il est midi, la faim commence à se faire sentir. Nous décidons d'aller pique-niquer avec, peut-être, l'une des plus belles vues sur le Lac Powell, Scenic View.
Mais avant cela, arrêt obligé au Glen Canyon Dam. Haut de 475m, ce barrage construit en 1964 entraina la formation du Lac Powell. 17 années furent nécessaires pour le remplir! Il fait aujourd'hui 300km de long et compte plus de 3000km de côtes, soit plus que toute la Côte Ouest des Etats-Unis.
Avant la construction du barrage et de la route, il fallait faire un détour de plus de 300km pour passer d'une rive à l'autre du canyon. Autant dire que le barrage était plus que le bienvenu!
Il fait tellement chaud que nous restons dans l'habitacle climatisé de la voiture pour pique-niquer. C'est pas humain des températures pareilles!
Après cette pause repas caniculaire, nous décidons de retourner à l'hôtel chercher nos maillots pour tenter la baignade dans le Lac Powell. Nous jetons notre dévolu sur Lone Rock Beach. Ce n'est peut-être pas la plus intimiste des plages avec ces dizaines de camping-cars installés au bord de l'eau mais elle a le mérite de se trouver à proximité de l'hôtel.
La plage se trouve dans l'enceinte du parc de Glen Canyon. Nous montrons donc notre pass America The Beautiful au Ranger à l'entrée. On l'aura rentabilisé ce pass ;-)
Côté baignade ce ne fut pas une franche réussite. L'eau était bonne pourtant. Mais la vase soulevée à chacun de nos pas a eu raison de ma volonté arrivée à mi-cuisse. Voilà ce que c'est que d'être née au bord de la Méditerranée, là où l'eau est transparente en permanence, on devient exigeant ensuite. Bon, Julien n'a pas été plus courageux que moi...
On abandonne donc l'idée de baignade. Il est déjà presque 15h et dans 1h nous sommes attendus à la Wahweap Marina pour notre tour en bateau sur le Lac Powell. Nous décidons donc d'y aller dès à présent, au moins nous ne serons pas en retard au rendez-vous ;-)
Nous retirons nos billets à l'accueil du Lake Powell Resort & Marina et patientons avec une vue magnifique sur le lac. Ca donne envie de passer une nuit ici!
Nous avons repéré notre bateau et la place que nous aimerions avoir à bord. Nous sommes donc dans les starting blocks pour monter les 1ers à bord et pouvoir choisir notre place sur le pont. A 16h00, nous sommes installés au 1er rang du pont supérieur, à l'ombre. Yes!!! Bon, la concurrence était faible pour la course au meilleur siège car là encore la moyenne d'âge était plus proche des 70 ans qu'autre chose. Quoiqu'il en soit, nous voilà bien installés et prêts à partir pour l'Antelope Canyon Boat Tour (45$ par personne) http://www.lakepowell.com/
La 1ère chose qui saute aux yeux quand on se balade sur le Lac Powell c'est cette démarcation entre la roche rouge et la blanche. Le carbonate de calcium contenu dans l'eau du lac attaque le grès rouge des parois et laisse cette marque blanche, révélant ainsi le niveau le plus haut du lac. Elle est d'ailleurs surnommée la "marque de la baignoire".
Le bateau s'insère alors doucement dans Antelope Canyon. On sent que le capitaine maitrise bien son affaire car il y a à peine la place de passer. On pourrait presque toucher les parois avec la main tellement c'est étroit. Très impressionnant!
A un endroit, le canyon s'élargit un peu. Le capitaine en profite pour faire demi-tour. La manoeuvre est au millimètre près. Respect!
Il est déjà l'heure de rentrer. Dommage! On en veut encore!
Avec le coucher de soleil, les roches s'embrasent. C'est vraiment beau et tellement calme.
Ce tour de bateau nous a mis l'eau à la bouche (si j'ose le jeu de mot! lol). Nous n'avons qu'une envie : revenir et louer un kayak ou un petit bateau pour aller explorer d'autres parties du lac.
En attendant, on s'offre une bonne bière à l'hôtel et on profite du coucher de soleil depuis la terrasse. Sublime!
Nous clôturons cette journée par le meilleur restaurant barbecue qui existe : Big John's Texas BBQ (http://www.bigjohnstexasbbq.
Je n'arriverai jamais à vous décrire le goût si particulier de cette viande de boeuf cuite dans ces gros barbecues mais j'en garde un souvenir impérissable. C'était fondant, légèrement fumé, un pur délice! Le cuisinier a de quoi être fier de son titre de meilleur des Etats-Unis.
J14 : Vendredi 25 Septembre 2015
Notre séjour est bientôt fini. Nous avons passé une soirée mémorable hier et
Valley of Fire doit son nom mais en fait c'est à cause de la couleur flamboyante des roches de grès rouges formées il y a 150 millions d'années.
Nous nous acquittons des 10$ de droits d'entrée que nous mettons dans l'enveloppe prévue à cet effet.
En face de nous, Elephant Rock.
Nous avons repéré 2, 3 randos à faire mais vue la température extérieure, nous allons devoir choisir. Déjà c'est même pas dit qu'on arrive à tenir...
On opte donc pour White Domes qui se trouve à l'extrémité nord du parc.
Sur la route, nous passons les Seven Sisters, Balancing Rock, Rainbow Vista, Fire Canyon. C'est magnifique tous ces dégradés de rouge, orange, jaune. Il y a même du rose et du violet par ci, par là.
Sur la White Domes Road, au niveau d'un wash, nous apercevons un petit groupe de Bighorns (mouflons du désert). C'est la 1ère fois qu'on en voit, je suis aux anges!
Nous attaquons la randonnée de White Domes vers 13h30. Au début du sentier, un panneau indique en anglais que "randonner n'est pas recommandé". C'est bien la 1ère fois que je vois un panneau qui déconseille de faire du sport...
On plaisante mais en fait c'est un sujet sérieux dans ces contrées. Chaque année des touristes meurent à cause de la chaleur et de la déshydratation alors le gouvernement américain s'est lancé dans une grande campagne de sensibilisation sur les risques encourus dans les parcs. Il ne s'agit que de règles de bon sens mais il est bon de le rappeler encore et toujours : avoir un chapeau, s'enduire de crème solaire et prévoir au moins 2L d'eau par personne avant de s'engager dans une randonnée.
En ce qui nous concerne, nous sommes équipés et malgré cela nous souffrons beaucoup de la chaleur. Faut vraiment être frappé pour marcher en plein désert à cette heure-ci!
Nous allons mettre un peu plus de 30mn pour faire la boucle de 2km de White Domes et franchement ce ne fut pas une partie de plaisir : vraiment trop chaud!!! Dommage car les paysages traversés sont fantastiques. Ce parc mériterait d'être revisité en hiver quand la température est plus clémente.
Il va nous falloir un peu de temps pour nous remettre de cette petite randonnée. C'est sûr on n'en fera pas d'autres aujourd'hui.
Nous reprenons la route en direction de Atlatl Rock qui se trouve peu avant la sortie ouest du parc. Sur ce rocher, on peut admirer de très beaux pétroglyphes laissés par les indiens Anasazi.
Au pied du rocher, cachés bien à l'ombre, j'aperçois un lapin et un écureuil de terre. Eux aussi semblent souffrir de la chaleur...
Nous terminons la visite de Valley of Fire State Park par une arche : Arch Rock. Voilà de quoi finir en beauté cette journée ;-)
Nous arrivons à Las Vegas vers 17h. La file d'attente à l'accueil du Motel 6 Tropicana est impressionnante. Va falloir être patients.
Nous héritons d'une chambre au rez de chaussée qui donne dans un couloir, autant dire que la vue de notre fenêtre ne fait pas rêver. Passons, nous ne sommes pas ici pour la vue mais pour le prix. Sur le Strip il n'existe pas meilleur marché. Par contre, la blatte qui arrive à passer sous la porte pour venir nous dire bonjour, ça j'ai plus de mal...
Avant d'aller visiter un peu Las Vegas, nous préparons nos valises pour notre départ du lendemain. Comme ça demain, nous serons prêts rapidement.
L'intendance effectuée, nous prenons la voiture pour remonter tout le Strip jusqu'au parking du Néon Museum. Passés les casinos luxueux, nous arrivons dans le coin des chapelles de mariage express. C'est kitch à fond mais c'est aussi ça Las Vegas ;-)
Puis arrivent les motels sortis tout droit des années 60...
A 18h30, nous sommes devant le Néon Museum (http://www.neonmuseum.org/). J'avais réservé par internet plusieurs semaines avant notre départ le tour de 20h. Nous avons donc un peu de temps devant nous. Nous en profitons pour redescendre à pied jusqu'à Fremont Street, découvrir cette partie de Las Vegas que nous ne connaissons pas encore.
Fremont Street est, la 2ème rue la plus célèbre de Las Vegas. Nommée en l'honneur de l'explorateur John Charles Frémont, elle est désormais connue pour son attraction : Fremont Street Experience, un écran géant de 460m qui la recouvre. Toutes les heures, un spectacle de son et lumière est projeté sur cet écran. C'est vraiment très impressionnant!
Dans cette artère de Las Vegas, on voit et on croise de tout : des femmes aux seins nus, des séniors en string, des pirates, des indiens, des fantômes, des cowboys, des envoyés de Dieu... C'est la particularité de cette ville, ici tout et son contraire se côtoie. Et c'est d'ailleurs tout le paradoxe des Etats-Unis, mère patrie du puritanisme, ici personne ne semble choqué par ce déballage de débauche.
Il faut le voir au moins une fois pour le croire ;-)
A 19h30, nous quittons avec regret Fremont Street et son agitation nocturne pour rejoindre le Néon Museum. Ca serait quand même dommage de rater notre tour réservé des semaines à l'avance... surtout que tout affiche complet pendant des jours! Il semblerait que ce musée soit une attraction très prisée de Las Vegas.
Fondé en 1996, ce musée (25$ par personne) rassemble, restaure et expose des centaines d'enseignes néon emblématiques de Las Vegas. Nous voilà partis pour 1h de visite guidée. Nous sommes une vingtaine de personnes de toutes nationalités dans notre groupe. Le guide nous donne toutes les règles à suivre pour ce tour : ne jamais s'écarter du groupe même pour faire des photos, ne rien toucher, ne pas s'assoir, ne pas manger, ne pas boire... Bref, ca va être long! Surtout que le guide débite à une vitesse folle quantité d'anecdotes et d'informations sur les différents néons, le tout en anglais. J'ai beau avoir un bon niveau, j'avoue qu'au bout d'1/4 d'heure je décroche. Trop d'informations d'un coup, je sature. Je tente alors de ralentir le rythme pour faire des photos sans avoir les autres visiteurs sur mes clichés mais un vigile vient immédiatement me rappeler à l'ordre. On ne plaisante pas ici! J'arriverai malgré tout à réaliser une belle session photo de ce tour mais je sors très déçue de cette visite. Elle ne s'adresse qu'à un public anglophone ayant déjà des connaissances sur Las Vegas, pas à des touristes étrangers. Dommage car il suffirait d'un audio-guide ou d'un dépliant dans la langue choisie pour rendre cette visite intéressante.
Cette visite nous a achevé. Nous regagnons l'hôtel déçus. Une bonne nuit de sommeil sera la bienvenue car la prochaine sera dans 2 jours.
J15 : Samedi 26 Septembre 2015
Dernier jour de vacances mais celui-là va être dédié aux transferts. Près de 500km nous attendent pour rejoindre l'aéroport de Los Angeles. Notre vol part à 18h30, nous devons donc être arrivés au plus tard à 15h. Nous nous mettons donc en route peu avant 8h histoire d'avoir une marge en cas d'embouteillage à Los Angeles. Mieux vaut prévoir avec cette ville colossale car on a déjà eu chaud il y a 4 ans avec 2h de bouchons pour atteindre l'aéroport.
a monotonie des paysages désertiques le long de l'Interstate 15 n'arrange rien. Pffff....
La visite du ranch est gratuite mais n'hésitez pas à laisser un pourboire dans la boîte à tips. Ce ranch mérite d'être connu et visité.
En début de séjour je m'étais acheté un beau chapeau de cowboy en paille mais il ne devait pas être de bien bonne qualité car il a des trous un peu partout désormais. Je ne vais donc pas m'encombrer dans l'avion avec un chapeau cassé. Je décide donc de l'abandonner au milieu du Bottle Tree Ranch, planté sur une pelle. Il rejoint ainsi des milliers de reliques de la Route 66. Je viens de lui offrir la plus belle des fins ;-) Longue vie à toi chapeau!
Si vous êtes amené un jour à visiter ce ranch, pensez à me donner des nouvelles de mon chapeau ;-)
La boucle est bouclée. Nous avons commencé notre périple avec la Route 66, nous le clôturons avec elle. Ca c'est du Happy End!
Nous effectuons les derniers kilomètres sans encombre et arrivons à l'aéroport à 13h. Nous sommes bien en avance alors on va s'offrir un dernier Taco Bell avant de partir. Petit clin d'oeil à notre passage au Nouveau-Mexique.
A 14h, nous rendons la voiture chez Hertz. Après relevé des compteurs, le verdict tombe : nous avons parcouru 5400km en 2 semaines. Un record! On aura fait autant de photos que de kilomètres ;-)
Le parcours en résumé :
















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